Suites de Fibonacci
("99%" des résultats énoncés ici sont démontrés ... ici.)

1) Aspect historique
Spirale de Fibonacci
2) Définition générale ; cas particuliers des suites (F) et (L) 3) Opérations sur les suites de Fibonacci 4) Formule de Binet
5) Applications immédiates de Binet :
lim un+1/un ; formules explicites pour Fn et Ln ;
cas n<0 ; trigonométrie hyperbolique
6) Fonction génératrice 7) Relations linéaires entre les suites (F) et (L) 8) Des relations non linéaires entre les suites (F) et (L) et et des relations non linéaires intra (F) et intra (L)
9) Une fomule donnant Fn+1 en fonction de Fn et du nombre d'or 10) Pgcd, algorithme d'Euclide et Fibonacci 11) Sur l'écriture d'un entier naturel sous forme d'une somme de termes de la suite (F)
Z_somme
12) Equations diophantiennes et Fibonacci
13) Sur la suite de Fibonacci (F) modulo m 14) Sur la suite de Fibonacci (F) et Tchebycheff :
étonnament, Fn peut s'écrire sous forme d'un produit
de termes de la forme 3+2cos(2kp/n)
15) Sur Fkn et Lkn
en fonction de Fn et Ln
16) Sur une généralisation de
F2n=Fn+12-Fn-12
17) Le seul terme de la suite (F)
qui est un carré
(en dehors de 0 et 1),
est F12=144
Annexe : le jeu de Nim-Fibonacci

P1->Aspect historique : au début du 13ième siècle, Leonardo Fibonacci se pose la question suivante : combien de couples de lapins obtiendrions-nous à la fin d'une année si, commençant en début de mois avec un couple, chacun des couples, après deux mois d'existence, produisait chaque début de mois un nouveau couple?

Si on note un le nombre de couples de lapins au début du mois n (n³1), l'énoncé dit que u1=1, u2=1, puis u3=2 (puisque le 1er couple, couple 1, va en produire un autre, le couple 2, au début du 3ième mois) ; puis u4=2+1=3 (le couple 1 produit un autre couple, le couple 3, mais le couple 2 ne produit encore rien) ; puis u5=les couples existant (déjà) au début du mois 4 + le nombre de couples producteurs au début de ce mois 5 ; or les couples producteurs sont ceux ayant au moins deux mois d'existence, cad u3, et ainsi u5=u4+u3=3+2=5.
En fait, on peut généraliser ce raisonnement :
pour n³3, un=les couples existant (déjà) au début du mois n-1 + le nombre de couples producteurs au début de ce mois n ; or les couples producteurs sont ceux ayant au moins deux mois d'existence, cad un-2, et ainsi un=un-1+un-2, cad un est la somme des effectifs des deux mois précédents.
En appliquant cette formule dix fois, on obtient successivement u3=2, u4=3, u5=5, u6=8, u7=13, u8=21, u9=34, u10=55, u11=89, u12=144.

A l'examen des premiers termes de cette suite il semble, notamment, que deux termes consécutifs soient premiers entre eux, et que un divise u2n : cela sera prouvé plus loin (exercice 1 et P8).

Cette suite n'est pas arithmétique (un+1-un n'est pas constant), ni géométrique (un+1/un n'est pas constant).
Cependant le rapport un+1/un semble se "stabiliser" vers un nombre approximativement égal à 1,618 :
u2/u1=1 ; u3/u2=2 ; u4/u3=1,5 ; u5/u4=5/3=1,666... ; u6/u5=8/5=1,6 ; u7/u6=13/8=1,625 ; u8/u7=21/13=1,615... ; u9/u8=34/21=1,619... ; u10/u9=55/34=1,617... u11/u10=89/55=1,618... ; u12/u11=144/89=1,617....
On montrerera effectivement (P5) que la limite en +¥ de un+1/un est le nombre d'or (la définition précise de ce nombre sera donnée à P4), dont le développement décimal commence par 1,6180339... ; c'est-à-dire, pour n grand, la suite de Fibonacci est "presque" géométrique : on passe d'un terme au suivant en le multipliant par un nombre "presque" égal au nombre d'or. On verra à P9 comment on passe exactement de un à un+1.

Cette suite peut se représenter géométriquement par ce qu'on appelle la spirale de Fibonacci :


A part les deux premiers carrés de côtés u1=1 et u2=1 qui sont superposés, chaque carré a pour côté la somme des côtés des deux carrés précédents.
Dans chaque carré est traçé un quart de cercle de rayon le côté du carré et de centre un sommet du carré, cela de telle sorte que ces quarts de cercles se raccordent ("tout le monde" ne met pas un quart de cercle dans le premier carré de côté 1).
La juxtaposition de ces quarts de cercles est la spirale de Fibonacci. Compte-tenu que la longueur du quart de cercle inscrit dans le nième carré est pun/2, la longueur de la spirale de Fibonacci, arrêtée au nième carré (compris) est p(un+2-1)/2 (voir question 3 de l'exercice 1 situé après P4).
En faisant une recherche sur Fibonacci et spirale on trouvera beaucoup de liens sur cet aspect. Attention : cette spirale n'est pas la
spirale d'or, cela malgré le fait qu'il y a un lien étroit entre les suites de Fibonacci et le nombre d'or (voir la formule de Binet à P4).

P2->Définition générale d'une suite de Fibonacci :
c'est une suite (u)=(u)nÎN définie par un=un-1+un-2, pour tout n³2, u0 et u1 étant donnés ; si u0 et u1 sont des entiers relatifs (naturels), il est évident que tous les termes de la suite sont aussi des entiers relatifs (naturels).
.

Note : contrairement à l'aspect historique, on fait démarrer ces suites à u0 :
en prenant u0=0, u1=1, on obtient u2=1 et on retrouve le cas de l'aspect historique : cette suite sera toujours notée F;
si on prend u0=u1=1, on retrouve aussi le cas de l'aspect historique, mais avec un décalage, car dans ce cas, pour tout entier naturel n, un=Fn+1.

Une autre suite de Fibonacci particulière est la suite de Fibonacci telle que u0=2 et u1=1 : elle est notée (L), et c'est la suite dite de Lucas.

On verra à P7 et P8 de nombreuses relations entre ces deux suites : notamment Fn+Ln=2Fn+1 (formule 1) de P7) et FnLn=F2n ( formule 8) de P8).

n-6-5-4-3-2-101234567891011121314
Fn-85-32-1101123581321345589144233377
Ln18-117-43-1213471118294776123199322521843

Le lecteur "branché nombres premiers" aura tout de suite observé que F3, F5, F7, F11, F13 sont des nombres premiers! Et aussi F17=1597. Par contre F19=4181 n'est pas premier (37×113). Voir P10.

Remarque : rien n'empêche de considérer qu'une suite de Fibonacci soit définie sur Z, cad de considérer que la relation un=un-1+un-2 est vraie pour tout n dans Z, u0 et u1 étant toujours donnés!!

u1=u0+u-1, soit u-1=u1-u0,
u0=u-1+u-2, soit u-2=u0-u-1,
cad, pour obtenir un terme d'indice négatif, en ne connaissant que ceux d'indice supérieur, on fait la différence des deux termes suivants : le 2ième suivant-le 1er suivant.
Sauf mention contraire, notamment au 1) et 5) de P3, à P5.3 (où on donnera une relation entre un et u-n) et au 14) de P8 et à P17, on se limitera toujours à des indices positifs ou nuls.

P3->
1) Si (u) et (v) sont deux suites de Fibonacci telles que u0=v0 et u1=v1, alors pour tout n dans N (et même dans Z) on a un=vn, c'est-à-dire, il s'agit de deux suites égales (ou identiques).

Une récurrence évidente le prouve. 2) Une suite de Fibonacci "décalée" reste une suite de Fibonacci : cad, si (u) est une suite de Fibonacci, k un entier naturel quelconque, la suite (v) définie par vn=un+k pour tout entier naturel n, est de Fibonacci. 3) La somme de deux suites de Fibonacci est une suite de Fibonacci.

4) Une suite de Fibonacci multipliée par une constante est une suite de Fibonacci.

Ces trois derniers résultats sont immédiats à prouver.

5) Si (u) est une suite de Fibonacci considérée comme définie sur Z (voir Remarque de P2), alors la suite (v) définie sur Z par vn=(-1)nu-n est aussi une suite de Fibonacci.

En effet, vn-1+vn-2=(-1)n-2(-u-n+1+u-n+2)=(-1)nu-n=vn. Remarque : les résultats 3) et 4) se traduisent par le fait que l'ensemble des suites de Fibonacci est un espace vectoriel sur R (la dimension de cet espace vectoriel sera précisée à l'exercice 1).

6) (F) étant la suite de Fibonacci telle que F0=0 et F1=1, (u) étant une suite de Fibonacci quelconque, on a la relation suivante :
pour tout entier naturel , un+1=u0Fn+u1Fn+1, et donc connaissant les termes de la suite (F), on peut donc obtenir tout de suite ceux de la suite (u).
On a aussi : pour tout nÎN*, un+1=u1Fn-1+u2Fn
Et de façon plus générale : pour tout nÎN, tout pÎN*, un+p=Fp-1un+Fpun+1
.
Pour la 1ière relation, une récurrence évidente le prouve :

  • la relation est bien vraie pour n=0 et n=1
  • supposons la relation vraie jusqu'au rang n(³1) :
    u0Fn+1+u1Fn+2=u0(Fn+Fn-1)+u1(Fn+1+Fn)=(u0Fn+u1Fn+1)+(u0Fn-1+u1Fn)= un+1+un=un+2, et la relation est vraie au rang n+1.

On peut aussi procéder ainsi :
pour tout entier naturel n, on pose vn=un+1 et wn=u0Fn+u1Fn+1. Cf le 2) ci-dessus ces deux suites sont de Fibonacci ; or v0=u1=w0 et v1=u2, w1=u0F1+u1F2 =u0+u1=u2, soit v1=w1 et d'après le 1) ci-dessus, ces deux suites (v) et (w) sont égales, ce qui prouve le résultat.

Pour la 2ième relation, u1Fn-1+u2Fn=u1Fn-1+(u0+u1)Fn=u0Fn+u1Fn+1=un+1.

Pour la 3ième relation soit on fait une récurrence sur p (n est fixé), soit on remarque (à n fixé) que membre de gauche et membre de droite sont des suites de Fibonacci qui sont égales pour p=1 et p=2.

Remarque : pour prouver des relations sur des suites de Fibonacci, on vient de voir deux méthodes : récurrence ou utilisation du 1) ci-dessus de P3.
La formule de Binet ci-après peut donner, si besoin, une 3ième méthode
.

P4->Soit (u) une suite de Fibonacci. En notant a le nombre d'or (a est la racine positive de x2-x-1=0 cad a=(1+Ö5)/2=2cos(p/5) et l'autre racine de cette équation est b=(1-Ö5)/2), pour tout entier naturel n on a :

un=aan+bbn, avec a=(-bu0+u1)/Ö5 et b=(au0-u1)/Ö5 : il s'agit de la formule de Binet On peut noter que : ab=-1, a+b=1, a-b=Ö5
a et b ne sont pas des nombres rationnels car Ö5 n'est pas un nombre rationnel
a=0 Û u1=-bu0 ; b=0 Û u1=au0 ; a=b=0 Û u0=u1=0
a=b Û 2u1=u0 (auquel cas a=b=u1) : c'est le cas de la suite (L) ; a=-b Û u0=0 (auquel cas a=-b=u1/Ö5) : c'est le cas de la suite (F)
Réciproquement, toute suite (u) définie par un=aan+bbn (a et b sont deux constantes réelles quelconques), pour tout entier naturel n est effectivement une suite de Fibonacci.

Voici une preuve de P4. On note vn=aan+bbn.
  • v0=a+b= (1/Ö5)(a-b)u0=u0.
  • v1=aa+bb=(1/Ö5)(a-b)u1=u1.
  • vn-1+vn-2=a(an-2(a+1))+ b(bn-2(b+1))= aan+bbn=vn
  • la suite (v) est donc, tout comme la suite (u), une suite de Fibonacci ; ces deux suites ayant respectivement les mêmes deux premiers termes, d'après le 1) de P3, elles sont égales, soit pour tout n dans N, un=vn.
On notera, que le fait d'avoir prouvé que la suite (v) est de Fibonacci, prouve la réciproque énoncée ci-dessus.

Remarque 0 : la formule de Binet est valable en fait pour n dans Z : la preuve ci-dessus le montre.

Remarque 1 : on peut objecter que pour pouvoir faire la preuve ci-dessus il faut conjecturer que un puisse s'écrire aan+bbn, avec a et b les deux constantes indiquées ci-dessus.
En fait c'est la théorie générale sur les suites récurrentes qui le dit! Cette théorie dit en effet qu'il existe deux constantes a et b telles que pour tout entier naturel n, un=aan+bbn, où a et b sont les racines de l'équation caractéristique x2-x-1=0.
Il n'y a plus qu'à chercher ces deux constantes a et b par résolution du systéme a+b=u0 et aa+bb=u1.

Remarque 2 : il existe aussi (au moins) une 3ième preuve en écrivant matriciellement la relation de récurrence un=un-1+un-2 et en diagonalisant la matrice obtenue.
En effet, t étant l'opérateur transposé, la matrice colonne Xn=t( un un+1 ) vérifie la relation Xn=AXn-1, pour tout entier naturel n³1, avec A la matrice à 2 lignes et 2 colonnes suivantes :

A=æ01ö
è11ø
.
On a donc, pour tout entier naturel n, Xn=AnX0, et donc pour obtenir Xn, donc pour obtenir un, il faut expliciter An en fonction de n, et pour cela il suffit de diagonaliser la matrice A. Cela est possible car A est symétrique.
Son polynôme caractéristique est
|-X1|=X2-X-1
|11-X|
.
Les deux valeurs propres de A sont donc a et b, de vecteurs propres associés t( 1 a ) et t( 1 b ) et ainsi A=PDP-1 avec P matrice 2×2 dont les deux colonnes sont les deux vecteurs propres précédents et D la matrice diagonale
D=æa0ö
è0bø
.
On a donc An=PDnP-1, et comme
P-1=1/(b-a)æb-1ö
è-a1ø

et que Dn reste diagonale, de termes diagonaux an et bn, on obtient finalement
An=1/(b-a)æbn-1-an-1bn-anö
èbn-anbn+1-an+1ø

Et comme ( un un+1 )=( u0 u1 )An (on a transposé l'égalité Xn=AnX0), c'est que un=1/(b-a)(u0(bn-1-an-1)+u1(bn-an)), ce qui donne, puisque a-b=Ö5 et ab=-1
un=(1/(Ö5))((-u0b+u1)an+(u0a-u1)bn).

Remarque : dans le cas de la suite (F), un=Fn=(an-bn)/Ö5 (cet aspect sera développé à P5.2) et donc

An=æFn-1Fnö
èFnFn+1ø

Exercice 1 :

1) Il a été vu au 2) de P3, que l'ensemble des suites de Fibonacci est un espace vectoriel sur R. Trouver la dimension de cet espace vectoriel.

2) (u) étant une suite de Fibonacci quelconque, montrer que "n³0 on a pgcd(un,un+1)=pgcd(u0,u1).
Donc, si u0 et u1 sont premiers entre eux, deux termes quelconques, consécutifs, de la suite (u) sont premiers entre eux.
C'est le cas des suites F et L (F0=0, F1=1 ; L0=2, L1=1)
.
Remarque : ce résultat sera généralisé à P10.

3) (u) étant une suite de Fibonacci quelconque, montrer que pour nÎN on a u0+u1+u2+...+un=un+2-u1.
Trouver des résultats analogues pour les sommes u0+u2+u4+...+u2n et u1+u3+u5+...+u2n+1.

4) (u) étant une suite de Fibonacci quelconque, montrer que pour tout entier naturel k, pour tout entier naturel n³k, un+k=S0£j£k Ckjun-j
Note : on convient que C00=1 (pour le cas k=0).

  • k=1 donne un+1=un+un-1
  • k=2 donne un+2=un+2un-1+un-2
  • k=3 donne un+3=un+3un-1+3un-2+un-3

Autre cas particulier, pour tout entier naturel n, u2n=S0£j£n Cnjuj. .
Vérifier pour u8, cette dernière formule dans le cas u0=0, u1=1, cad si (u)=(F).

5) (F) étant la suite de Fibonacci telle que F0=0 et F1=1, montrer que pour n³2, Fn est le nombre de parties non vides de En={1 ; 2 ; ... ; n-1}, deux éléments quelconques de chacune de ces parties n'étant pas consécutifs.

6) (F) étant la suite de Fibonacci telle que F0=0 et F1=1, montrer que

a) u étant une suite de Fibonacci avec u0³0 et u1³0, la suite (u) est croissante à partir du rang 1 et pour tout n³2, un+1£2un ; préciser à quelles conditions cette inégalité sera vraie pour n=0 et n=1.
pour tout entier naturel n, sauf 0 et 2, Fn+1<2Fn
pour tout entier naturel n³1, Fn+1£2Fn

b)

n étant un entier ³5, montrer que Fn=(Fi+Fk)/2 avec i<k Û i=n-2 et k=n+1.
Remarque 1 : F2=(F0+F3)/2=(F1+F2)/2
F3=(F1+F4)/2=(F2+F4)/2
F4=(F1+F5)/2=(F2+F5)/2
Remarque 2 :
Voir l'exercice 13 sur l'écriture de kFn, k étant une constante entière, sous forme d'une somme de termes distincts de la suite (F).

c)

1) Fn pair Û 3 divise n
2) 3 divise Fn Û 4 divise n
3) trouver des critères de divisibilité de Fn par 5, par 8.
4) Ln pair Û 3 divise n
5) 3 divise Ln Û 4 divise n-2
6) Ln ≡ 3 (4) Û n ≡ 2 ou 4 ou 5 (6)
7) Ln+12≡ Ln (8)

Remarque : on verra au chapitre 13 que pour tout entier m³2, il existe un entier naturel k tel que pour tout entier naturel q, m divise Fqk ; donc, de façon moins précise, on peut dire que pour tout entier m³2, il existe une infinité de termes de la suite (F) qui sont divisibles par m ; en particulier une infinité de termes de la suite (F) se terminent (lorsqu'ils sont écrits en base 10) par quatre zéros.

d) pour tout entier naturel n³3, Fn>an-2 (si n=2, on a l'égalité : F2=1=a0) ; en déduire que limn->+¥Fn=+¥

e) pour tout entier naturel n³1, an=aFn+Fn-1 ; cette relation est-elle encore vraie si on remplace a par b?

pour tout entier naturel n, Fn=(1/Ö5)(an-bn) (on retrouvera cette formule à P5.2)

et aussi, pour tout entier naturel n, an=Fn+1-bFn.

f) pour tout entier naturel n³1, Fn=S0£k£(n-1)/2Cn-1-kk
(Aide : on peut utiliser P3 et la formule combinatoire permettant d'obtenir le triangle de Pascal).

Appliquer cette formule pour n=1 à 8 et vérifier alors que la somme des termes des "diagonales, à 45°, du triangle de Pascal, partant des 1 constituant la colonne de gauche de ce triangle", sont les termes de la suite (F).

g) pour tout entier naturel n³1, S0£i£n(-1)iFi=(-1)nFn-1-1

h) pour tout entier naturel n³1, S1£i£n2n-iFi-1=2n-Fn+2

7) Le lecteur ne verra qu'à la fin de l'énoncé de cette question pourquoi elle est là!
On considère les 11 nombres suivants : e1=23/(5×19)=23/95 ; e2=3×19/23=57/23 ; e3=17/(3×13)=17/39 ; e4=2×5×13/17=130/17 ; e5=11/(2×7)=11/14 ; e6=5×7/11=35/11 ; e7=19/13 ; e8=1/19 ; e9=5×7/2=35/2 ; e10=13/7 ; e11=7 et, a et b étant deux entiers naturels on transforme alors 2a3b par le procédé P suivant :
  • on multiplie u0=2a3b par ei, avec i le plus entier de {1;2;...;11} tel que u1=u0ei soit entier
  • on multiplie u1 par ej, avec j le plus entier de {1;2;...;11} tel que u2=u1ej soit entier
  • on multiplie u2 par ek, avec k le plus entier de {1;2;...;11} tel que u3=u2ek soit entier
  • etc
a) Si a=b=0, déterminer la suite (u) ainsi obtenue.
b) On suppose maintenant b³1.
Montrer que le 1er terme de la suite (u) dont la décomposition en nombres premiers ne contient que les nombres 2 et 3 est 2b3a+b ; on pourra commencer par transformer, pas à pas, 2×32 (fait sur le site wiki), et si cela ne suffit pas on transformera pas à pas 2233 : là, on doit voir ce qui se passe.
Remarque : si on applique P à (pour des raisons hml, je note ici Fn par F_n) 2F_03F_1, le premier terme de la suite (u) dont la décomposition en nombres premiers ne contient que 2 et 3 sera 2F_13F_0+F_1=2F_13F_2, puis le premier terme suivant de la suite (u) dont la décomposition en nombres premiers ne contient que 2 et 3 sera 2F_23F_3 ; etc.
Bien entendu on aurait pu prendre, au lieu de la suite (F), n'importe quelle suite de Fibonacci commencant par deux entiers naturels.
Je laisse le lecteur faire le commentaire qu'il souhaite sur ce procédé P et sur ces suites de Fibonacci.

8) Soit A une matrice 3×3 magique ( les trois sommes des termes de chaque ligne et les trois sommes des termes de chaque colonne sont toutes égales à un même nombre s ) et dont tous les termes ai,j sont des entiers naturels.
(u) étant une suite de Fibonacci quelconque, on définit alors une matrice B de la façon suivante : son terme bi,j est le terme de la suite (u) de rang ai,j.
Par exemple, si

A=æ816ö
|357|
è492ø
alors
B=æu8u1u6ö
|u3u5u7|
èu4u9u2ø

1) En se placant dans le cas général, comparer les deux sommes suivantes

  • S1=b1,1b1,2b1,3+b2,1b2,2b2,3+b3,1b3,2b3,3 (somme des produits des trois termes de chaque ligne de B)
  • S2=b1,1b2,1b3,1+b1,2b2,2b3,2+b1,3b2,3b3,3 (somme des produits des trois termes de chaque colonne de B)

2) Dans le cas de la matrice A donnée en exemple ci-dessus, exprimer S1 et S2 en fonction de u0 et u1.

vers la solution...chercher avant de cliquer

P5->Quelques applications immédiates de la formule de Binet (cf P4) donnant un en fonction de n et du nombre d'or :

P5.1->

1) une suite de Fibonacci (aan+bbn) est convergente si et seulement si a=0 :
si a=0 sa limite est 0, si a>0 sa limite est +¥, si a<0 sa limite est -¥
2) en excluant le cas a=b=0, si a=0 ou b=0, la suite de Fibonacci est évidemment géométrique (de raison a si b=0, de raison b si a=0)
3) si a¹0, limn->+¥un+1/un=a=le nombre d'or, et un équivalent de un+1/un-a est -(b/a)Ö5(b/a)n.
On a aussi : "kÎN, limn->+¥un+k/un=ak

Remarque 1 : dans le cas a¹0, la limite de la suite (u) étant +¥ ou -¥, à partir d'un certain rang, un¹0.

Remarque 2 : un+1/un converge vers a, mais en oscillant autour de ce nombre d'or ; du moins, à partir d'un certain rang assurant que le rapport (un+1/un-a)/ (-(b/a)Ö5(b/a)n) , qui tend vers 1, soit positif.
Pour la suite (F) il y a oscillation autour du nombre d'or à partir du rang 1, pour la suite (L), il y a oscillation à partir du rang 0.
Illustration numérique dans le cas de la suite (F) où a=-b ( cf P4) : l'équivalent de un+1/un-a est alors Ö5(b/a)n et
pour n=7 on obtient (21/13-a)/(Ö5(b/a)7)=0,9988151...., ce qui donne 21/13-a<0, soit F8/F7=21/13<a, et
pour n=8 on obtient (34/21-a)/(Ö5(b/a)8)=1,000453..., soit cette fois F9/F8=34/21>a.
En fait,on verra à la solution de Q2) de l'exercice 7 le lien entre Fn+1/Fn et le développement en fractions continues du nombre d'or.

Remarque 3 : si u0 et u1 sont des entiers relatifs non nuls tous les deux, a ne peut être nul (a=0 donne u1=-bu0, et comme b n'est pas rationnel cela conduit à u0=u1=0, donc contradiction)

P5.2->

Si u0=0, u1=1, alors, cf P4, a=(1/Ö5), b=-(1/Ö5) et donc
pour tout entier naturel n on a Fn=(1/Ö5)(an-bn) ; c'est bien un entier naturel cf P2.
(Rappel : voir question 6e de l'exercice 1 pour une preuve sans utilisation de la formule de Binet générale)
Et aussi, pour tout entier naturel n non nul, Fn=(1/2n-1)S0£p£(n-1)/25pCn2p+1
; si n=0, le sigma n'est pas défini puisque dans ce cas n-1/2=0 n'est pas ³0.
Ce qui donne, par exemple, F12=(1/211)(C121+5C123+ 52C125+53C127+54C129+55C1211). D'où F12=1/(2048)(12+5×220+25×792+125×792+625×220+3125×12)=294912/2048=144 ; évidemment cette façon de procéder est moins rapide que l'application 10 fois de suite de la relation Fn=Fn-1+Fn-2 (voir P1).

Si u0=2, u1=1, alors cf P4, a=(-bu0+u1)/Ö5=(-2b+1)/Ö5=1 et b=(au0-u1)/Ö5=(2a-1)/Ö5=1,
et donc, pour tout entier naturel n on a Ln=an+bn ; c'est bien un entier naturel cf P2.
Et aussi, pour tout entier naturel n, Ln= (1/2n-1)S0£p£n/25pCn2p
; cette fois, la formule est bien vraie pour n=0.

Une conséquence de ces formules sommatoires est

  • si n est premier impair, Fn º 5(n-1)/2 (n)
  • si n est premier, Ln º 1 (n)

Enfin, une conséquence immédiate des formules de Binet pour les suites (F) et (L) est la jolie formule suivante, formule que l'on pourrait qualifer de formule de Lucas-Fibonacci-Moivre

pour tous les entiers naturels n et p : ((Ln+Ö5Fn)/2)k=(Lkn+Ö5Fkn)/2 et ((Ln-Ö5Fn)/2)k=(Lkn-Ö5Fkn)/2 Une application, est l'obtention de Fkn et Lkn sous forme de polynômes en Fn et Ln.
Par exemple
  • F3n=(3Fn(Ln)2+5(Fn)3)/4
  • L3n=(15Ln(Fn)2+(Ln)3)/4
On verra à la fin du 15) de P.8, une autre façon d'obtenir ces relations.

P5.3->

Si (u) est une suite de Fibonacci définie sur Z (voir P2), pour tout n dans Z on a u-n=(-1)n+1(un-u0Ln).
Note : Ln désigne bien le terme de rang n de la suite de Lucas (L).

En particulier, si u0=0 (cas de la suite (F)) on a, pour tout n dans Z, u-n=(-1)n+1un et si 2u1=u0 (cas de la suite (L)) on a, pour tout n dans Z, u-n=(-1)nun.

P5.4->

Un peu de trigonométrie hyperbolique!
Les fonctions, de R dans R, sinus hyperbolique, cosinus hyperbolique, tangente hyperbolique sont définies, à l'aide de la fonction exponentielle, ainsi :
sinh(x)=(ex-e-x)/2, cosh(x)=(ex+e-x)/2, tanh(x)=sinh(x)/cosh(x)
.

Et voici le lien avec les suites de Fibonacci.
En posant l=ln(a) Û a=el, on a cosh(l)=Ö5/2, et

  • F2n=(2/Ö5)sinh(2nl)
  • F2n+1=(2/Ö5)cosh((2n+1)l)
  • L2n=2cosh(2nl)
  • L2n+1=2sinh((2n+1)l)
  • F2n/L2n=tanh(2nl)/Ö5
  • L2n+1/F2n+1=Ö5tanh((2n+1)l)

Remarque : on verra un prolongement de cet aspect au 15) de P8.

Exercice 2 : prouver P5

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P6->

P6.1->La fonction génératrice d'une suite (u) de Fibonacci (avec a¹0 et b¹0 ; voir P4) est G(x)=(u0+(u1-u0)x))/(1-x-x2), c'est-à-dire :
pour |x|<|b|=1/a, G(x)=Sn=0+¥unxn.
En particulier

Remarque :
si b=0, cad si un=aan avec a¹0, la fonction génératrice est u0/(1-ax) pour |x|<1/a.
si a=0, cad si un=bbn avec b¹0, la fonction génératrice est u0/(1-bx) pour |x|<a.

P6.2->Fonction génératrice partielle d'une suite (u) de Fibonacci :
pour tout complexe x distinct de -a et -b, pour tout entier naturel on a :

Sk=0nukxk= (u0+(u1-u0)x-un+1xn+1-unxn+2)/(1-x-x2)

Remarque : si x=-a ou -b, le numérateur et le dénominateur de la fraction du membre de droite sont nuls.

Exercice 3 :
1) Prouver P6.1.
2) Prouver P6.2 et retrouver P6.1
3) Montrer que

  • la fonction génératrice de la suite (F2n)(nÎN), est H(x)=x/(1-3x+x2)
  • la fonction génératrice de la suite (F2n+1)(nÎN), est K(x)=(1-x)/(1-3x+x2)
  • la fonction génératrice de la suite ((Fn)2)(nÎN), est L(x)=(x-x2)/((1+x)(1-3x+x2))

4) n étant un entier naturel, q un réel quelconque, exprimer (sans formule sommatoire) en fonction de Ln, Ln+1 et q les deux expressions suivantes
  • Sk=0nLkcos(kq)
  • Sk=0nLksin(kq)
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Exercice 4
1) Montrer que Sn=1+¥Fn/2n=2

2) Montrer que Sn=1+¥nFn/2n=10

3) Montrer que Sn=0+¥Ln/2n=6

4) Observer le début du développement décimal de 1/89 et donner une explication.
De façon plus précise, montrer que l'ajout de Sk=6+¥Fk/10k+1 à d=Sk=05Fk/10k+1=0,011235 donne un nombre dont les six premières décimales sont encore celles de d.

5) Observer le début du développement décimal de 1/9899 et donner une explication.
De façon plus précise, montrer que l'ajout de Sk=11+¥Fk/102k+2 à d=Sk=010Fk/102k+2donne un nombre dont les vingt-deux premières décimales sont encore celles de d.

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P7-> Quelques relations linéaires entre les suites de Fibonacci (F) et (L).
1) pour tout entier naturel n, Fn+Ln=2Fn+1

2) pour tout entier naturel n³1, Fn-1+Fn+1=Ln, qui s'écrit aussi 2Fn-1+Fn=Ln

3) pour tout entier naturel n³1, Ln-1+Ln+1=5Fn

4) pour tout entier naturel n, Fn+Fn+1+Fn+2+Fn+3=Ln+3

5) pour tout entier naturel n, S0£i£n2iLi=2n+1Fn+1.

Remarque : on verra à l'exercice 12 ci-dessous les formules donnant kFn sous forme d'une somme (Z_somme) de termes distincts et non consécutifs de la suite (F), F0 et F1 étant exclus.
Par exemple 6Fn=Fn-4+Fn+1+Fn+3, pour n³6. En fait cette formule est aussi valable pour n=4 et n=5, mais ce n'est plus alors, formellement, une Z_somme.

Exercice 5 : prouver P7,...sans utiliser Binet.

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P8-> Encore des relations, mais cette fois non linéaires (et pour ceux qui souhaiteraient en découvrir des tas d'autres voir ce lien où on y trouvera pas moins de 200 formules, mais sauf erreur de ma part, on ne trouvera pas, notamment, la 9 ci-dessous) : 1) (u) étant une suite de Fibonacci quelconque, pour tout entier naturel n³1, on a la relation (un)2-un-1un+1=(-1)n((u0)2-(u1)2+u0u1).
Remarque : ((u0)2-(u1)2+u0u1)=(au0-u1)(-bu0+u1)=5ab où a et b sont ceux définis à P4.

(F) étant la suite de Fibonacci telle que F0=0, F1=1, et (L) celle telle que L0=2, L1=1, on a

2) pour tout entier naturel n³1, (Fn)2-Fn-1Fn+1=(-1)n-1 : Cassini Jean Dominique ; on retrouve alors que Fn et Fn-1 sont premiers entre eux : voir exercice 1.

cette formule (qui a été retrouvée par Simson Robert, voir 6 ci-dessous) est généralisée par la formule de Catalan Eugène Charles :
pour tout entier naturel n, pour tout entier naturel p, avec n³p, on a : (Fn)2-Fn-pFn+p=(-1)n-p(Fp)2.
Le cas p=0 donne 0=0, mais le cas p=1 redonne la formule ci-dessus.

3) pour tout entier naturel n, (Fn)2+(Fn+1)2=F2n+1
    Remarque : il n'existe pas de fonction h de N dans N telle que pour tout entier naturel on ait (Fn)2+(Fn+1)2+(Fn+2)2=Fh(n), cad on ne peut pas linéariser (Fn)2+(Fn+1)2+(Fn+2)2.

    pour tout entier naturel n³1, (Fn)2+(Fn+1)2=Fn-1Fn+1+FnFn+2

4) pour tout entier naturel n³1, (Fn+1)2-(Fn)2=Fn+2Fn-1

   pour tout entier naturel n, (Fn+1)2-(Fn)2=(L2n+1+4(-1)n))/5 ; donc L2n+1º(-1)n (5) ; par exemple L7=29 et 29-(-1) est bien divisible par 5.

5) pour tout entier naturel n³2, Fn-2Fn+2=Fn-1Fn+1+2(-1)n-1

6) pour tout entier naturel n³2, (Fn)4=1+Fn-2Fn-1Fn+1Fn+2 : Simson (Robert : c'est celui de la droite de Simson, pas confondre avec Simpson Thomas associé à une formule approchée d'intégrale)

7) pour tout entier naturel n, 5(Fn)2+4(-1)n=(Ln)2=L2n+2(-1)n et 5(Fn)2+(Ln)2=2L2n ;
donc 5(Fn)2+4(-1)n est un carré parfait et aussi (Ln)2º(-1)n+1 (5)

Remarque : pour n impair on a donc (Ln)2º1 (5), ce qui est cohérent avec la relation de congruence du 4) ci-dessus.

8) pour tout entier naturel n, F2n=Fn(5(Fn)2+4(-1)n)1/2=FnLn ; donc pour tout entier naturel n³1, Fn divise F2n. Cet aspect sera généralisé à P10.

Remarque : pour n³1, comme Ln=Fn+1+Fn-1 (cf P7), on en déduit F2n=Fn(Fn-1+Fn+1)=Fn(Fn+2Fn-1) et aussi (Lucas) F2n=(Fn+1-Fn-1)(Fn+1+Fn-1)=(Fn+1)2-(Fn-1)2.

9) pour tout entier naturel, F8n=F4n(5(F2n)2+2)

10) pour tous les entiers naturels n et p (p non nul pour la 1ère égalité, n et p non nuls pour la 2ième), Fn+p=Fn+1Fp+FnFp-1=Fn+1Fp+1-Fn-1Fp-1

Remarque : la 1ière égalité est en fait un cas particulier de la relation un+p=Fp-1un+Fpun+1 vue au 6) de P3, (u) étant une suite de Fibonacci quelconque.

11) pour tous les entiers naturels n, p, a , b (de telles sortes que tous les indices soient positifs ou nuls), FnFp-Fn+aFp-a=(-1)b(Fn-bFp-b-Fn-b+aFp-b-a)

12) pour tous les entiers nturels n et p (avec n³p) on a (Ocagne Philibert Maurice) FnFp+1-FpFn+1=(-1)pFn-p

13) pour tout entier naturel n³1, S1£k £nF2k-2F2k-1+F2k-1F2k=(F2n)2

14) pour tout entier naturel n³1, S1£k £n(Fk)2=FnFn+1

15) On a déjà vu à P5.4 un lien entre les suites (F) et (L) et la trigonométrie hyperbolique. On peut aller plus loin :
les relations 5(Fn)2-(Ln)2=4(-1)n+1, 5(Fn)2+(Ln)2=2L2n (voir 7) ci-dessus) et F2n=FnLn (voir 8) ci-dessus) rappellent (ou peuvent rappeler..) les relations cosh2(x)-sinh2(x)=1, cosh2(x)+sinh2(x)=cosh(2x), sinh(2x)=2sinh(x)cosh(x), valables pour tout réel x. On peut alors y voir une certaine analogie entre Fn et sh(x), et entre Ln et ch(x).
Il devrait donc être possible de calculer Fm+n, Lm+n en fonction de FmFn, LmLn, FmLn, LmFn. Effectivement :
pour tout m et tout n dans Z on a

Fm+n=(FmLn+LmFn)/2 ; m=n donne F2n=FnLn qui est la 8) ci-dessus
Lm+n=(5FmFn+LmLn)/2 ;
m=n donne L2n=(5(Fn)2+(Ln)2)/2 qui est une des relations du 7) ci-dessus
Fm-n=(-1)n(FmLn-LmFn)/2 ;
m=n donne ... 0=0
Lm-n=(-1)n(LmLn-5FmFn)/2 ;
m=n donne 4=(-1)n((Ln)2-5(Fn)2) qui est une des relations du 7) ci-dessus
FmFn=(Lm+n-(-1)nLm-n)/5
; n=1 donne Fm=(Lm+1+Lm-1)/5 qui est la 3) de P7 et m=n donne (Fn)2=(L2n-2(-1)n)/5 qui est une des relations du 7) ci-dessus
LmLn=Lm+n+(-1)nLm-n ; m=n donne (Ln)2=L2n+2(-1)n, qui est une des relations du 7) ci-dessus, et on peut vérifier, en utilisant P5.3, que si on échange m et n, le membre de droite est invariant (idem, pour ce dernier aspect, pour la relation ci-dessous).
Si on fait m=2n, on obtient L3n=(L2n+(-1)n-1)Ln, relation qui apparaît pour la 1ière fois dans cette page ; compte-tenu du 7) ci-dessus elle s'écrit L3n=((Ln)2+3(-1)n+1)Ln, ou (Ln)3=L3n+3(-1)nLn
FmLn=Fm+n+(-1)nFm-n
; m=n donne FnLn=F2n qui est la 8) ci-dessus
Si on fait m=2n, on obtient F2nLn=F3n+(1)nFn, mais F2nLn=Fn(Ln)2, soit cf le 7), F2nLn=Fn(4(-1)n+5(Fn)2) et finalement F3n=(5(Fn)2+3(-1)n)Fn, relation qui apparaît pour la 1ière fois sur cette page et qui s'écrit aussi (Fn)3=(F3n-3(-1)nFn)/5

Ces formules (celles avec m et n) permettent de linéariser de façon systématique les puissances de Fn ou de Ln, et de calculer Fkn ou Lknen fonction de Fn et de Ln.

Pour (Fn)2, (Ln)2, F2n, L2n, voir ci-dessus (cas particuliers m=n) et aussi pour (Fn)3, (Ln)3 (cas particuliers m=2n ; pour ces deux cas on verra une autre preuve dans la solution de l'exercice 6)

On a aussi, par exemple, pour tout n dans Z (en fait les deux formules ci-dessous ont déjà été obtenues à la fin de P5.2, via la formule de Lucas-Fibonacci-Moivre)

  • F3n=(3Fn(Ln)2+5(Fn)3)/4
  • L3n=(15Ln(Fn)2+(Ln)3)/4

Exercice 6 : prouver P8, et par application du 9), donner la valeur exacte de F64.

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Exercice 7
1) (u) étant une suite de Fibonacci quelconque mais avec a¹0 et b¹0, il existe (voir P5.1) un rang k³0 à partir duquel un¹0.
Montrer alors

a) la série de terme général wn=(-1)n-1/(unun+1), pour n³k, est absolument convergente et sa somme est Su=C(uk+1/uk-a), où C est une constante que l'on précisera en fonction de u0 et u1 ; on pourra utiliser, pour ce dernier aspect, le 1) de P8.
b) En déduire que
  • Sn=1+¥ (-1)n-1/(FnFn+1)=a-1
  • Sn=0+¥ (-1)n-1/(LnLn+1)=(1-2a)/10
2) Si le lecteur connaît la notion de développement en fractions continues (dfc), il peut essayer de retrouver la 1ière formule du 1)b en utilisant le fait que le dfc du nombre d'or est constitué que de 1.

3) Montrer que Sn=1+¥ 1/(FnFn+2)=1. (Ecrire 1/(FnFn+2) sous la forme vn-vn+1).

Remarque : on a aussi

  • Sn=1+¥ 1/(F2nF2n+2)=(3-Ö5)/2=a-1
  • Sn=0+¥ 1/(F2n+1F2n+3)=(Ö5-1)/2
Par ajout membres à membres on retrouve bien le résultat du 3). Pour la preuve de ces deux derniers résultats (via dfc), je renvoie à l'ouvrage Théorie des nombres de Daniel Duverney (exercice 4.16).
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Exercice 8 :
attention : dans cet exercice F(n) désignera Fn: je suis obligé d'utiliser cette notation, car imbriquer indice et puissance en html ne fonctionne pas avec tous les navigateurs, et cet exercice est entièrement relatif à des indices qui sont des puissances de 2.

1) q étant un entier naturel non nul, montrer que Sk=1+¥ (F(2q))/(F(2q+k))=1/(ae), avec e=2q.
Bien entendu, on remarque tout de suite que le membre de gauche peut être factorisé par F(2q), mais cela n'apporte rien pour la démonstration.

2) cas q=0 : montrer que Sk=1+¥ 1/(F(2k))=-Ö5b=(5-Ö5)/2 (Lucas).

Remarque : on a aussi les relations
Sk=1+¥ 1/(F(m2k))=Ö5/(a2m-1), m entier naturel non nul ; m=1 redonne le 2) ci-dessus puisque a2-1=a=-1/b.

Sk=1+¥ (F(m))/(F(m2k))=1/(am), si m pair ; m=2q redonne le 1)ci-dessus.

Sk=1+¥ (L(m))/(F(m2k))=Ö5/(am), si m impair

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P9->
1) "nÎN-{0;1}, Fn+1=E(a(Fn+1))-1, E(x) désignant la partie entière du réel x, c'est-à-dire le plus grand entier relatif inférieur ou égal à x.

Remarque : cette égalité, fausse pour n=0, n=1, est la relation "rigoureuse" correspondant au fait que pour n grand, Fn+1@aFn (puisque limn->+¥Fn+1/Fn=a, cf voir P5.1) ; on peut d'ailleurs retrouver cette limite à partir de cette relation.

Exemple : F12=144, donc F13=E(145a)-1=E(234,614...)-1=233 (qui est bien F12+F11), puis F14=E(234a)-1=E(378,61...)-1=377.

On a aussi

2) pour tout entier naturel n, Fn est l'entier le plus proche de an/Ö5

3) pour tout entier naturel n³2, Ln est l'entier le plus proche de an

Exercice 9 : prouver P9.

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P10-> Sur pgcd, algorithme d'Euclide et Fibonacci.
1) Pour tous les entiers naturels n et p (pas tous les deux nuls) on a
pgcd(Fn,Fp)=pgcd(Fn,Fn+p)

pgcd(Fn,Fp)=Fpgcd(n,p)

p étant non nul, si p divise n, alors Fp divise Fn. Lorsque n=2p, le quotient de cette division est Lp : voir P8.
Réciproquement pour p³3, si Fp divise Fn, alors p divise n. Ceci est évidemment faux si p=2, car F2=1 divise F2k+1 et 2 ne divise pas 2k+1 ; pour p=1, F1=1 et le résultat est trivialement vrai. Quant au cas p=0, il est sans objet puisque F0=0.

Si n est distinct de 4 et si Fn est un nombre premier, alors n est aussi un nombre premier. La réciproque est fausse puisque F19 n'est pas premier (4181=37×113) ; par contre, F3, F5, F7, F11, F13, F17 sont premiers.

si 3 divise n, pgcd(Fn,Ln)=2, sinon pgcd(Fn,Ln)=1.

Remarque : certes, la 2ième relation donne pgcd(Fn,Fn+1)=Fpgcd(n,n+1)=F1=1, et on retrouve le résultat 2) de l'exercice 1, à savoir que Fn et Fn+1 sont 1er entre eux ; mais en fait on a besoin de ce résultat pour prouver ces deux relations : donc on ne peut pas dire que la 2ième relation est une autre preuve du fait que Fn et Fn+1 soient 1er entre eux.

2) Soit n un entier naturel non nul : l'algorithme d'Euclide appliqué à la recherche de pgcd(Fn+1,Fn+2) (on sait que ce pgcd est égal à 1 d'après la question 2 de l'exercice 1) prend exactement n itérations (cad n divisions).

3) Théorème de Lamé : le plus petit entier naturel a³2 pour lequel il existe un plus petit entier b (a³b³1) tel que l'algoritme d'Euclide appliqué à la recherche de pgcd(a,b) demande exactement n itérations est Fn+2 ; dans ce cas b=Fn+1.

4) Soient a et b deux entiers naturels tels que a³b³1 et n le nombre d'itérations de l'algorithme d'Euclide pour obtenir leur pgcd.
Alors n£min(lnb/lna+1,lna/lna)
; ce min est égal à lnb/lna+1Ûb<a/a.

Remarque : la première majoration de n est attribuée au mathématicien français Gabriel Lamé : n£M1=5 fois le nombre de chiffres décimaux de b (source : un article de la revue APMEP n°445).
On sait que, log étant le logarithme décimal, log10p=p et donc si b a p chiffres, 10p-1£b<10p, ce qui donne p-1£logb<p, soit E(logb)=p-1 et ainsi M1=5(E(lnb/ln10)+1).
Comparons alors M1 et M2=lnb/lna+1, pour b avec p chiffres, soit b dans [10p-1;10p[.

Dans ce cas on a toujours M1=5p
Par contre M2 va dépendre de b : si b=10p-1, M2=(p-1)ln10/lna+1@4,78p-3,78
si b=10p-1, M2@pln10/lna+1@4,78p+1
Donc, M2 donne une meilleure majoration pour les petits nombres de p chiffres (puisque l'on a toujours 4,78p-3,78< 5p), et aussi pour les grands nombres de p chiffres, avec p³5 (puisque 4,78p+1<5p si et seulement si p³5).
Mais dans la mesure où 5 et 4,78 c'est la même chose à 4,6% près, on peut considérer que les deux majorations se valent pour p grand.

Remarque : on verra aussi dans ce même article AMEP que si a et b sont deux entiers naturels tels que a³b³1 et si n est le nombre d'itérations de l'algorithme d'Euclide pour obtenir leur pgcd, alors a³pgcd(a,b)Fn+1.

Exercice 10 : prouver P10

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Exercice 11 : montrer que les seuls termes de la suite (F) qui soient des puissances entières de 3 sont F1=F2=1 et F4=3.

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P11->
1) Théorème de Hogatt :
tout entier naturel non nul est somme de termes distincts de la suite (F), les termes F0 et F1 étant exclus.
Par exemple 4=F2+F4, 5=F3+F4=F5, 8=F4+F5=F6, 9=F4+F6.

2) Théorème de Zeckendorf :
tout entier naturel e non nul est somme de termes distincts et deux à deux non consécutifs de la suite (F), les termes F0 et F1 étant exclus, et cette écriture est unique, à l'ordre près.

Cette somme sera dite la Z_somme de e.
Pour la trouver on procéde ainsi (
comme lors de l'exercice 8, j'utiliserai parfois la notation F(n) pour Fn, car le double indicage en html ne fonctionne pas avec tous les navigateurs) :

  • on cherche le plus grand terme, F(n1), de la suite (F) qui soit £e :
  • on cherche le plus grand terme, F(n2), de la suite (F) qui soit £e-F(n1)
  • on cherche le plus grand terme, F(n3), de la suite (F) qui soit £e-F(n1)-F(n2)
  • etc, jusqu'à arriver à e-F(n1)-F(n2)-...-F(nn-k-1)=F(nk)
La Z_somme de e est alors e=F(n1)+F(n2)+...F(nn-k-1)+F(nk).

On peut écrire e en base de Fibonacci, cad e="ajaj-1...a1a0", avec j=n1-2³0, aj=1, et pour tout iÎ{0;1;...;j}, ai=1 si et seulement Fi+2 est dans la Z_somme de e sinon ai=0.
Cette écriture en base de Fibonacci comporte n1-2+1=n1-1³1 chiffres, et entre deux 1, il y a toujours au moins un 0, puisque dans une Z_somme, il n'y a pas deux termes consécutifs de la suite (F).

Exemples :
la Z_somme de 99 est F11+F6+F3=89+8+2, donc 99="1000010010" (il y a 11-1=10 chiffres)
La Z_somme de 211 est F12+F10+F6+F4+F2=144+55+8+3+1, donc 211="10100010101" (il y a 12-1=11 chiffres).

Remarque 1 : Zeckendorf   Edouard (Belge) a découvert ce théorème en 1939.
En 1960 David E.Daykin a prouvé que la seule suite vérifiant ce théorème est la suite (F).

Remarque 2 : on peut définir sur N* l'opération interne suivante :

si e et e' sont deux entiers naturels non nuls, de Z_sommes respectives F(n1)+F(n2)+...+F(nn-k-1)+F(nk) et F(n'1)+F(n'2)+...+F(n'n-k'-1)+F(n'k')
alors on pose e*e'=S1£i£kS1£j£k'F(ni+n'j), expression qui n'est pas forcément, telle quelle, une Z_somme.
Exemples :
pour n et p entiers naturels ³2, Fn*Fp=Fn+p
2*4=F3*(F4+F2)=F7+F5=18
(F2+F6)*(F4+F8)=F6+F10+F10+F14 (ce n'est pas une Z_somme)=F6+F8+F11+F14
2*(5+5)=F3*(F3+F6)=F6+F9=42 ; 2*5+2*5=F3*F5+F3*F5=F8+F8=42 : sur cet exemple la distributivité de * par rapport à + est vérifiée. De là à ce que cela soit toujours vrai est autre chose! Pour l'instant je ne dispose d'aucune certitude sur cette question. Voir aussi, à ce sujet, la 2ième question de l'exercice 13 ci-dessous.

Cette opération * est cependant commutative (évident), mais aussi associative (dû à Donald E.Knuth).

3) Soient

e un entier naturel non nul tel que le plus petit terme de sa Z_d, noté fe, soit ³2
K un entier tel que 1£K<fe
e'=e-K et fe' le plus petit terme de sa Z_d
alors fe'£2K

Exemple : si e=11=8+3 alors fe=3

soit K=1 et e'=10=8+2 et fe'=2£2K
soit K=2 et e'=9=8+1 et fe'=1£2K
mais si K=fe=3, e'=8=fe' qui e'est pas £2K
de même, si K=0, e'=e, fe'=fe qui n'est pas£2K

Remarque 1 : si fe=1, il n'existe aucun entier K tel que 1£K<fe. Si on remplace K<fe par K£fe , la seule possibilité pour K est K=1 ; mais, par exemple, pour e=13+1 (on a bien fe=1), en prenant K=1 on obtient e'=e-1=13=fe' qui n'est pas £2K.

Remarque 2 : cette propriété sera à la base de l'élaboration d'une stratégie gagnante dans le jeu de Nim-Fibonacci.

Exercice 12 : prouver P11.
Aide : pour le 2) on pourra démontrer le résultat intermédiaire suivant :

Soit S une somme de termes distincts, deux à deux non consécutifs de la suite (F), F0 et F1 exclus ; en notant Fj le plus grand de ces termes, alors on a S<Fj+1.
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Exercice 13 :

1) prouver les Z_sommes ci-dessous :

kZ_somme de kFn
pour n³s
s
1Fn2
2Fn-2+Fn+14
3Fn-2+Fn+24
4Fn-2+Fn+Fn+24
5Fn-4+Fn-1+Fn+36
6Fn-4+Fn+1+Fn+36
7Fn-4+Fn+46
8Fn-4+Fn+Fn+46
9Fn-4+Fn-2+Fn+1+Fn+46
10Fn-4+Fn-2+Fn+2+Fn+46
11Fn-4+Fn-2+Fn+Fn+2+Fn+46
12Fn-6+Fn-3+Fn-1+Fn+58
13Fn-6+Fn-3+Fn+1+Fn+58
14Fn-6+Fn-3+Fn+2+Fn+58
15Fn-6+Fn-3+Fn+Fn+2+Fn+58

Remarque : en fait les formules sont vraies dès que tous les indices sont positifs ou nuls, mais ce ne sont plus forcément des Z_sommes, puisque F0 ou F1 peuvent apparaître ; et même elles sont vraies pour tout n dans Z, si on prolonge la suite (F) pour tout indice dans Z- : voir remarque de P2.

2) * étant l'opération définie à la remarque 2 du 2) ci-dessus, vérifier que :

  • (2Fp)*(3Fq)=6(Fp*Fq), pour p et q à préciser
  • (3Fp)*(5Fq)=15(Fp*Fq), pour p et q à préciser
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P12->
1) Pour tout entier naturel n ³2, le triplet (Fn-1Fn+2, 2FnFn+1, F2n+1) est un triplet pythagoricien.
C'est immédiat : (Fn-1Fn+2)2+(2FnFn+1)2=((Fn+1)2-(Fn)2)2+4(Fn)2(Fn+1)2, cf 4) de P8,=((Fn+1)2+(Fn)2)2=(F2n+1)2, cf 3) de P9.

Exemples : n=2 donne le fameux (3,4,5), n=3 donne (5,12,13) ; il est facile de vérifier que l'on n'obtient pas le triplet pythagoricien (6,8,10).

Remarque 1 : on a exclu le cas n=1, car il donne le triplet (0,2,2) qui n'est pas considéré comme pythagoricien, un des ses éléments étant nul.

Remarque 2 : F2n peut être aussi l'hypothénuse d'un triangle rectangle à côtés entiers. C'est le cas de F14=377, puisque 1522+3452=3772 ; par contre ce n'est pas le cas de F6=8, puisqu'il est facile de vérifier que 64 n'est pas la somme de deux carrés d'entiers non nuls.

2) Théorème de Lucas :
les solutions en nombres entiers naturels de l'équation diophantienne |x2+xy-y2|=1 sont exactement les couples (x,y)=(Fn,Fn+1) pour tous les entiers naturels n, plus le couple (1,0).

Exercice 14 : vérifier que les couples (Fn,Fn+1) sont effectivement solutions de l'équation diophantienne |x2+xy-y2|=1 ;
Pour une réciproque, je renvoie le lecteur à preuve proposée par la revue Quadrature d'Avril, Mai Juin 1997 ; cette preuve passe par la recherche des éléments inversibles de l'anneau {x+ay ; xÎZ ; yÎZ}.

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P13-> Sur la suite de Fibonacci (F) modulo m, m étant un entier naturel ³2.
C'est la suite (F') définie ainsi : pour tout n dans N, F'n est le reste de la division de Fn par m.

Ceci est équivalent à dire que F'nÎ{0;1;...;m-1} et que F'nºFn (m), cad F'nÎ{0;1;...;m-1} et F'n congru à Fn modulo m.
Exemples :

n0123456789101112
Fn01123581321345589144
F'n
pour m=2
0110110110110
F'n
pour m=3
0112022101120
F'n
pour m=4
0112310112310
F'n
pour m=5
0112303314044
F'n
pour m=6
0112352134150

Il semble, dans les quatre premiers cas, que la suite (F') soit périodique. Pour les autres, le nombre de termes calculés est insuffisant pour émettre une conjecture.

En fait on a les résultats suivants :
1) "mÎN-{0;1}

  • a) F'0=0, F'1=1
  • b) Si F'p=F'q=0 alors F'p+q=0.
  • c) Pour tout entier naturel n, F'n+2ºF'n+1+F'n (m) ; il y a égalité si et seulement si F'n+1+F'nÎ{0;1;...;m-1}
  • d) La suite (F') est périodique : il existe un plus petit entier naturel non nul, k(m), tel que "nÎN, F'n+k(m)=F'n.
    k(m) est appelé la période de la suite (F') ; c'est le plus petit entier naturel non nul tel que F'k(m)=0 et F'k(m)+1=1.
    On a toujours k(m)£m2

    Donc, cf tableau ci-dessus, k(2)=3, k(3)=8, k(4)=6 ; je laisse le lecteur courageux vérifier que k(5)=20 ; k(6)=24 sera obtenu plus loin par application du c) de 2).

  • Remarque 1 : on verra à l'exercice 16 ci-dessous la formule générale pour k(2e).

    Remarque 2 : k(m) est l'ordre, modulo m, de la matrice

    A=æ01ö
    è11ø
    considérée comme élément du groupe des inversibles de l'anneau des matrices 2×2 à coefficients dans Z/mZ. Ce groupe, pour m 1er, étant d'ordre (m2-1)(m2-m), c'est que pour m 1er, k(m) divise (m2-1)(m2-m) ; en fait pour m 1er, distinct de 5, k(m) divise (m2-1) : voir l'étude de Marc Renault (lien dans la remarque ci-dessous).
  • e) Soit k un entier naturel quelconque non nul, alors
    "nÎN, F'n+k=F'n Û F'k=F'0(=0) et F'k+1=F'1(=1) Û k(m) divise k.
    Un entier k vérifiant une des conditions ci-dessus (donc les deux) est appelé une période de la suite (F').
  • f) Il existe une infinité de termes de la suite (F) qui sont divisibles par m : par exemple les termes Fn avec n=qk(m), où q est un entier naturel quelconque.
    Mais il peut y en avoir d'autres : pour m=3, k(3)=8 donc 3 divise F8q pour tout entier naturel q, mais en fait, voir question 6)c) de l'exercice 1, 3 divise Fn Û 4 divise n.
    Ce résultat justifie la remarque faite à la même question 6)c) de cet exercice 1).

2) Quelques propriétés sur la fonction m->k(m)= la période de la suite (F').

  • a) si m³3 alors k(m) est pair
  • b) si m' (entier naturel ³2) divise m, alors k(m') divise k(m)
  • c) si m=Ppin_i ( décomposition en nombres premiers pi de m), alors k(m)=ppcm des k(pin_i)
    note : n_i est en fait ni (entier naturel non nul), mais en html, imbriquer des exposants et indices ne fonctionne pas avec tous les navigateurs.

    Exemple : k(6)=ppcm(k(2),k(3))=ppcm(3,8)=24.

Remarque : on verra beaucoup de compléments sur ce sujet, dans l'étude de Marc Renault. Notamment il existe un résultat sur k(pe), pour p premier : si t est le plus grand entier tel que k(pt)=k(p), alors k(pe)=pe-tk(p) pour e³t ; voir exercice 16 ci-après pour le cas particulier k(2e).
On conjecture, toujours selon l'étude de marc Renault, que pour tout p premier t serait égal à 1, et pour l'instant on ne dispose pas de formule générale donnant k(p) en fonction de p, p étant premier.

Exercice 15 : prouver les résultats ci-dessus, sauf celui de la remarque...

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Exercice 16 :

1) Montrer que pour tout entier r³3, F(3×2r-2)º0 (2r) et F(3×2r-2+1)º2r-1+1 (2r)

2) Montrer que pour tout entier e³1, k(2e)=3×2e-1.

Aide :

    On pourra utiliser, notamment
  • Fn pair Û 3 divise n : voir question 6 de l'exercice 1
  • F2n+1=(Fn)2+(Fn+1)2 : voir relation 3 de P8
  • F2n=Fn(Fn-1+Fn+1) : voir remarque de la relation 8 de P8
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P14-> Sur l'écriture, de Fn et Ln sous forme de produit d'expressions trigonométriques! Ces formules sont vraiment étonnantes dans la mesure où les suites de Fibonacci sont définies par un processus additif.
On me répondra qu'il y a les formules de Binet qui font intervenir des puissances. Certes, mais dans ce cas il est assez facile de retrouver l'aspect additif vérifié par les suites, alors que pour la formule ci-dessous c'est une autre histoire : c'est là que Tchebycheff intervient (ses polynômes de 2ième espèce). pour tout entier naturel n³2, (Fn)2=Pk=1 n-1(1+4cos2(kp/n))=(1+4cos2(p/n))×...×(1+4cos2((n-1)p/n))

Remarque : pour tout réel x, 1+4cos2(x/2)=3+2cos(x).

C'est facile à vérifier pour n=2,3,4,6, mais pour n=5,7,8,9 c'est déjà moins facile.
Par exemple pour n=5 cela signifie que 25=(1+4cos2(p/5))(1+4cos2(2p/5))(1+4cos2(3p/5))(1+4cos2(4p/5))

La formule ci-dessus peut aussi s'écrire

pour tout entier naturel n³3, Fn=Pk=1 E((n-1)/2)(1+4cos2(kp/n))=Pk=1 E((n-1)/2)(3+2cos(2kp/n)), E désignant la fonction partie entière. Ce qui donne pour n=5, 5=(3+2cos(2p/5))(3+2cos(4p/5)).

Remarque : on peut écrire (si on le souhaite ... ) F2=3+2cos(2p/2).

On a aussi des relations analogues pour la suite (L) :

pour tout entier naturel n³2, (Ln)2=Pk=0 n-1(3+2cos((2k+1)p/n)) et Ln=Pk=0 E(n/2-1)(3+2cos((2k+1)p/n))

Exercice 17 : son but est de prouver les résultats ci-dessus, cela d'après l'idée de la preuve de l'étude de N.Garnier et O.Ramaré Université Lille 1 : elle utilise les polynômes de 2ième espèce de Tchebycheff.

1) Les polynômes de 2ième espèce de Tchebycheff, Un(X), sont définis par

  • U0(X)=1
  • U1(X)=2X
  • pour tout entier naturel n, non nul, Un+1(X)=2XUn(X)-Un-1(X)

Montrer alors que

  • "nÎN, d°Un=n, le coefficient de tête étant 2n
  • "nÎN,Un(cos(q))=(sin((n+1)q))/sin(q), pour sin(q)¹0
  • "nÎN*, Un(X)=2nPk=1 n(X-cos(kp/(n+1)))

2) Et voici le lien avec Fibonacci : trouver une constante q telle que la suite (W) définie par Wn=qnUn(-i/2), pour tout entier naturel n, soit une suite de Fibonacci!

3) Montrer que pour tout entier naturel n³2, (Fn)2=Pk=1 n-1(1+4cos2(kp/n))

4) Montrer que pour tout entier naturel n³3, Fn=Pk=1 E((n-1)/2)(1+4cos2(kp/n))=Pk=1 E((n-1)/2)(3+2cos(2kp/n))

5) Déduire de ce qui précéde, les deux résultats relatifs à la suite (L).

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Exercice 18 : le but de cet exercice est de "vérifier", pour les petites valeurs de n, la formule Fn=Pk=1 E((n-1)/2)(3+2cos(2kp/n)), cela par linéarisation du membre de droite. C'est ainsi que j'avais essayé de prouver cette formule, mais je ne suis pas arrivé à généraliser.

Pour n=3,4,6,8 les cos se calculent de façon évidente et la vérification est immédiate ; mais pour n=5,7,9 c'est autre chose.

1) On pose pk(q)=(3+2cos(q))×(3+2cos(2q))×...×(3+2cos(kq)) : par utilisation de 2cos(p)cos(q)=cos(p+q)+cos(p-q), linéariser p2, p3 et p4.

2) En utilisant 1) et le fait que la somme des racines nièmes de 1 (dans C) est 0, et le fait que ces racines sont conjuguées deux à deux, vérifier pour n=5, 7, 9 la formule ci-dessus relative à Fn.

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P15-> Sur les polynômes donnant Fkn en fonction de Fn (si k est pair, Fkn est Ln fois un polynôme en Fn) et sur les polynômes donnant Lkn en fonction de Ln.

La question a commencée à être vue à la fin de P5.2 et au 15 de P8.

si k est un entier naturel impair, pour tout entier naturel n,
  • Fkn=Qk,n(Fn), avec Qk,n polynôme de degré k, de coefficient de tête 5(k-1)/2, de terme constant nul et impair
  • Lkn=Rk,n(Ln), avec Rk,n polynôme de degré k, unitaire, de terme constant nul et impair
si k est un entier naturel pair (non nul), pour tout entier naturel n,
  • Fkn=LnQk,n(Fn), avec Qk,n polynôme de degré k-1, de coefficient de tête 5k/2-1, de terme constant nul et impair
    Notons que cela peut alors s'écrire, puisque F2n=LnFn, Fkn=F2nSk,n(Fn), Sk,n étant le polynôme Qk,n(X)/X.
  • Lkn=Rk,n(Ln), avec Rk,n polynôme de degré k, unitaire, de terme constant 2(-1)(n+1)k/2, pair
Par ailleurs, tous les polynômes Qk,n et Rk,n sont à coefficients entiers et ces coefficients sont soient indépendant de n, soient de la forme (-1)n×un coefficient indépendant de n (donc tous de valeur absolue indépendante de n).

On retrouve alors le fait que pour tout k non nul et tout n non nul, Fn divise Fkn (voir P10) et aussi que si k est pair, FnLn=F2n divise Fkn, (toujours cf P10, puisqu'ici 2n divise kn) ; mais ici on obtient des renseignements sur les quotients.

Par ailleurs on obtient un résultat non encore établi jusqu'à présent :

  • si k est impair, Ln divise Lkn
    cela peut être faux si k est pair : L3=4 ne divise pas L2×3=6
Remarque : il peut paraître étonnant que pour k pair, Fkn ne s'exprime pas comme un polynôme uniquement fonction de Fn.
Cependant, par exemple, pour k=2 où F2n=LnFn, on peut montrer qu'il n'existe pas des réels an, bn, cn, à valeur absolue indépendante de n tels que, pour tout entier naturel n on ait F2n=anFn2+bnFn+ cn

Exercice 19 : prouver P15 (et calculer les polynômes Qk,n et Rk,n jusqu'à k=5).

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P16-> Sur une généralisation de la formule vue au 8 de P8 : F2n=Fn+12-Fn-12.

Pour tout entier k³2, il existe une fonction rationnelle de la forme Pk(X)=SiÎIaiXi, avec I un sous-ensemble fini de Z,
telle que pour tout n dans Z, Fkn=SiÎIaiFn+ik.

    Par exemple
  • k=2, P2=X-1/X et on a F2n=Fn+12-Fn-12
  • k=3, P3=X-1/X+1 et on a F3n=Fn+13+Fn3-Fn-13
    par exemple F12=F53+F43-F33, ce qu'on vérifie puisque 144=53+33-23
  • k=4, P4=X2/6+X/2-1/(2X)-1/(6X2) et on a F4n=Fn+24/6+Fn+14/2-Fn-14/2-Fn-24/6
    par exemple F12=F54/6+F44/2-F24/2-F14/6, ce qu'on vérifie puisque 144=54/6+34/2-1/2-1/6
  • Pour P5 et P6, voir solution de l'exercice 20.
  • Attention : cette fraction rationnelle n'est pas forcément unique ; par exemple on peut prendre P2=X3-3X2+X+3-2/X, ce qui donne cette nouvelle identité F2n=Fn+32-3Fn+22+Fn+12+3Fn2-2Fn-12 ; par exemple F12=F92-3F82+F72+3F62-2F52 ; mais cette identité est mons "intéressante" que F2n=Fn+12-Fn-12.
    A noter que la combinaison de ces deux relations donne la nouvelle identité Fn+32-3Fn+22+3Fn2-Fn-12=0.

Exercice 20 : prouver P16 (utiliser la formule de Binet).

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P17-> Sur les termes carrés dans les suites (L) et (F).

n étant un entier relatif (voir P2, P5.3)

  • Ln est un carré si et seulement si n=1 ou 3
  • Ln est 2 fois un carré si et seulement si n=0 ou -6 ou 6
  • Fn est un carré si et seulement si n=0 ou -1 ou 1 ou 2 ou 12 (F12 est le "fameux" 144=122)
  • Fn est 2 fois un carré si et seulement si n=0 ou -3 ou 3 ou 6

Pour la preuve, voir
preuve de P17 ; bien entendu cette preuve n'est pas de moi : elle date de 1964 et son auteur est John H.E. Cohn.
Je n'ai fait que traduire et détailler le papier de John H.E Cohn

Cette preuve utilise essentiellement 11 formules sur les suites de Fibonacci :

  • 2Fm+n=FmLn+FnLm : voir 15 de P8
  • 2Lm+n=5FmFn+LmLn : voir 15 de P8
  • L2n=Ln2+2(-1)n-1 : voir 7 de P8
  • pgcd(Fm,Lm)=2 si 3 divise m, sinon c'est 1 : voir P10
  • 2 divise Lm équivaut à 3 divise m : voir question 6c de l'exercice 1
  • 3 divise Lm équivaut à 4 divise m-2 : voir question 6c de l'exercice 1
  • 4 divise Lk-3 si 2 divise k et 3 ne divise pas k : voir question 6c de l'exercice 1
  • 8 divise Lm+12-Lm : voir question 6c de l'exercice 1
  • F-n=(-1)n-1Fn ; L-n=(-1)nLn : voir P5.3
    Remarque : dans les préliminaires du papier de John H.E. Cohn il y a une coquille puisque il est indiqué L-n=(-1)n-1Ln : en fait c'est la seule coquille que j'ai trouvée ; il va sans dire que dans ma page il doit y avoir plus d'une coquille, si ce n'est des erreurs!
  • Ln divise Lkn si k est impair : voir P15
  • Lp divise Lm+2p-(-1)p-1Lm ainsi que Fm+2p-(-1)p-1Fm : ce résultat est le seul qui n'a pas encore été établi dans les chapitres précédents : je propose au lecteur de l'établir dans le cadre de l'exercice 21. A vrai dire, dans le papier de Cohn, ce résultat n'est donné que pour p pair.

Par ailleurs, cette preuve de John H.E Cohn utilise deux résultats classiques sur les résidus quadratiques modulo p, avec p nombre 1er
  • le produit d'un résidu par un non résidu est un non résidu
  • -1 est résidu si et seulement si p=1+4k, avec k dans N, cad p congru à 1 modulo 4

Exercice 21 : prouver que Lp divise Lm+2p-(-1)p-1Lm ainsi que Fm+2p-(-1)p-1Fm.

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Solution des exercices et preuves (si besoin) des propriétés

Exercice 1

1) Soit (u) une suite de Fibonacci quelconque ; d'après la foumule de Binet vue à P4, (u)=a(e)+b(f), les suites (e) et (f) étant définies par en=an et fn=bn, et a et b étant deux constantes réelles. Ainsi les deux suites (e) et (f) forment une famille génératrice de l'espace vectoriel des suites de Fibonacci. La dimension de cet est espace est donc 1 ou 2 .
Mais ces deux suites sont linéairement indépendantes, puisque a(e)+b(f)=0 entraîne (on fait n=0, n=1) a+b=0 et aa+bb=0, ce qui donne a=b=0. La dimension est donc 2.

2) Soit n dans N* : si d divise un+1 et un, alors d divise un et un-1=un+1-un, et la réciproque est aussi vraie : donc les diviseurs de un et un+1 sont les diviseurs de un et un-1 et ainsi pgcd(un,un+1)=pgcd(un-1,un).
En poursuivant la descente on arrive à pgcd(un,un+1)=pgcd(u0,u1).

3) Par ajout membres à membres des égalités suivantes, pour nÎN :

u2=u1+u0
u3=u2+u1
.
.
un+1=un+un-1
un+2=un+1+un
on obtient un+2=u1+u0+u1+...+un, ce qui donne le résultat demandé : u0+u1+u3+...+un=un+2-u0.

Par ajout membres à membres des égalités suivantes, pour nÎN* :

u3=u2+u1
u5=u4+u3
.
.
u2n+1=u2n+u2n-1
on obtient u2n+1=u2+u4+...+u2n+u1, ce qui donne u0+u2+u4+...+u2n=u2n+1-u1+u0, relation encore vraie pour n=0.

Par ajout membres à membres des égalités suivantes, pour nÎN :

u2=u1+u0
u4=u3+u2
.
.
u2n+2=u2n+1+u2n
on obtient u2n+2=u1+u3+...+u2n+1+u0, ce qui donne u1+u3+...+u2n+1=u2n+2-u0.

On peut vérifier que par ajout membres à membres des deux dernières relations on obtient la première relation (deux cas à envisager : 1er cas : on ajoute m à m les deux dernières relations telles quelles, 2ième cas : on remplace n par n+1 dans la 3ième relation, avant d'ajouter m à m les deux dernières relations).

4) Par utilisation de la formule de Binet, un=aan+bbn, on obtient
S0£j£k Ckjun-j=a(S0£j£k Ckjan-j)+b(S0£j£k Ckjbn-j) =aan-k(S0£j£k Ckjak-j)+bbn-k(S0£j£k Ckjbn-j)
= aan-k(S0£j£k Ckk-jak-j)+bbn-k(S0£j£k Ckk-jbn-j)=aan-k(1+a)k+ bbn-k(1+b)k=aan-k(a)2k+ bbn-k(b)2k=aan+k+bbn+k=un+k.

En faisant n=k, la formule précédente donne u2k=S0£j£k Ckjuk-j. Et comme Ckj=Ckk-j, en posant k-j=i on obtient u2k=S0£i£k Ckiui : en remplacant k par n et i par j on obtient la formule annoncée.

Cette formule donne u8=C40u0+C41u1+C42u2+C43u3+ C44u4=u0+4u1+6u2+4u3+u4, ce qui donne pour u0=0, u1=1, u8=4+6+8+3=21.

5)
Notons, pour n³2, kn=le nombre de parties non vides de En={1 ; 2 ; ... ; n-1} dont deux éléments quelconques ne sont pas consécutifs.

si n=2, E2={1}, dont la seule partie convenant est {1} : k2=1=F2
si n=3, E2={1 ; 2}, dont les seules parties convenant sont {1} et {2} : k3=2=F3
Montrons maintenant que pour tout n³3 on a kn+1=kn+kn-1 : En+1=EnÈ{n}, et donc les kn+1 parties de En+1 convenant se répartissent en deux catégories disjointes: celles constituées que d'éléments de En : il y en a kn
celles contenant n : les autres élément étant distincts de n-1, ils sont dans En-1, et donc le nombre de ces parties est kn-1
Ceci prouve que kn+1=kn+kn-1, donc que la suite (k), définie pour n³2, est une suite de Fibonacci et comme k2=F2, k3=F3, c'est que pour tout n³2 on a kn=Fn, cf une suite de Fibonacci est caractérisée par ses deux premiers termes (voir P3).

6a)

La suite (u) est évidemment croissante à partir du rang 1 : u1£u2£u3...
Donc pour tout n³2, un+1=un+un-1£2un.
Cela sera vrai pour n=0 si et seulement si u1£2u0,
et cela sera vrai pour n=1 si et seulement si u0£u1 (puisque on doit avoir u2£2u1)

Le 2ième résultat (évidemment faux pour n=0 et n=2) résulte de Fn+1=Fn+Fn-1 et Fn-1<Fn pour n³3 et n=1 ; le 3ième en découle immédiatement puisque F3=2F2.

6b)

IL est immédiat que Fn=(Fn-2+Fn+1)/2, et cela pour tout n³2, puisque Fn-2+Fn+1=Fn-2+Fn-1+Fn=Fn+Fn.

Mais la réciproque ne peut être vraie qu'à partir de n=5, cf les exemples donnés dans l'énoncé.
Supposons donc n³5 et Fn=(Fi+Fk)/2 avec i<k et montrons qu'obligatoirement i=n-2 et j=n+1.

supposons k£n comme i<k, on a Fi<Fk (sauf si i=1 et k=2, cas qui sera examiné ci-après), donc Fi+Fk<2Fk ; mais 2Fk£2Fn, donc (Fi+Fk)/2<Fn, soit (Fi+Fk)/2 ¹ Fn.
Si i=1 et k=2 alors Fi+Fk=2 et donc (Fi+Fk)/2=1 ¹ Fn (puisque n³3).
Donc on ne peut avoir k£n.
Supposons k³n+2 On a alors Fk³Fn+2 ; mais Fn+2-2Fn=Fn+1-Fn>0, puisque n³2, et ainsi Fk>2Fn, (Fi+Fk)/2>Fn, et donc (Fi+Fk)/2 ¹ Fn.
Donc on ne peut avoir k³n+2.
La seule possibilité pour k est donc k=n+1.
Déterminons maintenant i :
Fn=(Fi+Fn+1)/2 donne (Fn-2+Fn+1)/2=(Fi+Fn+1)/2, soit Fi=Fn-2. Comme n-2³3 (c'est là que l'hypothèse n³5 est indispensable), c'est que i=n-2.

6c)

1) Fn=Fn-1+Fn-2=2Fn-2+Fn-3 : donc Fn et Fn-3 ont même parité, et comme F0=0 est pair, c'est que F3, F6, F9, etc, sont pairs.
Par contre F1, F4, F7, etc, ont la parité de F1=1, donc sont impairs, et F2, F5, F8, etc, ont la parité de F2=1, donc sont impairs.
Finalement Fn est pair si et seulement si 3 divise n.

2) Fn=3Fn-3+2Fn-4 : comme 3 est 1er avec 2, 3 divise FnÛ 3 divise Fn-4.
D'où en posant n=4q+r avec r=0 ou 1 ou 2 ou 3 (division euclidienne dans N),
3 divise Fn Û 3 divise Fn-4 Û 3 divise Fn-8...Û 3 divise Fn-4q=Fr.
Or, parmi F0=0, F1=1, F2=1, F3=2, seul F0 est divisible par 3 ; donc, 3 divise Fn si et seulement si 4 divise n (n=4q).

3) Fn=5Fn-4+3Fn-5 : comme 5 est 1er avec 3, 5 divise FnÛ 5 divise Fn-5.
D'où en posant n=5q+r avec r=0 ou 1 ou 2 ou 3 ou 4,
5 divise Fn Û 5 divise Fn-5...Û 5 divise Fn-5q=Fr.
Or, parmi F0, F1, F2, F3, F4 seul F0 est divisible par 5 ; donc, 5 divise Fn si et seulement si 5 divise n.

Je laisse le lecteur vérifier, à partir de Fn=8Fn-5+5Fn-6, que 8 divise Fn si et seulement si 6 divise n.

4) On a aussi Ln=2Ln-2+Ln-3, donc Ln et Ln-3 ont même parité et comme parmi L0=2, L1=1, L2=3, seul L0 est pair, Ln est pair Û 3 divise n.

5) Ln=3Ln-3+2Ln-4, donc 3 divise Ln Û 3 divise Ln-4, et cf le même raisonnement qu'à 2) ci-dessus, 3 divise Ln Û 3 divise Lr avec r reste de la division euclidienne de n par 4. Comme parmi L0=2, L1=1, L2=3, L3=4, seul L2 est divisible par 3, Ln est divisible par 3 si et seulement si Û r=2, soit Ln divisible par 3 Û 4 divise n-2.

6) En poursuivant les calculs, on obtient Ln=8Ln-5+5Ln-6 ; cette relation peut s'obtenir directement par application de la relation un+p=Fp-1un+Fpun+1 (vue à 6) de P3) en remplacant u par L, n par n-p et en faisant p=6.
Comme 5 ≡ 1 (4), 8 ≡ 0 (4), c'est que Ln ≡ Ln-6 (4), donc Ln ≡ Lr (4) avec r reste de la division euclidienne de n par 6. Comme parmi L0=2, L1=1, L2=3, L3=4, L4=7, L5=11, seuls L2, L4, L5 sont égaux à 3 modulo 4, c'est que Ln ≡ 3 (4) si et seulement r=2 ou 4 ou 5, soit Ln ≡ 3 (4) Û n ≡ 2 ou 4 ou 5 (6).

7) Par application de la relation un+p=Fp-1un+Fpun+1 (vue à 6) de P3) en remplacant u par L, et en faisant p=12, on obtient Ln+12=F11Ln+F12Ln+1=89Ln+144Ln+1.
Mais 89 ≡ 1 (8), 144 ≡ 0 (8), donc Ln+12≡ Ln (8).

6d)

On va procéder par récurrence pour prouver que pour tout entier naturel n³3, on a Fn > an-2.

Comme |a|>1, limn->+¥Fn=+¥.

6e)

On va procéder, là aussi, par récurrence pour prouver que pour tout entier naturel non nul on a an=aFn+Fn-1.
(On peut aussi utiliser le 1) de P3).


La relation est encore vraie si on remplace a par b, puisque de même que a+1=a2, on a b+1=b2.

Par différence membre à membre des deux relations an=aFn+Fn-1 et bn=bFn+Fn-1, on obtient tout de suite Fn=(1/Ö5)(an-bn).

Prouvons maintenant la relation an=Fn+1-bFn.
Elle est évidemment vraie pour n=0.
Pour n³1, on utilise la relation précédente :
an=aFn+Fn-1= aFn+Fn+1-Fn=(a-1)Fn+Fn+1=Fn+1-bFn.

6f)

Notons G0=0 et pour tout entier naturel n³1, Gn=S0£k£(n-1)/2Cn-1-kk.
On a G0=0=F0 et G1=C10=1=F1.
On va alors montrer que la suite (G) est une suite de Fibonacci, et donc, cf P3, on aura (G)=(F), soit Fn=Gn pour tout entier naturel, ce qui prouvera la relation demandée.
Notons que si n est impair, le dernier terme de Gn correspond à k=(n-1)/2 et il vaut 1 et Gn posséde (n-1)/2+1=(n+1)/2 termes.
Par contre si n est pair le dernier terme de Gn correspond à k=l'entier immédiatement inférieur à (n-1)/2=n/2-1/2, soit n/2-1=(n-2)/2 et vaut Cn/2(n-2)/2=Cn/21=n/2 et Gn posséde (n-2)/2+1=n/2 termes.
Calcul de s=Gn+Gn+1, avec n³1. Rappelons que Cnp-1+Cnp=Cn+1p, p étant un entier compris au sens large entre 1 et n.

Donc pour tout n³1, on a Gn+Gn+1=Gn+2 ; mais c'est aussi vrai pour n=0, car G0+G1=0+C10=1 et G2=C10=1 : donc la suite (G) est bien une suite de Fibonacci, et cf ce qui a été dit ci-dessus on a (F)=(G), ce qui prouve la relation demandée.

Application (on vérifiera la remarque ci-dessus sur le nombre de terme du S et sur son dernier terme) :

6g)

Une récurrence facile donne le résultat : notons pour tout entier naturel n³1, Sn=S0£i£n(-1)iFi.

Remarque : par ajout membres à membres des relations (-1)n+2Fn+2=(-1)n+2(Fn+1+Fn), on obtient aussi le résultat.

6h)

Là aussi une récurrence facile donne le résultat : pour tout entier naturel n³1, on pose Sn=S1£i£n2n-iFi-1.

7a) On a u0=2030=1

Donc la suite (u) est périodique : 1, 7, 13, 19, 1, 7, 13, 19, 1.....

7b) Supposons d'abord a³1 (comme b)

Le 1er terme de la suite (u) dont la décomposition en nombres premiers ne contient que 2 et 3 est bien 2b3a+b.

Reste le cas a=0, b restant ³1 : 2a3b=3b.
Cette fois on ne peut pas commencer par multiplier par 5×7/2 comme ci-dessus.
En fait, c'est comme pour la question a) :
on commence par multiplier par 7 et on obtient u1=3b7, qui est de la forme 3b5a7 (avec a=0), et on peut alors reprendre le raisonnement ci-dessus à partir de la multiplication par 13/7, ce qui nous fait arriver à encore à 2b3a+b=2b3b.

8)

1) Cf P4, un=aan+bbn, avec a=(-bu0+u1)/r, b=(au0-u1)/r et r=51/2.
Je laisse alors le lecteur vérifier que (on remarquera que akbs-k=(-1)kbs-2k, puisque ab=-1)
S1=S2=3a3as+3b3bs+ab2K+a2bK' avec

  • K=Si=1,2,3 ; j=1,2,3(-1)a(i,j)bs-2a(i,j), où a(i,j)=ai,j.
  • K' s'obtient en changeant b en a dans K.

    2) Pour calculer S1 et S2 dans le cas particulier demandé (s=15), il y a deux méthodes possibles :

    Exercice 2
    preuve de P5.1
    On a un=aan+bbn
    1) si a=0, alors un=bbn, et comme |b|<1, limn->¥un=b×0=0.
    Mais si a¹0, ca ne va plus être vrai car |a|=a>1.
    Précisons : un=aan(1+(b/a)bn), et comme le terme entre parenthèses a pour limite 1 (puisque |b|<1), alors :
    si a>0, limn->¥un=+¥ et si a<0, limn->¥un=-¥

    2) C'est évident.

    3) Rappelons qu'à partir d'un certain rang un¹0 (voir remarque 1 de P5) : les calculs ci-dessous sont donc faits pour n au delà de ce rang.
    un+1/un=(aan+1+bbn+1) /(aan+bbn)= (aa+bb(b/a)n) /(a+b(b/a)n) ; comme |b/a|<1, limn->¥un+1/un=aa/a=a.
    Précisons la vitesse de convergence :
    a-un+1/un=a-(aan+1+bbn+1)/(aan+bbn)=(abbn-bbn+1)/(aan+bbn) =bbn(a-b)/(aan+bbn) =b(b/a)n(a-b)/(a+b(b/a)n).
    Comme le dénominateur de la dernière expression tend vers a, c'est qu'un équivalent de a-un+1/un est (b/a)(a-b)(b/a)n ; comme a-b=Ö5, c'est que cet équivalent est bien (b/a)Ö5(b/a)n.

    Quelques précisions sur l'oscillation de un+1/un autour de a.
    On a un+1/un-a =-(b/a)(b/a)n(a-b)/(1+(b/a)(b/a)n).
    Notons vn=1+(b/a)(b/a)n (il est non nul, puisque on s'est placé dans le cas où un=aanvn est non nul) ; b/a étant <0, (b/a)n change de signe lorsque n augmente de 1.
    Mais vn n'a pas toujours le méme signe ; cependant, puisque limn->+¥vn=1, à partir d'un certain rang, on est sûr que vn reste >0, et donc à partir de ce rang, un+1/un oscillera autour de a.
    Exemple 1 : b/a=-100, donc un+1/un-a a le signe de (b/a)nvn, avec vn=1-100(a/b)n :

    Ici, il y a oscillation de un+1/un à partir du rang 5.

    Exemple 2 : b/a=-1 (c'est le cas de la suite (F), définie par F0=0, F1=1 : P4 donne alors tout de suite a=-b).
    Dans ce cas vn=1-(b/a)n ; comme |b/a|<0,382, pour tout n³1 on a |b/a|n<0,382, donc -0,382<(b/a)n<0,382, ce qui donne vn>0 pour tout n³1, et un+1 converge vers a en oscillant à partir du rang 1 (ici u0=0).
    On peut le vérifier sur la suite (F) : F2/F1=1<a, F3/F2=2>a, F4/F3=3/2<a,...

    Exemple 3 : b/a=1 (c'est le cas de la suite (L) définie par L0=2, L1=1 : voir exercice 1 pour a=b=1)
    Cette fois vn=1+(b/a)n, et l'encadrement ci-dessus donne, pour tout n³1, (b/a)n>-0,382 (qui est encore vrai si n=0) et pour tout n³0, on a vn>0, et donc un+1/un oscille autour de a dès le rang 0.
    On peut le vérifier pour la suite (L) : L1/L0=1/2<a, L2/L1=3>a, L3/L2=4/3<a,...

    Pour ce qui est de limn->+¥un+k/un=ak, il suffit de remarquer que, pour k entier naturel non nul, un+k/un=(un+k/un+k-1))(un+k-1/un+k-2)...(un+1/un) est un produit de k facteurs, chacun de ces facteurs ayant pour limite a lorsque n tend vers +¥ ; si k=0 le résultat est trivial.

    Remarque : de Fn+1=Fn+Fn-1, on tire Fn+1/Fn=1+Fn-1/Fn ; donc SI Fn+1/Fn a une limite finie L, nécessairement, par passage à la limite, L=1+1/L, soit L2-L-1=0 et donc L=a ou L=b ; mais il s'agit d'une suite à termes positifs ou nuls, et donc la limite, si elle existe, est aussi positive ou nulle. Donc, si Fn+1/Fn a une limite finie L, cette limite L ne peut être que a.
    Mais cela ne prouve pas qu'effectivement la suite Fn+1/Fn converge vers a.

    preuve de P5.2
    Pour prouver que pour tout entier naturel n non nul, Fn=(1/2n-1)S0£p£(n-1)/25pCn2p+1, il suffit d'appliquer deux fois la formule du binôme dans Fn=(1/Ö5)(an-bn) :
    Fn=(1/Ö5)(1/2n)(S0£k£nCnk(Ö5)k- S0£k£nCnk(-1)k(Ö5)k) : on voit tout de suite que les termes de chaque S correspondants à k pair (il y en a que si n est non nul) s'éliminent, et ceux correspondants à k impair s'ajoutent :

    Fn=(1/Ö5)(1/2n)(S0£p, 2p+1£nCn2p+1(Ö5)2p+1×2), ce qui donne le résultat.

    Un calcul analogue donne la formule avec coefficients binômiaux relative à Ln.

    Pour n premier, les valeurs modulo n de Fn et Ln s'obtiennent en remarquant que

    Donc, si n est premier et impair, 2n-1Fn º 5(n-1)/2Cnn (n), ce qui donne Fn º 5(n-1)/2 (n) ; par exemple F7=13, et 5(7-1)/2=125 º 13 (7), puisque 125=13+16×7.

    Quant au cas de la suite de Lucas, L2=3 º 1 (2), et si n est premier et impair, 2n-1Ln º 50Cn0 (n), ce qui donne Ln º 1 (n) ; par exemple L7=29, et 29 º 1 (7), puisque 29=1+4×7.

    Quant à la formule dite de Moivre, sa preuve est évidente, les membres de droite et de gauche étant égaux à akn.

    Justifions les deux formules

    En développant le membre de gauche (de la formule de Moivre avec k=3) selon la formule du binôme on obtient (avec r=51/2)
    L3n+rF3n=(2/23)(Ln3+3rLn2Fn+3×5LnFn2+5rFn3).
    Mais si a,b,c,d sont quatre rationnels tels que a+rb=c+rd alors a=c et b=d : en effet si b était différent de d, on aurait r=(c-a)/(b-d), donc r serait rationnel, ce qui est impossible, et donc b=d, puis a=c.
    L'application de ceci, c'est-à-dire l'identification des termes sans le facteur r et l'identification de ceux avec le facteur r, donne tout de suite les formules rappelées plus haut.

    preuve de P5.3
    On va utiliser la formule de Binet (P4) qui est aussi vraie pour tout n dans Z : en effet la preuve de P4 reste valable car de façon évidente vn=aan+bbn vérifie pour tout n dans Z la relation vn=vn-1+vn-2 et le 1) de P3 reste vrai si on remplace N par Z.
    En notant r=Ö5, on a alors, pour tout n dans Z, un=(u1(an-bn)+u0(abn-ban))/r.
    Donc, en changeant n en -n et compte-tenu que ab=-1, u-n=(-1)n(u1(bn-an)+u0(an+1-bn+1))/r,
    ce qui donne (-1)n+1u-n=un+(u0/r)(bn+1-an+1-abn+ban),
    soit (-1)n+1u-n=un+(u0/r)(bn(b-a)-an(a-b)),
    et comme a-b=r, on obtient (-1)n+1u-n=un-u0Ln, soit u-n=(-1)n+1(un-u0Ln) .

    On en déduit :
    si u0=0, u-n=(-1)n+1un
    si 2u1=u0 alors a=b=u1 (voir P4) et un=u1(an+bn)=u1Ln,d'où u-n=(-1)n+1(un-u0un/u1)=(-1)n+1(un-2un)=(-1)nun ; bien sûr ce calcul est licite que si u1 est non nul, mais si u1=0, alors u0 est aussi nul, et donc la suite (u) est telle que pour tout n dans Z, un=0 et le résultat est encore vrai.

    preuve de P5.4
    Puisque a=el, b=-1/a=-e-l.
    F2n=(1/Ö5)(a2n-b2n)=(1/Ö5)(e2nl-(-1)2ne-2nl)=(1/Ö5)(e2nl-e-2nl)=(2/Ö5)sinh(2nl)

    F2n+1=(1/Ö5)(a2n+1-b2n+1)=(1/Ö5)(e(2n+1)l-(-1)2n+1e-(2n+1)l)=(1/Ö5)(e(2n+1)l+e-(2n+1)l)=(2/Ö5)cosh((2n+1)l)

    Les résultats relatifs à L2n et L2n+1 s'obtiennent de façon identique à partir de Ln=an+bn.

    Exercice 3
    1) Posons vn=unxn=(aan+bbn)xn et cherchons le rayon de convergence de cette série entière ; on sait que pour n assez grand un est non nul et que limn->+¥un+1/un=a, donc limn->+¥|un+1/un|=a et ainsi le rayon de convergence de cette série est 1/a=|b|.
    Pour |x|<|b| on a

    En ajoutant membres à membres ces trois égalités on obtient (1-x-x2)G(x)=u0+(u1-u0)x+0x2+0x3+..., et donc G(x)=(u0+(u1-u0)x)/(1-x-x2) (pour |x|<|b|, 1-x-x2 est non nul, puisque cette expression ne s'annule que pour a et b, dont les valeurs absolues ne sont pas strictement inférieures à |b|).
    Un autre moyen de déterminer G(x) est d'utiliser la formule de Binet : unxn=a(ax)n+b(bx)n, qui est une somme de deux séries géométriques (puisque a et b sont non nuls) de rayons respectifs de convergence 1/|a|=|b| et 1/|b|=a ; le plus petit de ces rayons de convergence est |b| qui est donc le rayon de convergence de la série somme, et on a alors pour |x|<|b|,
    G(x)=a/(1-ax)+b/(1-bx)=(a+b-(ba+ab)x)/(1-x-x2), cela en utilisant deux fois 1+z+z2+z3+....=1/(1-z) pour |z|<1.
    On vérifie tout de suite que a+b=u0 (en fait cela a déjà été vu à P4) et -ba-ab=b(b-1)+a(a-1)= aa+bb-(a+b)=u1-u0.

    Dans le cas b=0, a¹0, vn=a(ax)n est une série géométrique de raison ax et donc de rayon de convergence 1/|a|=|b| et de somme G(x)=a/(1-ax)=u0/(1-ax).

    Dans le cas a=0, b¹0, vn=b(bx)n est une série géométrique de raison bx et donc de rayon de convergence 1/|b|=a et de somme G(x)=b/(1-bx)=u0/(1-bx).

    En fait si b=0, G(x)=(u0+(u1-u0)x)/(1-x-x2) se simplifie en G(x)=u0/(1-ax) et si b=0, G(x)=(u0+(u1-u0)x)/(1-x-x2) se simplifie en G(x)=u0/(1-bx). En effet :

    si b=0 on a u1-u0=-ab=-u0b et ainsi
    (u0+(u1-u0)x)/(1-x-x2)=u0(1-bx)/((ax-1)(bx-1))=u0/(1-ax)
    si a=0 on a u1-u0=-ba=-u0a et ainsi
    (u0+(u1-u0)x)/(1-x-x2)=u0(1-ax)/((ax-1)(bx-1))=u0/(1-bx).
    2) On développe le produit (1-x-x2)(u0+u1x+...+unxn), et compte-tenu de la relation uk+uk+1=uk+2, on obtient tout de suite (1-x-x2)(u0+u1x+...+unxn)=u0+(u1-u0)x-un+1xn+1-unxn+2
    1-x-x2 étant nul que pour x=-a ou x=-b (donc le second membre est aussi nul pour ces deux valeurs de x, ce qu'on peut vérifier par un calcul direct en utilisant la formule de Binet pour un et un+1 : voir note ci-dessous), pour x différent de -a et -b on peut diviser les deux membres par 1-x-x2 et on obtient (u0+u1x+...+unxn)=(u0+(u1-u0)x-un+1xn+1-unxn+2)/(1-x-x2)

    Pour retrouver P6.1, on suppose |x|<|b|=1/a (donc x est bien différent de -a et de -b) et on fait tendre n vers l'infini dans la relation qui vient dêtre trouvée.
    Cf Binet,unxn=a(ax)n+b(bx)n, et puisque |ax|<1, |bx|<|b|2<1, unxn tend vers 0 (c'est une somme de deux termes qui tendent vers 0), et donc il en est de même pour un+1xn+1 et unxn+2=unxnx2, et ainsi le membre de droite tend vers (u0+(u1-u0)x)/(1-x-x2), ce qui redonne P6.1.

    Note : retrouvons par un calcul direct que u0+(u1-u0)x-un+1xn+1-unxn+2 est bien nul pour x=-a.
    On obtient alors (voir P4 pour a et b)
    u0+(u1-u0)(-a)+(-1)n(aa2n+2+b(ab)n+1)-(-1)n(aa2n+2+b(ab)na2)
    =u0+(u1-u0)(-a)-b-ba2, puisque ab=-1
    =a+(ab+ba)a-ba2, puisque u0=a+b et u1-u0=a(a-1)+b(a-1)=-ab-ba
    =a+a(-1)=0

    3) En posant r=1/Ö5, on a F2nxn=r(a2x)n-(b2x)n), différence de deux suites géométriques, qui convergent toutes les deux si et seulement si |a2x|<1 et |b2x|<1, ce qui équivaut à |x|<b2, puisque ab=-1, |b|<a.
    Donc, pour |x|<b2, H(x)=Sn=0+¥F2nxn=r(1/(1-a2x)-1/(1-b2x)), ce qui donne, puisque a2+b2=(a+b)2-2ab=1+2=3 et a2-b2=(a-b)(a+b)=1/r,
    H(x)=x/(1-3x+x2).

    F2n+1xn=r(a(a2x)n-b(b2x)n),
    d'où, pour |x|<b2, K(x)=Sn=0+¥F2n+1xn=r(a/(1-a2x)-b/(1-b2x))=r(a-b+ab(a-b)x)/(1-3x+x2), soit
    K(x)=(1-x)/(1-3x+x2).

    Remarque : autre façon d'obtenir K(x), en utilisant H(x).
    H(x)+K(x)=Sn=0+¥(F2n+F2n+1)xn=Sn=0+¥F2n+2xn, et donc
    x(H(x)+K(x))=Sn=0+¥F2(n+1)xn+1=H(x)-F0=H(x), soit xK(x)=(1-x)H(x).

    (Fn)2xn=(1/5)((a2x)n+(b2x)n-2(-x)n) ; on a cette fois une somme de trois séries géométriques qui convergent toutes les trois si et seulement si |x|<b2 (min des trois rayons de convergence),
    d'où, pour x<|b|2, L(x)=Sn=0+¥(Fn)2xn=(1/5)(1/(1-a2x)+1/(1-b2x)-2/(1+x))=(1/5)((2-3x)/(1-3x+x2)-2/(1+x)), soit
    L(x)=(x-x2)/((1+x)(1-3x+x2)).

    Remarque : autre façon d'obtenir L(x) en utilisant K(x) et la relation 3 de P8.
    En effet, cette relation 3 donne :
    pour tout n³1, (Fn-1)2xn+(Fn)2xn=F2n-1xn, et donc par sommation, à partir de n=1, xL(x)+L(x)-(F0)2=F1x+F3x2+ ... =xK(x), soit (1+x)L(x)=xK(x).

    4) On remplace dans la relation P6.2, uk par Lk et x par eiq (quantité bien différente de -a et -b pour tout réel q) et on obtient, en posant A=Sk=0nLkcos(kq) et B=Sk=0nLksin(kq),
    A+iB=U/V avec


    On peut retrouver ce résultat en remarquant que A+iB=Sk=0n((aeiq)k+(beiq)k), somme de deux suites géométriques.

    Le conjugué de V est W=1-e-iq-e-2iq et V×W=3-2cos(2q), ce qui donne A+iB=W×U/(3-2cos(2q)).
    En développant (courageusement...), et en conservants "tels quels" Ln et Ln+1, on obtient

    Quelques vérifications :

    si q=0 alors
    • A=-1+Ln+1+Ln=-1+Ln+2, en accord avec la question 3) de l'exercice 1
    • B=0, ce qui est normal puisque dans ce cas B est une somme de termes tous nuls

    si n=1
    • A=(1/(3-2cos(2q)))(3-2cos(q)-2cos(2q)+3(1+cos(q)-cos(2q))+(cos(q)+cos(2q)-cos(3q)))
      A=(1/(3-2cos(2q)))(6+2cos(q)-4cos(2q)-cos(3q))
      Mais cos(3q)=cos(2q)cos(q)-sin(2q)sin(q) et sin(2q)sin(q)=2sin2(q)cos(q)=(1-cos(2q)cos(q), et donc
      A=(1/(3-2cos(2q)))(6+3cos(q)-4cos(2q)-2cos(2q)cos(q)=(1/(3-2cos(2q)))(2(3-2cos(2q))+cos(q)(3-2cos(2q))=2+cos(q)=L0+L1cos(q)!
    • B=(1/(3-2cos(2q)))(2sin(2q)+3(sin(q)-sin(2q))+(sin(q)+sin(2q)-sin(3q)))
      B=(1/(3-2cos(2q)))(4sin(q)-sin(3q))
      Là encore, on transforme sin(3q) en sin(2q)cos(q)+cos(2q)sin(q) puis sin(2q)cos(q)=2sin(q)(1+cos(2q))/2, ce qui donne
      B=(1/(3-2cos(2q)))(3sin(q)-2sin(q)cos(2q))=sin(q)=L0+L1sin(q)!

    Exercice 4

    1) On applique P6.1 : Sn=0+¥Fnxn=x/(1-x-x2) et on fait x=1/2 (F0=0).

    2) On dérive l'identité précédente (on peut dériver termes à termes une série entière à l'intérieur de l'intervalle de convergence), ce qui donne : Sn=1+¥nFnxn-1=(1+x2)/(1-x-x2)2, puis on fait x=1/2, et on divise des deux côtés par 2.

    3) On applique P6.1 : Sn=0+¥Lnxn=(2-x)/(1-x-x2) et on fait x=1/2.

    4) 1/89=0,01123599550... : les six premiers chiffres de ce développement décimal sont exactement les six premiers termes de la suite de Fibonnacci : 0,1,2,3,5 ; par contre après 5 on n'a pas 8 mais 9.
    L'explication vient encore de la fonction génératrice : en faisant x=1/10 dans Sn=0+¥Fnxn+1=x2/(1-x-x2), on obtient 1/89=F1/100+F2/1000+F3/10000+F4/100000+F5/1000000+F6/10000000+......
    soit 1/89=0,011235+F6/107+F7/108+....
    Or si F6/107=0,0000008, ce 8 ne vient pas se mettre après le 5 car ensuite arrive F7/108=0,00000013 qui ajouté au précédent donne 0,00000093, ce qui explique le 9 après le 5.
    Mais on peut tout de même se poser la question de savoir si l'ajout de A=Sk=6+¥Fk/10k+1 à 0,011235=Sk=05Fk/10k+1 ne va pas modifier les décimales de ce dernier! (cette question est parfois passée sous silence...).
    En fait il n'en est rien car A<10-6.
    A=10-6(u6+u7+.....), avec un=Fn/10n-5. On observe que un+1/un=(1/10)Fn+1/Fn<1/5, car Fn+1=Fn+Fn-1<2Fn, pour n³3 (voir exercice 1, Q6).
    Donc A<10-6u6(1+(1/5)+(1/5)2+...)=10-6(F6/10)(1/(1-1/5))=10-6.

    5) 1/9899=0,000101020305081321345590... : si on découpe en tranches de deux chiffres les chiffres de ce développement décimal, on obtient exactement les onze premiers termes de la suite de Fibonacci, mais là aussi, après 55=F10, on n'a pas comme chiffres suivants 8 et 9 (89=F11) mais 9 et 0
    L'explication vient toujours de la fonction génératrice : en faisant x=1/100 dans Sn=0+¥Fnxn+1=x2/(1-x-x2), on obtient 1/9899=F1/104+F2/106+...+F10/1022+F11/1024+F12/1026+...
    soit 1/9899=0,0001010203050813213455+F11/1024+F12/1026+....
    Or si F11/1024=0,000000000000000000000089, ce 89 ne vient pas se mettre après le 55 car ensuite arrive F12/1026=0,000000000000000000000000144 qui ajouté au précédent donne 0,00000000000000000000009044, ce qui explique le 9 après le 55.
    Montrons là aussi que l'ajout de A=Sk=11+¥Fk/102k+2 à 0,0001010203050813213455=Sk=010Fk/102k+2 ne va pas modifier les décimales de ce dernier.
    A=10-22(u11+u12+.....), avec un=Fn/102n-20. On observe que un+1/un=(1/100)Fn+1/Fn<1/50.
    Donc A<10-22u11(1+(1/50)+(1/50)2+...)=10-22(F11/100)(1/(1-1/50))=10-22(89/98)<10-22.

    Exercice 5
    1) un=Fn+Ln et vn=2Fn+1 sont deux suites de Fibnacci cf le 2) de P3 ; or u0=0+2=2=2F1=v0, et u1=1+1=2=2F2=v1, et donc cf le 1) de P3, les suites (u) et (v) sont égales.

    2) cf 1), Ln=2Fn+1-Fn=2Fn+1-(Fn+1-Fn-1)=Fn-1+Fn+1

    3) Posons pour n entier naturel un=Ln+Ln+2 et vn=5Fn+1 : ce sont deux suites de Fibonacci, cf le 2) de P3. Or u0=2+3=5=5F1=v0 et u1= 1+4=5=2F2=v1, et cf le 1) de P3, les suites (u) et (v) sont égales.

    4) cf 2), (Fn+Fn+2)+(Fn+1+Fn+3)=Ln+1+Ln+2=Ln+3.

    5) On procéde par récurence : posons Sn=S0£i£n2iLi.

    Exercice 6
    1) On utilise la formule de Binet : un=aan+bbn, avec a=(-bu0+u1)/Ö5 et b=(au0-u1)/Ö5.
    (un)2=a2a2n+b2b2n+2ab(-1)n, car ab=-1.
    un-1un+1=a2a2n+b2b2n+aban-1bn+1+ aban+1bn-1, d'où
    (un)2-un-1un+1=2ab(-1)n-ab(ab)n-1(a2+b2) ; mais a2+b2=(a+b)2-2ab=1-2×(-1)=3, et
    (un)2-un-1un+1=2ab(-1)n-3ab(-1)n-1=5ab(-1)n.
    Il ne reste plus qu'à remplacer a et b par leurs valeurs en fonction de u0 et u1.

    2) Application immédiate du 1).
    On peut aussi utiliser la matrice A de la remarque 2 de P4 : en effet, Fn-1Fn+1-Fn2 n'est autre que le déterminant de la matrice An, donc Fn-1Fn+1-Fn2=|det(A)|n=(-1)n.

    On en déduit qu'il existe deux entiers relatifs u et v (dépendants de n) tels que uFn-1+vFn=1, donc d'après cette relation de Bezout, Fn-1 et Fn sont premiers entre eux (leurs diviseurs communs sont -1 et 1), et on retrouve le résultat de l'exercice 1.
    Remarque : si on applique 1) à la suite de Lucas on obtient (Ln)2-Ln-1Ln+1=5(-1)n, qui ne donne pas cette fois une relation de Bezout entre Ln-1 et Ln. Cependant ils sont bien premiers entre eux, cf exercice 1.

    Pour établir la formule de Catalan, je reviens à Binet (rappel ab=-1) :
    (Fn)2-Fn-pFn+p=(a2n+b2n-2(-1)n)/5-(an-p-bn-p)(an+p-bn+p)/5=(-2(-1)n+an+pbn-p+an-pbn+p)/5
    =(-1)n(-2+(a/b)p+(b/a)p)/5=(-1)n(-2+(a2p+b2p)/(-1)p)/5=(-1)n-p(-2(-1)p+a2p+b2p)/5, expression qui est bien égale à (-1)n-p(Fp)2.

    3) Fn=(1/Ö5)(an-bn) donne
    (Fn)2+(Fn+1)2=(1/5)(a2n+ b2n-2(ab)n+ a2n+2+b2n+2-2(ab)n+1)=(1/5)(a2n(1+a2)+ b2n(1+b2))=(1/5)(a2n (2+a)+b2n(2+b)),
    (Fn)2+(Fn+1)2=(1/5)(a2n(5+Ö5)/2+b2n(5-Ö5)/2)=1/(Ö5)(a2n(Ö5+1)/2+b2n(Ö5-1)/2)=(1/Ö5) (a2n+1-b2n+1)=F2n+1.
    Par exemple (F3)2+(F4)2=F7, ce qu'on vérifie puisque F3=2, F4=3 et F7=13.

    Remarque : (F1)2+(F2)2+(F3)2=1+1+4=6, qui n'est pas un terme de (F) : on ne peut pas linéariser (Fn)2+(Fn+1)2+(Fn+2)2.
    En fait (F1)2+(F2)2+(F3)2=F2F3 : voir la relation 14) ci-après.

    Pour la 2ième formule, il suffit d'utiliser deux fois le 2) : (Fn)2=Fn-1Fn+1+(-1)n-1 et (Fn+1)2=FnFn+2+(-1)n, ce qui donne la formule voulue par ajout membres à membres.

    4) Fn+2Fn-1=(Fn+1+Fn)(Fn+1-Fn)=(Fn+1)2-(Fn)2.

    Pour la 2ième relation, on va utiliser Binet :
    (Fn+1)2-(Fn)2=((an+1-bn+1)2-(an-bn)2)/5 =(a2n+2+b2n+2-2(ab)n+1-a2n-b2n+2(ab)n)/5=(a2n(a2-1)+b2n(b2-1)+4(-1)n)/5=(L2n+1+4(-1)n)/5.
    Cette formule prouve que 5 divise L2n+1+4(-1)n, cad L2n+1º-4(-1)n (5) ; mais -4º1 (5) et ainsi L2n+1º(-1)n (5).

    5) Posons, pour n³2, wn=Fn-2Fn+2-Fn-1Fn+1.
    wn+1=Fn-1Fn+3-FnFn+2= Fn-1(Fn+2+Fn+1)-(Fn-1+Fn-2)(Fn+1+Fn).
    wn+1=Fn-1(Fn+2-Fn)-Fn-2(Fn+1+Fn)= Fn-1Fn+1-Fn-2Fn+2=-wn.
    Donc wn=(-1)n-2w2 ; comme w2=-F1F3=-2, on obtient wn=-2(-1)n-2=2(-1)n-1.

    6) On élève 2) au carré : (Fn)4=(Fn-1Fn+1+(-1)n-1)2= (Fn-1)2(Fn+1)2+1+2(-1)n-1Fn-1Fn+1, et on applique 5) pour transformer le 2(-1)n.
    (Fn)4=(Fn-1)2(Fn+1)2+1+Fn-1Fn+1(Fn-2Fn+2-Fn-1Fn+1)=Fn-2Fn-1Fn+1Fn+2

    7) La formule de Binet donne tout de suite

    (Ln)2=a2n+b2n+2(ab)n=L2n+2(-1)n
    (Fn)2=(1/5)(a2n+b2n-2(ab)n)=(1/5)(L2n-2(-1)n)
    D'où par ajout on obtient (Ln)2+5(Fn)2=2L2n et par différence, (Ln)2-5(Fn)2=4(-1)n, soit 5(Fn)2+4(-1)n==(Ln)2.
    Et aussi, (Ln)2-4(-1)n est divisible par 5, soit (Ln)2º4(-1)n (5) et comme 4º-1 (5), (Ln)2º(-1)n+1 (5).

    8) F2n=(1/Ö5)(a2n-b2n)= (1/Ö5)(an-bn)(an+bn) =FnLn=Fn(5(Fn)2+4(-1)n)1/2.

    9) Du résultat précédant on tire F8n=F4n(5(F4n)2+4)1/2 et F4n=F2n(5(F2n)2+4)1/2.
    Donc 5(F4n)2+4=5((F2n)2(5(F2n)2+4))+4= 25(F2n)4+20(F2n)2+4=(5F2n+2)2, et ainsi F8n=F4n(5(F2n)2+2).
    Par exemple F16=F8(5(F4)2+2)=21(5×32+2)=987, et donc
    F32=F16(5(F8)2+2)=987(5×212+2)=2178309,
    F64=F32(5(F16)2+2)=217809(5×9872+2)=2178309×4870847=10610209857723.

    10) Pour prouver que pour pour tous les entiers naturels n et p (p non nul), Fn+p=Fn+1Fp+FnFp-1, on va faire une récurrence sur p, n étant fixé.

    Pour la 2ième égalité, il suffit de remarquer que Fn+1Fp+FnFp-1=Fn+1(Fp+1-Fp-1)+(Fn+1-Fn-1)Fp-1=Fn+1Fp+1-Fn-1Fp-1.

    11) FnFp=(1/5)(an-bn)(ap-bp)= (1/5)(an+p-anbp-apbn+bn+p), d'où
    Fn+aFp-a=(1/5)(an+p-an+abp-a-ap-abn+a+bn+p), et
    FnFp-Fn+aFp-a=(1/5)(-anbp-apbn+an+abp-a+ap-abn+a)
    On remarque alors que si dans chacun des quatre termes de la parenthèse on remplace n par n-b et p par p-b, chacun de ces termes est multiplié par a-bb-b=(ab)-b=(-1)-b=(-1)b, et donc
    FnFp-Fn+aFp-a=(-1)b(Fn-bFp-b-Fn-b+aFp-b-a).

    12) On fixe p et on fait un récurrence sur n, à partir de n=p :

    13) Une récurrence immédiate donne le résultat.
    En effet, en posant Sn=S1£k £nF2k-2F2k-1+F2k-1F2k :

    14) Là aussi une récurrence immédiate donne le résultat.
    En effet, en posant Sn=S1£k £n(Fk)2 :

    15) Les deux premières relations sont des applications immédiates de la formule de Binet :
    FmLn+LmFn=(1/Ö5)((am-bm)(an+bn)+(am+bm)(an-bn))=(1/Ö5)(2am+n-2bm+n)=2Fm+n

    5FmFn+LmLn=(am-bm)(an-bn)+(am+bm)(an+bn))=2am+n+2bm+n=2Lm+n

    En changeant n en -n, ces deux formules donnent les deux suivantes, puisque cf P5.3, on a F-n=(-1)n+1Fn et L-n=(-1)nLn.

    Les trois dernières relations s'obtiennent par ajout membre à membre (avec coefficients multiplicateurs bien choisis) de deux des quatre premières relations.
    Par exemple, Lm+n-(-1)nLm-n=(5FmFn+LmLn)/2-(-1)n(-1)n(LmLn-5FmFn)/2=10FmFn/2=5FmFn (bien entendu on peut aussi utiliser Binet).

    Applications :

    Exercice 7
    1)a
    |wn+1/wn|=|un/un+2|, qui a pour limite (cf le 3) de P5.1), lorsque n tend vers +¥, |1/a|2=b2<1, ce qui prouve l'absolue convergence de la série wn.
    Le 1) de P8 donne (un)2-un-1un+1=5ab(-1)n, avec 5ab=(u0)2-(u1)2+u0u1. Vu l'hypothèse faite sur a et b, le coefficient 5ab est non nul : notons le 1/C.
    On a alors C((un+1)2-unun+2)/(unun+1)=(-1)n+1/(unun+1), soit
    (-1)n-1/(unun+1)=C(vn-vn+1) avec vn=un+1/un, et ainsi Sn=kN (-1)n-1/(unun+1)=C(vk-VN+1) ; en faisant tendre N vers +¥ on obtient
    Sn=k+¥ (-1)n-1/(unun+1)=(1/((u0)2-(u1)2+u0u1))(uk+1/uk-a).

    1)b
    Pour la suite (F), on a F0=0, F1=1, k=1 et ainsi Sn=1+¥ (-1)n-1/(FnFn+1)=-(F2/F1-a)=a-1.
    Pour la suite (L), on a L0=2, L1=1, k=0 et ainsi Sn=0+¥ (-1)n-1/(LnLn+1)=(1/5)(L1/L0-a)=(1-2a)/10.

    2) Le dfc du nombre d'or est constitué que de 1 :

    a=1+1/(1+1/(1+1/(1+1/(1+1/(...))))

    et si Pn/Qn est sa réduite d'ordre n, on a notamment En fait pour tout n³2 on a Comme Q0=Q1=1, c'est que pour tout n³0 on a Qn=Fn+1, alors que Pn=Fn+2 (puisque P0=1 et P1=2) ;
    Or (cela résulte d'une propriété générale sur les dfc) a=1+Sn=1+¥ (-1)n-1/(QnQn-1), et donc
    a=1+Sn=1+¥ (-1)n-1/(FnFn+1), ce qui redonne le 1er résultat de 1)b.

    Remarque : un autre résultat sur les dfc dit que Pn/Qn a pour limite a lorsque n tend vers +¥, cela en oscillant autour de a : comme Pn/Qn=Fn+2/Fn+1, on retrouve alors la remarque 2 de P5.1

    3) 1/(FnFn+2)=(Fn+2-Fn)/(FnFn+1Fn+2)=1/(FnFn+1)-1/(Fn+1Fn+2)=vn-vn+1, avec vn=1/(FnFn+1).
    D'où Sn=1+¥ 1/(FnFn+2)=v1-0=1/(F1F2)=1.

    Exercice 8
    1) On va utiliser la relation 11 de P7 :
    FnFp-Fn+aFp-a=(-1)b(Fn-bFp-b-Fn-b+aFp-b-a), en prenant b=p-a, ce qui donne, puisque F0=0
    FnFp-Fn+aFp-a=(-1)p-a(Fn-p+aFa), pour n³0, p³a³0, n+a³p (pour que tous les indices soient ³0).
    Prenons maintenant n=2q+k-2q, p=2q+k-1, a=2q, avec k³1 (qui assure que p³a ; par ailleurs on a bien n³0, a³0, n+a³p).
    On notera que p-a=2q(2k-1-1) est toujours pair, car q³1.
    On a donc F(2q+k-2q)F(2q+k-1)-F(2q+k)F(2q+k-1-2q)=F(2q+k-2q+k-1)F(2q), et en divisant les deux membres par F(2q+k)F(2q+k-1), on obtient (puisque 2q+k-2q+k-1=2q+k-1)
    (F(2q+k-2q))/(F(2q+k))-(F(2q+k-1-2q))/(F(2q+k-1))=(F(2q))/(F(2q+k)), soit en posant rk=(F(2q+k-2q))/(F(2q+k)),
    rk-rk-1=(F(2q))/(F(2q+k)) ; une sommation évidente donne alors
    Sk=1K (F(2q))/(F(2q+k))=rK-r0=rK ; or 1/rK=(F((2q+K-2q)+2q))/(F(2q+K-2q)), dont la limite, lorsque K tend vers +¥ est ae, avec e=2q, d'après P5.1.
    Ce qui donne bien Sk=1+¥ (F(2q))/(F(2q+k))=1/(ae).

    2) On utilise ce qui vient d'être fait, mais en faisant attention, car cette fois p-a=2k-1-1 est impair, sauf pour k=1 et donc
    cette fois on n'a pas toujours rk-rk-1=1/(F(2k)), mais rk-rk-1=-1/(F(2k)), sauf pour k=1 où il n'y a pas le signe moins, ce qui donne
    Sk=1K1/(F(2k))=r1-r0 -(r2-r1)-(r3-r2)+...-(rK-rK-1)= 2r1-r0-rK=2F1/F2-rK ; et cette fois 1/rK=(F(2k))/(F(2k-1)), dont la limite lorsque K tend vers +¥ est a et finalement
    Sk=1+¥ 1/(F(2k))=2-1/a=2+b=(5-Ö5)/2

    Voici une autre façon de prouver cette formule :

    Exercice 9
    1) Posons dn=a(Fn+1)-(Fn+1+1). On a :
    dn=(a/Ö5)(an-bn)+a-(1/Ö5)(an+1-bn+1)-1= (1/Ö5)(-abbn-1+aÖ5+bn+1-Ö5) ; or ab=-1, donc dn=(1/Ö5)(aÖ5-Ö5+bn-1+bn+1)=a-1+(1/Ö5)bn-1(1+b2).
    Mais (1+b2)/Ö5=(2+b)/Ö5=(5-Ö5)/(2Ö5)=-b, ce qui donne
    dn=-b-bn, cela pour tout entier naturel n.

    d0=-b-1=a-2 (c'est bien a(F0+1)-(F1+1)) : d0<0, donc d0Ï[0;1[
    d1=-2b=-2+2a (c'est bien a(F1+1)-(F2+1)) : d1>1, donc d1Ï[0;1[
    d2=-b-b2=-1-2bÎ[0;1[
    (Rappel : a=1,61803..., b=-0,61803... et a, b sont les deux solutions de x2+x+1=0)
    En fait, puisque b3=-0,23606..., et que |b|<1, c'est que "n³3, on a |bn|<0,237 et ainsi pour n³3,
    dnÎ]-b-0,237;-b+0,237[Ì[0;1[.
    Finalement pour n³2, a(Fn+1)=Fn+1+1+dn avec dnÎ[0;1[ : donc E(a(Fn+1))=Fn+1+1, cela par définition de la partie entière.
    Par contre, pour n=0 ou 1, ce résultat est faux puisque l'on a vu que d0 et d1 ne sont pas dans [0;1[.

    Remarque : ce résultat permet de retrouver que limn->+¥Fn+1/Fn=a (voir P5.1).
    En effet pour n³2, il permet d'écrire Fn+1+1£a(Fn+1)<Fn+1+2, ce qui donne, en divisant par Fn, a(1+1/Fn)-2/Fn<Fn+1/Fn£a(1+1/Fn)-1/Fn. Et, lorsque n tend vers +¥, les membres de gauche et de droite de cette double inégalité tendent vers a : il en est donc de même pour le terme central Fn+1/Fn (cf théorème des gendarmes, ou selon les goûts, théorème des sandwichs).

    2)F0=0 est bien l'entier le plus proche de a0/Ö5@0,45.
    Puisque |b|<0,62 alors, pour tout entier naturel n non nul on a |b|n<0,62, donc -0,28<-bn/Ö5<0,28 et finalement
    an/Ö5-0,28<Fn<an/Ö5+0,28. D'où, pour n entier naturel non nul

    Ceci prouve que Fn est l'entier le plus proche de an/Ö5.

    3) L0=2 n'est pas l'entier le plus proche de a0=1,
    et L1=1 n'est pas l'entier le plus proche de a1@1,6.
    Mais pour un entier naturel n³2, on a |b|n£|b|2<0,384 et ainsi
    -0,384<bn<0,384, soit an-0,384<Ln<an+0,384.
    D'où pour n entier naturel³2

    Ceci prouve que Ln est l'entier le plus proche de an.

    Exercice 10
    1) si p=0, n doit être non nul et dans ce cas la relation demandée est vraie, car pgcd(Fn,F0)=Fn=pgcd(Fn,Fn+0).
    On suppose maintenant que p est non nul et on utilise la relation 10 de P7 :
    pour tous les entiers naturels n et p (p non nul), Fn+p=Fn+1Fp+FnFp-1
    Soit d un entier non nul quelconque

    si d divise Fn et Fp, il divise alors Fn et Fn+p ;
    réciproquement, si d divise Fn et Fn+p, alors il divise Fn et aussi Fn+1Fp ; mais d est obligatoirement 1er avec Fn+1 (sinon d et Fn+1 auraient un diviseur commun autre que -1 ou 1, et comme d divise Fn, ce diviseur serait diviseur commun à Fn et Fn+1 et Fn et Fn+1 ne seraient pas 1er entre eux, ce qui est faux d'après la question 3 de l'exercice 1) : le théorème de Gauss dit alors que d divise Fp.
    Donc les diviseurs de Fn et Fn+p sont les mêmes que ceux de Fn et Fn+p : et ainsi pgcd(Fn,Fp)=pgcd(Fn,Fn+p).

    Passons maintenant à la preuve de la relation pgcd(Fn,Fp)=Fpgcd(n,p).
    Si n=0 ou p=0, la relation demandée est évidemment vraie, puisque, par exemple, pgcd(0,Fp)=Fp=Fpgcd(0,p).
    Supposons maintenant n et p non nuls ; la division euclidienne de p par n donne p=qn+r avec 0£r<n.
    L'application du résultat ci-dessus (vrai pour tous les entiers naturels n et p, non nuls tous les deux), donne alors successivement :
    pgcd(Fn,Fr)=pgcd(Fn,Fn+r)=pgcd(Fn,F2n+r)=...=pgcd(Fn,Fqn+r)=pgcd(Fn,Fp), c'est-à-dire

    pgcd(Fp,Fn)=pgcd(Fn,Fr), avec r reste de la division de p par n, donc, en "continuant" :
    pgcd(Fn,Fr)=pgcd(Fr,Fr_1), avec r_1 reste de la division de n par r, donc
    pgcd(Fr,Fr_1)=pgcd(Fr_1,Fr_2), avec r_2 reste de la division de r par r_1, donc
    ....etc ,
    jusqu'à arriver à un dernier reste r_k nul ; bien sûr, on aura remarqué que les divisions faites sont celles de l'algorithme d'Euclide pour rechercher le pgcd de n et p.
    On obtient donc pgcd(Fn,Fp)=pgcd(Fr_(k-1),F0)=Fr_(k-1), puisque F0=0.
    Et comme r_(k-1)=rk-1 est le dernier reste non nul dans l'algorithme d'Euclide pour le pgcd de n et p, c'est que rk-1=pgcd(n,p) et donc pgcd(Fn,Fp)=Fpgcd(n,p).

    Si p (non nul) divise n, pgcd(n,p)=p et le résultat ci-dessus donne pgcd(Fn,Fp)=Fp et donc Fp divise Fn.
    Si Fp divise Fn (avec p³3), pgcd(Fn,Fp)=Fp, donc Fp=Fpgcd(n,p), donc, puisque p³3, p=pgcd(n,p) et p divise n (Remarque : tous les termes de la suite (F) sont distincts sauf F2 et F1, ce qui explique pourquoi le résultat est faux si p=2).

    Une conséquence immédiate de ce dernier résultat est que si n est distinct de 4 et si Fn est premier (donc nécessairement n=3 ou n³5), nécessairement n est aussi premier.

    Pour n=3 le résultat est évidemment vrai ; on se place mantenant dans le cas où n³5 : si n n'était pas premier, n=pq, avec p et q supérieurs ou égaux à 2 et (donc) distincts de n ; Fp et Fq ne peuvent être tous les deux égaux à 1, car cela voudrait dire p=q=2 et n=4 ; supposons que Fp soit distinct de 1 ; comme il divise Fn et que par ailleurs il est distinct de Fn (car Fn=Fp exige p=n, puisque n³5), donc Fn ne serait pas premier.

    Pour le pgcd de Fn et Ln on va utiliser la relation 4=(-1)n((Ln)2-5(Fn)2) (voir 7 de P8), qui prouve que si d (>0) divise Fn et Ln, alors d2 divise 4 donc d=1 ou 2, et donc le pgcd de Fn et Ln est 1 ou 2.
    Ce sera 2 si et seulement si ces deux nombres sont divisibles par 2, soit si et seulement si 3 divise n (voir Q6)c de l'exercice 1).

    2) L'application de l'algorithme d'Euclide à Fn+2 et Fn+1 est immédiate :

    Fn+2=Fn+1+Fn (il s'agit bien de la division euclidienne de Fn+2 par Fn+1 : le quotient est 1, le reste Fn)
    Fn+1=Fn+Fn-1
    .
    .
    .
    F4=F3+F2
    F3=2F2+0 (là, le quotient est 2, et le reste est 0)
    Le dernier reste non nul est F2=1, donc le pgcd est 1 (ce n'est pas une surprise...) et cela a demandé exactement n itérations.
    On remarquera aussi, que la suite des n quotients est (1,1,1,...,1,2) : il y n-1 fois le quotient 1.
    Remarque :
    on peut vérifier que c'est bien vrai pour n=1, la seule division à faire étant celle de F3 par F2,F3=2F2, qui donne tout de suite un reste nul, et le pgcd est F2=1.
    Par contre si n=0, le résultat n'est plus vrai, car théoriquement il faut faire la division de F2 par F1.

    3) On écrit l'algorithme d'Euclide avec n itérations :

    a=bq1+r2, 0£r2<b
    b=r2q2+r3, 0£r3<r2
    r2=r3q3+r4, 0£r3<r4
    .
    .
    .
    rn-2=rn-1qn-1+rn, 0£rn<rn-1
    rn-1=rnqn.
    Si n=1, il y a juste la division a=bq1 ; en fait pour ce cas comme b³1, c'est que b³F2, et comme a³2, c'est que a³F3.
    On va généraliser cela dans le cas n³2.
    Les quotients q1, q2, ..., qn-1 sont tous ³1, mais qn³2, car qn=1 entraîne rn=rn-1, ce qui est faux.
    On peut alors faire les minorations successives suivantes : rn³1=F2, puisque rn n'est pas nul
    rn-1³2rn³2F2=F3
    rn-2³rn-1+rn³F3+F2=F4
    rn-3³rn-2+rn-1³F4+F3=F5
    .
    .
    .
    r2³r3+r4³Fn-1+Fn-2=Fn
    b³r2+r3³Fn+Fn-1=Fn+1
    a³b+r2³Fn+1+Fn=Fn+2
    Et donc, pour n³2, a³Fn+2 et b³Fn+1, inégalités encore vraies pour n=1 (cf ci-dessus).
    Or on a vu , c'est le résultat précédent, que l'algorithme d'Euclide pour la recherche du pgcd de Fn+1 et Fn+2 (n entier naturel non nul) se fait exactement en n itérations : donc le plus petit a cherché est Fn+2, le plus petit b correspondant étant Fn+1.

    3) A partir de a³Fn+2 et b³Fn+1 (cf la démonstration ci-dessus) et du fait que pour tout n³2, Fn³an-2 (voir question 6 de l'exercice 1), on obtient n£lna/lna et n£lnb/lna+1.

    Exercice 11
    Parmi F0, F1, F2, F3, F4, les seuls qui soient des puissances entières de 3 sont évidemment F1=1, F2=1, et F4=3.
    Montrons que si n³5, Fn ne peut être une puissance entière de 3.
    Si c'était le cas, puisque Fn³5, on aurait Fn=3k avec k³2, et donc 9 diviserait Fn ; comme 9 est la plus grande puissance de 3 qui divise 144=F12, c'est que l'on aurait pgcd(Fn,F12)=9, soit, cf le 1) de P9, Fpgcd(n,12)=9 et donc 9 serait un terme de la suite (F), ce qui esf faux.

    Exercice 12
    1) Preuve du théorème de Hogatt
    Les entiers 1 et 2 sont bien sommes de termes distincts de la suite (F), F0 et F1 étant exclus, puisque 1=F2 et 2=F3.
    On va montrer par récurrence que tout entier k tel que 1£k£Fn, avec n³3, est somme de termes distincts de la suite (F), F0 et F1 étant exclus (cet aspect sera toujours sous-entendu ci-dessous).

    Donc pour tout n³3, tout entier k tel que 1£k£Fn, est somme de termes distincts de la suite (F), F0 et F1 étant exclus.
    Comme limn->+¥Fn=+¥, le théorème de Hogatt est bien prouvé.

    2) Preuve du théorème de Zeckendorf.
    On peut songer à utiliser le théorème de Hogatt et regrouper les termes consécutifs. Par exemple, F11+F12+F13=F11+F14 ; mais je touve qu'ensuite cela pose un problème pour justifier que l'on va arriver à ne plus avoir de termes consécutifs, mais je me trompe peut être.

    Je vais d'abord montrer l'existence d'une Z_somme en justifiant la méthode d'obtention indiquée dans l'énoncé.
    Soit e un entier naturel non nul.

    Le processus va nécessairement s'arrêter car à chaque étape, l'expression entière e-F(n1)-F(n2)-...-F(nk), qui est ³0, diminue strictement, donc elle finira par atteindre la valeur 0.

    Reste à prouver l'unicité (à l'ordre près des termes) d'une telle somme.
    Pour cela démontrons le résultat intermédiaire suivant :

    Soit S une somme de termes distincts, deux à deux non consécutifs, de la suite (F), F0 et F1 exclus ; en notant Fj le plus grand de ces termes, alors on a S<Fj+1.
    preuve :
    On fait une récurrence sur j, qui est ³2.
    • si j=2, S ne peut contenir que F2=1, soit S=F2<F3 : la propriété est vraie pour j=2.
    • supposons la propriété vraie pour 2,3,...,j(³2)
      Soit S une somme (vérifiant les hypothèses de l'énoncé) dont le plus grand terme est Fj+1. On peut alors écrire S=S'+Fj+1, mais comme les termes de S sont distincts et deux à deux non consécutifs, c'est que le plus grand terme de S' est Fk£Fj-1. (F) étant strictement croissante à partir du rang 2, on a k£j-1 et alors cf l'hypothèse de récurrence, S'<Fk+1£Fj, et ainsi S<Fj+Fj+1=Fj+2 et la propriété est vraie pour j+1.
    Prouvons maintenant que tout entier naturel non nul admet une unique (à l'ordre près) Z_somme.
    Cela revient à montrer que si S et T sont deux sommes de termes distincts et non consécutifs de (F), F0 et F1 étant exclus, et si S=T alors S et T sont constituées des mêmes termes : Aprés simplification des termes communs, l'égalité S=T, devient S'=T', S' et T' étant encore deux sommes de termes distincts et non consécutifs de (F), F0 et F1 étant exclus, mais en plus, S' et T' n'ont aucun terme commun. Supposons S'¹0 ; donc T'¹0. Soit Fs le plus grand terme de S' et Ft le plus grand terme de T' : Fs et Ft étant distincts (cf la simplification faite ci-dessus), on peut supposer, quitte à échanger S et T, que Fs<Ft, soit, puisque la suite (F) est strictement croissante à partir du rang 2, Fs+1£Ft.
    Mais le résultat intermédiaire ci-dessus donne S'<Fs+1, donc S'<Ft ; or S'=T'³Ft (puisque c'est un des termes constituant T') et donc on arrive à une contradiction.
    Donc, nécessairement S'=T'=0.
    Ceci prouve que les sommes S et T sont constituées des mêmes termes.
    preuve du 3)
    fe'=Fi avec i³2 si i=2, fe'=1£2K, puisque K³1
    si i=3, fe'=2£2K, puisque K³1
    On se place maintenant dans le cas où i³4.
    Raisonnons par l'absurde, c'est-à-dire on suppose que fe'>2K.
    Alors, dans ce cas, la Z_d de K ne peut contenir que des termes de (F) qui sont £Fi-2 sinon, cette Z_d contiendrait au moins un terme de (F) qui soit >Fi-2, soit au moins un terme qui soit ³Fi-1, et donc on aurait K³Fi-1, soit 2K³2Fi-1, donc fe'=Fi>2Fi-1, ce qui est impossible cf P2 et i³4. La Z_d de K ne contenant que des termes de (F) qui sont £Fi-2, la juxtaposition de la Z_d de e' et de la Z_d de K est la Z_d (à l'ordre près bien sûr) de e'+K=e, et dont le plus petit terme est le plus petit terme de la Z_d de K.
    Donc fe est le plus petit terme de la Z_d de K, soit fe£K, ce qui est en contradiction avec l'hypothèse K<fe.
    Ainsi, on ne peut avoir fe'>2K, c'est donc que fe'£2K.

    Exercice 13

    1) On peut utiliser les 1) 2) 3) 4) de P3 si on se contente de vérifier les différentes décompositions ; mais voici une preuve par construction.

    2Fn=Fn+Fn-1+Fn-2=Fn-2+Fn+1
    3Fn=2Fn+Fn=Fn-2+Fn+Fn+1=Fn-2+Fn+2
    4Fn=3Fn+Fn=Fn-2+Fn+Fn+2 (en ajoutant Fn au résultat précédent, sans autre modification, il reste une Z_somme)
    5Fn=3Fn+2Fn=2Fn-2+Fn+3=Fn-4+Fn-1+Fn+3
    6Fn=5Fn+Fn=Fn-4+Fn+1+Fn+3
    7Fn=6Fn+Fn=Fn-4+Fn+2+Fn+3=Fn-4+Fn+4
    8Fn=7Fn+Fn=Fn-4+Fn+Fn+4
    9Fn=8Fn+Fn=Fn-4+2Fn+Fn+4=Fn-4+Fn-2+Fn+1+Fn+4
    10Fn=7Fn+3Fn=Fn-4+Fn-2+Fn+2+Fn+4
    11Fn=10Fn+Fn=Fn-4+Fn-2+Fn+Fn+2+Fn+4
    12Fn=2(6Fn)=2Fn-4+2Fn+1+2Fn+3=(Fn-6+Fn-3)+(Fn-1+Fn+2)+(Fn+1+Fn+4)=Fn-6+Fn-3+Fn-1+Fn+5, puisque Fn+1+Fn+2+Fn+4=Fn+3+Fn+4=Fn+5
    13Fn=12Fn+Fn=Fn-6+Fn-3+Fn+1+Fn+5
    14Fn=13Fn+Fn=Fn-6+Fn-3+Fn+2+Fn+5
    15Fn=14Fn+Fn=Fn-6+Fn-3+Fn+Fn+2+Fn+5

    2) En utilisant les formules ci-dessus,

    Exercice 14
    (Fn)2+FnFn+1-(Fn+1)2= Fn(Fn+Fn+1)-(Fn+1)2= FnFn+2-(Fn+1)2=-(-1)n+1=(-1)n, d'après la relation 2) de P8.

    Exercice 15

    1)

    2)

    Exercice 16

    1) On raisonne par récurrence :

    2) Pour montrer k(2e)=3×2e-1, on fait aussi une récurrence :

    Exercice 17

    1) Une récurrence immédiate montre que Un est de degré n, le coefficient de Xn étant 2n.

    De même, le point suivant se montre par récurrence (bien sûr sin(q) est supposé non nul) :

    n étant cette fois dans N*, on en déduit que si sin((n+1)q)=0 (et q n'étant pas un multiple de p), alors Un(cos(q))=0 et donc pour tout k dans Z (exceptés les multiples de n+1) on a Un(cos(kp/(n+1)))=0.
    En particulier pour k=1,2,..,n (qui ne sont pas des multiples de n+1) on obtient n racines de Un : cos(p/(n+1)), cos(2p/(n+1)),..., cos(np/(n+1)), racines qui sont distinctes (puisque p/(n+1), 2p/(n+1), ..., np/(n+1) sont n nombres distincts dans [0;p]).
    Un étant de degré n, ce sont donc ses n racines, et compte-tenu que le coefficient de Xn est 2 on obtient la factorisation souhaitée :
    Un(X)=2nPk=1 n(X-cos(kp/(n+1))

    2) On cherche une constante q telle que pour tout entier naturel n, non nul, on ait qn+1Un+1(-i/2)=qnUn(-i/2)+qn-1Un-1(-i/2), alors que l'on a Un+1(-i/2)=-iUn(-i/2)-Un-1(-i/2).
    En multipliant les deux membres de cette égalité par -in-1, on obtient -in-1Un+1(-i/2)=inUn(-i/2)+in-1Un-1(-i/2), et coup de chance (?), on constate que -in-1=i2in-1=in+1, et donc q=i convient, c'est-à-dire la suite Wn=inUn(-i/2) est une suite de Fibonacci (puisque Wn+1=Wn+Wn-1).

    3) Comme W0=1=F1, W1=i×U1(-i/2)=i×2(-i/2)=1=F2, c'est que pour tout entier naturel n, on a Wn=Fn+1 (voir P3), soit, pour n³1, Fn+1=inUn(-i/2)=in×2n×Pk=1 n(-i/2-cos(kp/(n+1)) ,
    d'où pour n³2, Fn=(-i)n-1Pk=1 n-1(2cos(kp/n)+i).
    Il suffit alors de passer au module-carré pour obtenir que pour tout n³2 (Fn)2=Pk=1 n-1(1+4cos2(kp/n)).

    3) La formule cos2(q)=(1+cos(2q))/2 donne tout de suite, pour tout n³2, (Fn)2=Pk=1 n-1(3+2cos(2kp/n))
    En posant qk=2kp/n, on a cos(qk)=cos(qn-k), d'où


    Mais si n est impair E((n-1)/2)=(n-1)/2 et si n pair E((n-1)/2)=E(n/2-1/2)=n/2-1, et donc
    pour n³3, Fn=Pk=1 E((n-1)/2)(3+2cos(2kp/n))=Pk=1 E((n-1)/2)(1+4cos2(kp/n))

    4) On va utiliser la relation (voir P8) Ln=F2n/Fn (n est ³2, donc Fn¹0).
    (Ln)2=(Pk=1 2n-1(3+2cos(2kp/(2n))))/(Pk=1 n-1(3+2cos(2kp/n))) : les facteurs correspondants à k pair du numérateur sont exactement les facteurs du dénominateur et donc
    (Ln)2 est le produit des (3+2cos(kp/n)) pour k=1,3,..,2n-1, soit (Ln)2=Pk=0 n-1(3+2cos((2k+1)p/n)).
    Par exemple, cela donne

    (L3)2=(3+2cos(p/3))(3+2cos(3p/3))(3+2cos(5p/3))=4×1×4, et on retrouve bien L3=4.

    Puisque E((2n-1)/2)=E(n-1/2)=n-1, Ln=(Pk=1 n-1(3+2cos(2kp/(2n))))/(Pk=1 E((n-1)/2)(3+2cos(2kp/n))) : là encore, les facteurs correspondants à k pair du numérateur sont exactement les facteurs du dénominateur (car on a aussi 2k£n-1 Û k£E((n-1)/2), et donc
    Ln est le produit des (3+2cos(kp/n)) pour k impair de 1 à n-1 ; mais 1£2k+1£n-1 Û 0£k£n/2-1 Û 0£k£E(n/2-1), d'où
    Ln=Pk=0 E(n/2-1)(3+2cos((2k+1)p/n)).
    Par exemple, cela donne

    L4=(3+2cos(p/4))(3+2cos(3p/4))=(3+2cos(p/4))(3-2cos(p/4))=9-2=7.

    L6=(3+2cos(p/6))(3+2cos(3p/6))(3+2cos(5p/6))=(3+2cos(p/6))×3×(3-2cos(p/6))=3×(9-3)=18

    Exercice 18

    1) On a évidemment pk+1(q)=3pk(q)+2cos((k+1)q)pk(q), et (une vérification n'est jamais inutile), pk(0)=5k, pk(p)=5E(k/2) (car pk(p) est un produit de k facteurs valant 1 ou 5, ceux valant 5 correspondants à 3+2cos(jp) avec j pair et dans {1;2;...;k}).
    On trouve, successivement :

    2) Notons A=Pk=1 E((5-1)/2)(3+2cos(2kp/5) et vérifions que l'on a bien F5=A

    A=p2(2p/5)=9+8cos(2p/5)+6cos(4p/5)+2cos(6p/5)
    Les racines 5ièmes de 1 sont 1, ei2p/5, ei4p/5, ei6p/5 (conjuguée de ei4p/5), ei8p/5 (conjuguée de ei2p/5) et leur somme est 0, donc
    • cos(4p/5)=cos(6p/5), ce qui donne A=9+8cos(2p/5)+8cos(4p/5)
    • 1+2cos(2p/5)+2cos(4p/5)=0, ce qui donne A=9-4=5
    Comme F5=5, on a bien F5=A.
    Notons A=Pk=1 E((7-1)/2)(3+2cos(2kp/7) et vérifions que l'on a bien F7=A A=p3(2p/7)=29+30cos(2p/7)+26cos(4p/7)+24cos(6p/7)+8cos(8p/7)+6cos(10p/7)+2cos(12p/7)
    Les racines 7ièmes de 1 sont 1, ei2p/7, ei4p/7, ei6p/7, ei8p/7 (conjuguée de ei6p/7) ei10p/7 (conjuguée de ei4p/7), ei12p/7 (conjuguée de ei2p/7), et leur somme est 0, donc
    • cos(2p/7)=cos(12p/7), cos(4p/7)=cos(10p/7), cos(6p/7)=cos(8p/7), ce qui donne A=29+32cos(2p/7)+32cos(4p/7)+32cos(6p/7)
    • 1+2cos(2p/7)+2cos(4p/7)+2cos(6p/7)=0, ce qui donne A=29-16=13
    Comme F7=13, on a bien F7=A
    Notons A=Pk=1 E((9-1)/2)(3+2cos(2kp/9) et vérifions que l'on a bien F9=A A=p4(2p/9)=95+120cos(2p/9)+106cos(4p/9)+102cos(6p/9)+82cos(8p/9)+48cos(10p/9)+32cos(12p/9)+24cos(14p/9)+8cos(16p/9)+6cos(18p/9)+2cos(20p/9)
    Les racines 9ièmes de 1 sont 1, ei2p/9, ei4p/9, ei6p/9, ei8p/9, ei10p/9 (conjuguée de ei8p/9), ei12p/9 (conjuguée de ei6p/9), ei14p/9 (conjuguée de ei4p/9), ei16p/9 (conjuguée de ei2p/9), et leur somme est 0, donc
    • cos(2p/9)=cos(16p/9), cos(4p/9)=cos(14p/9), cos(6p/9)=cos(12p/9), cos(8p/9)=cos(10p/9), ce qui donne A=95+128cos(2p/9)+130cos(4p/9)+134cos(6p/9)+130cos(8p/9)+6cos(18p/9)+2cos(20p/9) ;
      mais cos(18p/9)=1, cos(20p/9)=cos(2p/9) et donc A=101+130cos(2p/9)+130cos(4p/9)+134cos(6p/9)+130cos(8p/9)
    • 1+2cos(2p/9)+2cos(4p/9)+2cos(6p/9)+2cos(8p/9)=0, ce qui donne A=101-65+4cos(6p/9)=101-65-2=34.
    Comme F9=34, on a bien F9=A

    Exercice 19

    En posant r=51/2, l'application de la formule de Lucas-Fibonacci-Moivre ( voir P5.2), ((Ln+rFn)/2)k=(Lkn+rFkn)/2 donne tout de suite, puisque (voir preuve de P5.2) a+br=a'+b'r avec a, b, a', b' rationnels entraîne a=a' et b=b'

    Examinons d'abord le cas de Lkn Puisque 5jFn2j=(5Fn2)j=(Ln2-4(-1)n)j (cf le 7 de P8), on voit tout de suite que Lkn=Rk,n(Ln), avec Rk,n polynôme :
    Rk,n=(1/2k-1)(S0£2j£kCk2j(X2-4(-1)n)jXk-2j)
    • R1,n(X)=X
    • R2,n(X)=X2-2(-1)n
    • R3,n(X)=X3-3(-1)nX
    • R4,n(X)=X4-4(-1)nX2+2
    • R5,n(X)=X5-5(-1)nX3+5X

    Compte-tenu que les termes (X2-4(-1)n)jXk-2j sont tous de degré k et que les coefficients binomiaux sont positifs, c'est que Rk,n est de degré k.

    Son coefficient de tête est (1/2k-1)S0£2j£kCk2j=1 (résultat classique sur les coefficients binomiaux).

    Et compte-tenu que les termes (X2-4(-1)n)k-2j sont pairs et que Xk-2j a la parité de k,

    • si k est pair, Rk,n est pair, de terme constant (1/2k-1)Ckk(4(-1)n+1)k/2=2(-1)(n+1)k/2, car c'est le terme constant du terme correspondant à k-2j=0.
    • si k est impair, Rk,n est impair, de terme constant nul, puisque k-2j ne prend cette fois jamais la valeur 0.

    Montrons que les coefficients de Rk,n sont soient indépendant de n, soient de la forme (-1)n×un coefficient indépendant de n.

    Soit r de même parité que k :
    le coefficient de Xr dans Rk,n(X) est (1/2k-1)S0£2j£kCk2jCjp(4(-1)n+1)j-p, où p est tel que 0£p£j et 2p+k-2j=r, soit j-p=(k-r)/2, ce qui implique j³(k-r)/2, et ce coefficient est (-1)(n+1)(k-r)/2(1/2k-1)Sk-r£2j£kCk2jCjj-(k-r)/24(k-r)/2 (si k=r on retrouve bien le coefficient de tête (1/2k-1)S0£2j£kCk2j vu plus haut).
    Ce qui prouve le résultat annoncé puisque (-1)(n+1)(k-r)/2=1 si (k-r)/2 est pair ou -(-1)n sinon.

    La formule ci-dessus permet de montrer, que si k impair le coefficient de X est l'entier k(-1)(k-1)(n+1)/2 :

    en faisant r=1, on voit que 2j ne peut prendre que la valeur k-1 et le coefficient de X est (-1)(n+1)(k-1)/2(1/2k-1)Ckk-1C(k-1)/204(k-1)/2=k(-1)(n+1)(k-1)/2.

    Mais, montrer que les coefficients de Rk,n sont tous entiers ne me paraît pas facile à obtenir à partir de la formule obtenue ci-dessus pour le coefficient de Xr.
    Un moyen rapide est de remarquer que puisque LmLn=Lm+n+(-1)nLm-n (voir le 15 de P8), on obtient tout de suite (on fait m=kn) la relation de récurrence Rk+1,n(X)=XRk,n(X)-(-1)nRk-1,n(X)
    Compte-tenu que R1,n et R2,n sont à coefficients entiers, une récurrence immédiate prouve alors que pour tout k non nul, Rk,n est à coefficients entiers.

    Passons maintenant au cas de Fkn.
    Cette fois le problème est que l'exposant de Ln est k-2j+1 qui n'est pas forcément pair, ce qui explique qu'on ne peut pas toujours faire disparaître Ln via la formule Ln2=(5Fn2+4(-1)n).
    Il faut envisager deux cas :

    Le fait que les coefficients des Qk,n sont soient indépendant de n, soient de la forme (-1)n×un coefficient indépendant de n peut se démontrer de la même façon que pour les Rk,n ; mais il y a deux cas à envisager puisque selon la parité de n, l'expression de Qk,n change.

    Et pour montrer que ces coefficients sont aussi entiers, on va aussi procéder comme pour les Rk,n, via deux relations de récurrence.
    Toujours cf le 15 de P8, on a FmLn=Fm+n+(-1)nFm-n, et en faisant m=kn, on obtient F(k+1)n=FknLn-(-1)nF(k-1)n.
    Et compte-tenu que Fkn=Qk,n(Fn) si k est impair, et Fkn=LnQk,n(Fn) si k est pair, et que Ln2=5Fn2+4(-1)n, on obtient

    Comme Q1,n(X)=X et Q2(X)=X sont à coefficients entiers, une récurrence immédiate donne que pour tout k non nul, Qk,n est à coefficients entiers.

    Terminons en démontrant la remarque de l'énoncé de P15, à savoir qu'il n'existe pas des réels an, bn, cn, à valeur absolue indépendantes de n, tels que pour tout entier naturel n, F2n=anFn2+bnFn+cn.

    Exercice 20

    Pour k donné ³2, on veut trouver des nombres rationnels ai, i décrivant I un sous-ensemble fini de Z, tels que pour tout entier naturel, SiÎIaiFn+ik=Fkn.
    Compte-tenu de la formule de Binet, cette relation s'écrit
    (akn-bkn)/51/2=5-k/2SiÎIai(Sd=0;k(-1)dCkd(ak-dbd)n+i).
    Pour cela il suffit que les trois conditions suivantes soient réunies :

    D'où en posant Pk(X)=SiÎIaiXi (c'est une fonction rationnelle), il suffit pour répondre au problème de choisir Pk de façon à ce qu'il vérifie les trois conditions

    si k=2, on peut prendre P2(X)=X-1/X, ce qui donne l'identité bien connue F2n=Fn+12-Fn-12

    En effet
    P2(a2)=a2-b2=51/2F2=51/2
    P2(b2)=b2-a2=-51/2
    P2(ab)=P(-1)=0

    Remarque : ce choix de P2 n'est pas le seul possible. Il suffit de multiplier ce choix par une fraction rationnelle F telle que F(a2)=F(b2)=1, les conditions C1, C2, C3 restant manifestement vérifiées.
    Par exemple si on prend F(X)=1+(X-a2)(X-b2)=1+X2-L2X+(ab)2=X2-3X+2, on obtient P2(X)=X3-3X2+X+3-2/X, ce qui donne l'identité F2n=Fn+32-3Fn+22+Fn+12+3Fn2-2Fn-12, qui est tout même plus "compliquée" que F2n=Fn+12-Fn-12.
    A noter que la combinaison de ces deux relations donne que pour tout n, Fn+32-3Fn+22+3Fn2-Fn-12=0

    Passons au cas k>3. On pose Uk(X)=Pd=1,k-1(X-ak-dbd). : Pk vérifie la condition C6 si les k-1 zéros de Uk sont zéros de Pk.

    Exercice 21