| Introduction |
Un nombre réel, écrit de façon habituelle en base 10, comporte un nombre fini de chiffres à gauche de la virgule et peut en avoir une infinité à droite de la virgule.
Pourquoi ne pas considérer les "symétriques" des nombres réels, c'est-à-dire des "nombres" ayant eux, un nombre fini de chiffres à droite de la virgule et une infinité à gauche de la virgule?
On va voir qu'en fait cela est possible : ces nombres sont appelés brenoms (le mot brenom s'obtient par l'échange des deux syllabes de nombre!).
Il y a un lien étroit entre ces nombres et les nombres p-adiques (p nombre 1er) :
j'ai cependant choisi de faire une présentation qui ne nécessite pas, dans un 1er temps (cad jusqu'au chapitre 7 compris), la connaissances de ces nombres p-adiques afin
qu'elle soit le plus accessible possible, du moins j'espère.....
Cependant, beaucoup d'aspects nécessiteront la connaissance des congruences (égalités modulo n) : voir pour une première approche
le début de ma page sur la cryptographie affine.
Pour une présentation très théorique, voir l'étude de Vincent Lefevre (faire une recherche avec les mots clés : brenom Vincent Lefevre), et pour une présentation très rapide voir un chapitre du livre de Jean-Paul Delahaye : Les inattendus mathématiques (Belin).
Bien entendu, l'étude qui va suivre n'est pas, loin s'en faut, un recopiage de ces deux références.
| 1-Premières définitions. |
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D1.1->Un nombre décadique (ou brenom) x est une suite de chiffres appartenant
à {0;1;2;3;4;5;6;7;8;9}, cette suite (xn) étant définie pour n³-r,
r étant un entier positif ou nul :
et on écrit x=.....x2x1x0,x-1x-2...x-r : c'est son développement (ou écriture) décadique. Exemples : x=.....125,2007 ; ses cinq derniers chiffres sont 5,2,0,0,7 et, quatre sont après la virgule ; en principe on n'écrira pas x=.....125,20070. si r=0, x est appelé entier décadique (decadic integer dans la langue de Shakespeare) ou brenom entier et son développement (ou écriture) décadique est x=.....x2x1x0 ;
il n'y a pas dans ce cas de virgule et bien sûr ... pas de chiffres après la virgule.
Pour tout n³-r, on dira que xn est le chiffre de rang n de x Remarque : certains auteurs réservent l'appelation brenom aux entiers décadiques, les nombres décadiques avec chiffres après la virgule étant appelés brenoms fractionnaires. L'ensemble des nombres décadiques (ou brenoms) sera noté NB(10) et celui des entiers décadiques (ou brenoms entiers) sera noté EN(10) Si la suite (xn) est périodique à partir d'un certain rang (vers la gauche), on dira que x est un nombre
décadique périodique et on notera entre parenthèse l'apparition d'une dernière période :
Si à partir d'un certain (sur la gauche) tous les xi sont nuls, on n'écrit
pas ces zéros :
par exemple x=125,2006
En particulier l'entier décadique dont tous les chiffres sont 0, est noté 0. On appelle complémentaire du nombre décadique x, le nombre décadique
c(x) obtenu en complémentant à 9 tous les chiffres de x.
Bien entendu 125,2006=1×102+2×101+5×100
+2×10-1+6×10-4
Exemples :
Exemples :
(en effet, la valeur maximale de [x]n est obtenue lorsque tous ses chiffres xi sont égaux à 9, ce qui donne le 1er encadrement (calcul classique dans D), et le 2ième en résulte, puisque [x]n est alors un entier naturel ; on peut aussi dire dans ce cas que la valeur maximale de [x]n est 9...9 (il y a n+1 chiffres 9), soit 10n+1-1). P1.1-> Soient x et y deux nombres décadiques : x=y signifie que le rang de leur dernier chiffre est le même : -r
(pour deux entiers décadiques cette condition est toujours vérifiée, car pour x et y, le rang de leur dernier chiffre est 0),
et pour tout n³-r on a Si x et y sont maintenant des entiers décadiques, on a aussi x=y Û à partir d'un
certain rang on a toujours [x]nº[y]n (10n+1)
Exemple :
Exemples : .....322,08+.....729,123=.....051,203 ; .....(9)+1=0 ;(rappel .....(9) est l'entier décadique dont tous les chiffres sont 9) P1.2-> Si x est un entier décadique, [x]n+1 a pour n+1 derniers chiffres ceux de [x]n, cad
[x]n+1º[x]n (10n+1),
puisque [x]n+1=xn+110n+1+[x]n, cela pour tout n
³0.
Exercice 1 : prouver P1.2. Exercice 2 : x et y étant deux entiers décadiques
Exercice 3 : si x est un entier décadique simplifier x+c(x)+1 ; si x étant est dans NB(10) avec des chiffres après la virgule, simplifier x+c(x)+0,0...01 (tous les chiffres de ce dernier nombre sont nuls, sauf son dernier qui est 1 et dont le rang est le rang du dernier chiffre de x, par exemple si x=.....12,126 alors on considère 0,001) Exercice 4 : x et y sont ici deux nombres décimaux :
C'est évidemment un peu rapide...! Formalisons un peu plus, en exploitant le résultat de l'exercice 4 ci-dessus.
La cohérence de cette définition vient du fait que :
En effet, si x et y sont deux décimaux, pour n assez grand [x]n+k=x et [y]n+k=y (voir définition de []n à D1.1) et donc xy (en tant que produit de deux nombres décadiques) a pour chiffres de rang£n les chiffres de Donc xy (en tant que produit de deux nombres décadiques)=xy (en tant que produit de deux décimaux).
C'est une traduction immédiate de la définition du produit. Exemple :
Bien entendu, si x et y avaient été égaux à respectivement 178,1437 et 52,824 alors on aurait
eu
Exemple :
Exercice 5 : vérifier que 3 (qui n'a pas d'inverse dans D) a un inverse dans NB(10) qui est .....(6)7, cad vérifier que Exercice 6 : montrer que si x est un entier décadique se terminant par 0 ou 2 ou 4 ou 5 ou 6 ou 8, alors il ne peut avoir un inverse qui soit
entier décadique.
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Solution des exercices du chapitre 1
Exercice 1
L'hypothèse sur la suite u signifie que pour tout n³k³0,
le chiffre de rang k de uk est le chiffre de rang k de un, .
Considérons l'entier décadique x dont le chiffre xn de rang n est le chiffre de rang n de un.
On alors [x]n=xn10n+xn-110n-1+...+x110+x0.
Mais pour 0£k£n, xk=chiffre de rang k de uk=chiffre
de rang k de un :
donc [x]n a exactement pour chiffres les chiffres respectifs de un :
donc [x]n=un.
Bien entendu, il ne peut y avoir d'autre entier décadique vérifiant cette propriété, car si y en était un autre,
on aurait
Exercice 2
1) On a [x]n+[y]n=10n+1+1 ; d'après D1.1, [x+y]nº[x]n+[y]n (10n+1).
Donc [x+y]nº10n+1+1º1 (10n+1), donc [x+y]n=1 (car ces deux nombres sont
dans {0;1;...;10n+1-1}) et donc pour tout n³0 on a
[x+y]n=[1]n et x+y=1.
2) En fait x+y=1 entraîne, pour tout n³0,
[x+y]n=1, [x]n+[y]nº1 (10n+1), donc
[x]n+[y]n=1+kn10n+1 ; comme [x]n+[y]n est dans
{0;1;...;2×10n+1-2}, kn=0 ou 1 : on ne peut conclure, même si (x,y) n'est ni (0,1), ni (1,0).
D'ailleurs si x=.....(2)001 et y=.....(9)8000 on a bien x+y=1, mais
[x]0+[y]0=[x]1+[y]1=[x]2+[y]2=1
alors que [x]3+[y]3=104+1 et [x]4+[y]4=105+1.
Exercice 3
On a évidemment x+c(x)+1=0 si x est entier décadique et sinon x+c(x)+0,0...01=0 (tous les chiffres de 0,0...01 sont nuls, sauf
son dernier qui est 1 et
dont le rang est le rang du dernier chiffre de x), puisque x+c(x) a tous ses chiffres égaux à 9, et en ajoutant, selon les cas,
1 ou 0,0...01, tous les chiffres deviennent 0
(à cause de la propagation sur la gauche du report de 1).
En toute rigueur, il aurait fallu justifier au préalable l'associativité de + : voir plus loin!.
Exercice 4
x=[x]n+k+u10n+k+1, y=[y]n+k+v10n+k+1, avec u et v entiers naturels.
Par exemple, si x=131,45082 et y=12,352 alors xy=1623,68052864 et x=[x]-3+u10-2 avec u=13145 puisque
On a alors xy=[x]n+k[y]n+k+A+B avec A=10n+k+1(v[x]n+k+u[y]n+k) et B=uv102n+2k+2.
Si uv est non nul, B n'apporte que des chiffres de rang³2n+2k+2³n+2 (puisque n³-r-r'³-2k), et si uv=0, B n'apporte aucun chiffre.
Si u et v sont non nuls, u[x]n+k n'apporte que des chiffres de rang³-r
et v[y]n+k n'apporte que des chiffres de
En conclusion, les chiffres de xy de rang£n ne proviennent que de [x]n+k[y]n+k, ce qu'il fallait montrer.
Remarque 1 : pour l'exemple ci-dessus (k=max(5,3)=5), les chiffres de xy de rang£-5 sont les chiffres de
Remarque 2 : quoique cela ne soit pas vrai pour le cas ci-dessus il peut arriver que le chiffre de xy de rang n+1 soit celui de
en considérant l'exemple ci-dessus mais pour n=-4, les chiffres de xy de rang£-4 sont les chiffres de
Si on passe à n=-3, les chiffres de xy de rang£-3 sont les chiffres de [x]2[y]2 de rang£-3 : c'est évidemment vrai...
puisque en fait [x]2=x (donc u=0) et [y]2=y (donc v=0)! Donc là, tous les chiffres de xy et [x]2[y]2 sont respectivement identiques.
En fait xy et [x]n+k[y]n+k ont respectivement les mêmes chiffres Û xy=[x]n+k[y]n+kÛv=u=0Ûn+k³max(p,p') : pour l'exemple précédent cela donne n³-5+2=-3.
Exercice 5
Il s'agit de vérifier, en notant x=.....(6)7, que 3x=1 :
Pour n³1, les n derniers chiffres de 3x sont les n
derniers chiffres de [3]n-1[x]n-1=3×66...67 (il y a n-1 fois le chiffre 6
devant 7)=200...01 (n-1 fois le chiffre 0 entre 2 et 1).
Donc pour n³1, le chiffre de rang n de 3x est 0 : donc 3x=.....(0)1=1.
Exercice 6
Soit a le dernier chiffre de x, et supposons que x admette un inverse 1/x qui soit aussi dans
EN(10) ; si b est le dernier chiffre de 1/x, puisque x(1/x)=1, c'est que ab se termine par 1
(puisque [x(1/x)]0=1º[x]0[1/x]0=ab (10), donc ab-1 divisible par 10) ;
ce qui est impossible, car vu le dernier chiffre a de x, ab est pair ou divisible par 5.
| 2-Structure des ensembles des nombres et entiers décadiques |
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P2.1->Les opérations internes + et ×, définies à D1.2 et D1.3 sont associatives, commutatives, d'éléments neutres respectifs 0 et 1.
Pour tout k dans Z, pour tout x dans NB(10), on passe de x à 10kx en déplacant la virgule de x de k positions (avec "rajout" éventuel de zéros) : vers la droite si k³0, vers la gauche si k<0. Exercice 1 : prouver P2.1.
Il est unique car si x'' est un autre opposé on aurait x''+x=x+x''=0, donc x'+x=x''+x ; en ajoutant x' aux deux membres de cette égalité et compte tenu de l'associativité on obtient x'+(x+x')=x''+(x+x'), soit x'+0=x''+0 et x'=x''. Si x est dans NB(10) avec chiffres après la virgule : x=.....x2x1x0,x-1x-2...x-r (avec r³1 et x-r non nul) alors x'=.....x'2x'1x'0,x'-1x'-2...x'-r avec x'-r=10-x-r et x'i=9-xi pour i>-r. Si x est dans EN(10) : x=.....x2x1x0, alors x'=.....x'2x'1x'0, avec, en notant k le plus petit entier ³0 tel que xk soit non nul, x'0=...=x'k-1=0 (si k=0 on n'a pas ce cas), x'k=10-xk et pour i>k, x'i=9-xi P2.3->Si x est un décimal positif, x' a tous ses chiffres égaux à 9 à partir d'un certain rang : x' est donc périodique, de période 9. Et si x est dans EN(10), x' est aussi dans EN(10), puisque dans ce cas x'=c(x)+1 et c(x)ÎEN(10). D2.1->On notera x'=-x et x-y signifiera x+(-y). Et donc, cf P2.2, si xÎEN(10), -x=c(x)+1. On peut dire maintenant
Exemples :
et aussi -123=.....(9)877 ; -9=.....(9)1 ; -12=.....(9)88 ; -20=.....(9)80 ; -123,564=.....(9)876,436 Remarque : en posant la soustraction, on trouve 1-21=.....(9)80 et on retrouve -20=.....(9)80 P2.4->
Pour tout x et y dans EN(10) et pour tout n³0 :
Exemples : [-123]2=[.....(9)877]2=877, et comme [123]2=123 et 877-(-123) est divisible par 104, Pour tout n³0, [-1]n=[.....(9)]n=9...9 (n+1 fois le chiffre 9)=10n+1-1º-1 (10n+1), et comme [1]n=1, Exercice 2 : prouver P2.4.
Exercice 1 (suite!) : prouver P2.5. Remarque : un élément x de NB(10) est inversible signifie qu'il existe x' dans NB(10) tel que xx'=x'x=1 : x est donc non nul ; cet élément x' est alors
unique (preuve analogue à celle de l'unicité de l'opposé) ;
x' est appelé l'inverse de x et sera noté 1/x.
Exercice 3 : pour ceux ayant des "doutes", x et y étant deux nombres décadiques quelconques,
Remarque : on verra au chapitre 9, qu'en dehors de 1 et .....(9), il y a, uniquement, deux autres entiers décadiques dont le carré est 1! Exercice 4 : p étant un entier supérieur ou égal à 1, soit s=89...9 (il y a p-1 chiffres 9 après 8), et y=.....(s)9 (cad
y est l'entier décadique de période s qui commence juste après devant le dernier chiffre 8) ; montrer que y est l'inverse (dans EN(10)) de
10p-1.
99 a un inverse : 1/99=.....(89)9 Exercice 5 : Un élément x de NB(10)
est un diviseur de zéro signifie qu'il est non nul et qu'il existe y non nul dans NB(10) tel que xy=0.
Exercice 6
Exercice 7 : à titre de "révision", montrer qu'un nombre décimal, cad un nombre réel de la forme a/10n avec a dans Z et n dans N, est inversible (dans D) si et seulement si a=e2u5v, avec e=-1 ou 1, u et v dans N. |
Solution des exercices du chapitre 2
Exercice 1
Il s'agit de démontrer d'abord P2.1, puis P2.5 (conséquence immédiate de P2.1) : on sera souvent amené à utiliser le fait
que x=y équivaut à ce que pour n assez grand,
R1 : commutativité de + et × dans NB(10)
La commutativité de × dans NB(10) se fait de façon analogue à la preuve précédente.
R3 : associativité de × dans EN(10)
Pour s=-1 : pour tout n³1, les chiffres de 0,1x de rang £n sont les chiffres de
Même technique pour la distibutivité :
R4 donne (10rx)((10ry)+(10rz))=(10rx)(10ry)+(10rx)(10rz)
R5.7 et R5.6 donnent (10rx)(10r(y+z))=102r(xy)+102r(xz)
R5.6 et R5.7 donnent 102r(x(y+z))=102r((xy)+(yz))
et comme ci-dessus, en multipliant des deux côtés par 10-2r, on obtiient x(y+z)=xy+xz.
Bien entendu, la disributivité à droite résulte de la commutativité de × :(
Terminons par la justification de P2.5 :
(NB(10),+) est, d'après P2.1 (qui vient d'être prouvé) et P2.2, un groupe commutatif additif, et comme la × est interne et est distributive par rapport à +,
(NB(10),+,×) est un anneau. Il est commutatif, car la multiplication est commutative, et évidemment unitaire, car 1 est neutre pour la multiplication.
La somme et le produit de deux entiers décadiques étant des entiers décadiques, ainsi que l'opposé d'un entier décadique,
Exercice 2
x étant un entier décadique, -x=c(x)+1, ce qui donne, pour tout n³0
[-x]nº[c(x)]n+[1]n (10n+1) ; mais [1]n=1
et [-x]nº[c(x)]n+1 (10n+1).
Comme x+c(x)=.....(9), on a [x+c(x)]n=10n+1-1º-1 (10n+1), soit
[x]n+[c(x)]nº-1 (10n+1),
puis [c(x)]n+1º-[x]n (10n+1) d'où
[-x]nº-[x]n (10n+1).
[x-y]n=[x+(-y)]nº[x]n+[-y]nº[x]n-[y]n (10n+1)
Si x et y ont même dernier chiffre alors [x]0=[y]0, donc [x-y]0º[x]0-[y]0=0 (10) et comme [x-y]0 est dans {0;1;2;...;9} on a [x-y]0=0 : x-y se termine par 0.
Si e est un entier naturel (s'écrivant avec k chiffres dans l'écriture décimale habituelle), on a évidemment pour tout n³0,
Par contre si e est un entier relatif négatif, c'est moins immédiat.
En fait puisque -e>0 on a -eº[-e]n (10n+1), et la propriété
précédente dit que [-e]nº-[e]n (10n+1),
ce qui donne bien
Exercice 3
Pour plus de clarté notons x' et y' les opposés de x et y.
1) x+x'=0 donne xy+x'y=0 et y+y'=0 donne xy+xy'=0 ; l'unicité de l'opposé donne
x'y=xy'=-(xy) soit
Et en remplacant y par - y dans (-x)y=x(-y) on obtient (-x)(-y)=xy
2) Les égalités x(1/x)=1 et y(1/y)=1 multipliées membres à membres
donnent xy(1/x)(1/y)=1 : xy est donc inversible, son inverse étant (1/x)(1/y)
3) On a .....(9)=-1, donc (.....(9))2=(-1)(-1)=1, cf la question 1.
preuve en utilisant D1.3 :
notons x=.....(9)
Pour tout n³0, les chiffres de x2 de rang £n
sont les chiffres de ([x]n)2 de rang £n.
Or ([x]n)2=9...92 (il y a n+1 chiffres 9)
Donc les chiffres x2 de rang £n sont 0...01 (il y a n
zéros devant 1, cad aucun si n=0), donc si n³1 le chiffre
de rang n de x2 est 0 ; donc x2=1.
preuve en posant la multiplication :
....9999999
....9999999
___________
...99999991 (car (.....(9))×9=.....(9)1
..99999991
.99999991
99999991
etc
__________
.......0001
En fait lorsqu'on additionne les lignes de la multiplication
la 1ère retenue est 1 et on a donc comme addition : 9+9+1+1=20, d'où on "pose" 0 et
la 2ième retenue est 2 et on a donc comme addition : 9+9+9+1+2=30, d'où on "pose" 0 et
la 3ième retenue est 3 et on a donc comme addition 9+9+9+9+1+3=40, d'où on "pose" 0 et
etc
et d'une façon générale, puisque n×9+1+(n-1)=n×10,
tous les chiffres du résultat situés à gauche de 1 seront nuls :
(.....(9))2=1
Exercice 4
(10p-1)y=10py-y=.....(s)90...0-.....(s)9 (il y a p zéros à droite du 1er neuf)
comme les entiers naturels 90...0 et s9=89...9 (il y a p neuf à droite du 8) ont tous les deux p+1 chiffres,
et que le premier est supérieur au second, on a
10py-y=90...0-89...9=1.
Exercice 5
Soit x un diviseur de zéro : x est non nul et il existe y non nul avec xy=0.
Si x avait un inverse,1/x, dans NB(10), alors (1/x)(xy)=0, puis ((1/x)x)y=0, soit 1×y=0 et y=0, donc contradiction
: x ne peut avoir d'inverse dans NB(10), ni y d'ailleurs.
Exercice 6
1) Si x a r chiffres (r³1) après la virgule, x2 a 2r chiffres après
la virgule, donc n'est pas un entier décadique, et donc x2 ne peut
être égal à y : x ne doit avoir aucun chiffre après la virgule
pour que x2=y.
2) Soit x un entier décadique non nul : il s'écrit
alors x=10kx' avec x' entier décadique ne se terminant pas par 0 ( k est
le rang du dernier chiffre non nul de x) et ainsi x2=102kx'2, avec x'2 non nul, puisque son
dernier chiffre est non nul et donc x2¹0.
D'où si x2=0, on a x entier décadique, cf le 1), et, cf ce qui précéde, x=0.
3) Cf le 1) x ne peut être qu'entier décadique et cf D1.1, D1.3, P2.4 :
x2=-1Û pour tout n³0, [x2]nº[-1]n (10n+1)
Û([x]n)2º-[1]n=-1 (10n+1)
n=0 donne (x0)2º-1 (10), soit x0=3 ou 7 :
si x0=7
n=1 donne (10x1+7)2º-1 (100),
soit 140x1º-50 (100), soit 14x1º-5 (10), ce qui est impossible, 2 ne divisant pas -5.
n=0 donne (x0)2º-1 (10), soit x0=3 ou 7 :
si x1=8
n=2 donne (100x2+83)2º-11 (1000),
16600x2º-6900 (1000), soit 166x2º-69 (10), ce qui est impossible, 2 ne divisant pas -69.
si x1=6
n=2 donne (100x2+67)2º-11 (1000),
13400x2º-4500 (1000), soit 134x2º-45 (10), ce qui est impossible, 2 ne divisant pas -45.
Exercice 7
Si x=a/10n est inversible dans D alors il existe a' dans Z et n' dans N tel que
aa'/10n+n'=1, soit aa'=10n+n', donc les diviseurs 1er de a ne peuvent être que 2 et 5, donc a est nécessairement de la forme
a=e2u5v, avec e=-1 ou 1, u et v dans N.
Réciproquement, si a est de cette forme alors 1/x=e2n-u5n-v : mais
n-u et/ou n-v peuvent être négatifs et on ne peut conclure, tout de suite, que 1/x est un nombre décimal.
Prenons n'=max(0,u-n,v-n) qui est positif ou nul ; on a alors 1/x=e2n'+n-u5n'+n-v/10n',
et comme n'+n-u³0 et n'+n-v³0, 1/x est bien un
nombre décimal.
| 3-Nombres décadiques périodiques |
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P3.1-> Quelque soit l'entier naturel p³1, l'entier décadique (ou brenom entier) 10p-1 a un inverse qui est
un entier décadique périodique ; cet inverse est .....(s)9 où s est l'entier naturel 89...9 (il y a p-1 fois le chiffre 9) ; voir exercice 4 du chapitre 2.
Exemple :
P3.2-> On a vu (voir D2.1) que -1=.....(9). Cela se généralise :
Pour tout entier naturel s s'écrivant avec p chiffres (en base 10, bien sûr), on a
Exercice 1 : prouver P3.2 ; puis calculer 99×62626263 et retrouver le fait que, dans NB(10), 37/99=.....(62)63. P3.3-> si x est un nombre décadique (ou brenom) périodique
Exercice 2 : prouver P3.3. P3.4-> La somme de deux nombres décadiques périodiques est périodique. Exercice 3 : prouver P3.4. P3.5-> Tout nombre décadique (le rang de son dernier chiffre étant -r, avec r³0),
périodique (de période comportant p chiffres, p³1),
s'écrit Exemple
Exercice 4 : prouver P3.5. Exercice 5 : prouver que dans NB(10) on a 12/99+835/999=957047/999999
Exercice 6 : encore à titre de révision, n étant un entier naturel non nul, on sait que 1/n a (dans R, comme
tout nombre rationnel) un développement décimal périodique : montrer qu'il a une période qui commence juste
après la virgule si et seulement si n est 1er avec n.
dans R, 1/n a un développement décimal commencant immédiatement aprés la virgule : Rappel : une période du développement décimal, dans R, de a/b (a dans Z, b dans N*) peut s'obtenir à l'aide d'une succession de divisions euclidiennes bien choisies ; cela permet d'ailleurs de prouver effectivement cette périodicité du développement : voir, par exemple, Arithmétique pour Amateur de Marc Guinot. Exemples :
Voir exemple de P4.1 pour l'obtention du développement de 1/7 dans EN(10), en posant la division. Voir exercice 3 du chapitre 7 pour le développement (dans EN(10)) de 1/19. Voir aussi l'exercice 4 du chapitre 2 pour l'inverse (dans EN(10)) de 10p-1. Cet inverse aura les mêmes chiffres que l'inverse de n dans R Û n=2u5v, avec u et v entiers naturels. Remarque : voir l'exercice 4 du chapitre 1 où il a été prouvé que si un entier décadique (ne se réduisant pas forcément à un entier naturel) se termine par 0 ou 2 ou 4 ou 5 ou 6 ou 8 et s'il est inversible, alors son inverse n'est pas dans EN(10). Exemples :
Par contre :
Cet inverse sera entier décadiqueÛ-n se termine par 1 ou 3 ou 7 ou 9. C'est une conséquence immédiate de ce qui précéde : -n est un entier naturel non nul, donc il posséde un inverse 1/(-n) et n a pour inverse -1/(-n), qui sera entier décadique ssi 1/(-n) l'est, cad, ssi -n (entier naturel) se termine par 1 ou 3 ou 7 ou 9, ce qui équivaut d'ailleurs à ce que n se termine (en tant qu'entier décadique) par 1 ou 3 ou 7 ou 9. Exercice 7 : prouver P3.6.
Remarque : la preuve de P3.7 utilise P3.3 ( x périodique entraîne -x périodique) et P3.4 (la somme de deux nombres décadiques périodiques est périodique) ; évidemment P3.7 redonne aussitôt ces résultats, l'opposé d'un rationnel décadique étant un rationnel décadique, de même pour la somme de deux rationnels décadiques. Exercice 8 : prouver P3.7.
Exercice 9 :
Remarque 1 : pour expliciter l'inverse d'un nombre périodique x on peut utiliser la formule du P3.5 et le fait que l'inverse d'un produit est le produit des inverses, soit
Remarque 2 : P(10) n'a aucun diviseur de zéro, puisque tout élément non nul de P(10) admet un inverse (voir exercice 4 du chapitre 2). |
Solution des exercices du chapitre 3
Exercice 1
Soit x=.....(s) : x-10px=.....(s)-.....(s)0...0 (il y a p zéros à droite de (s)) et donc
x(1-10p)=s ou x(10p-1)=-s.
Comme 10p-1 a un inverse dans l'ensemble des nombres décadiques (voir P3.1), et en notant 1/(10p-1) cet inverse on a,
on a x=-s/(10p-1)
99×62626263=6200000037 ; je laisse le lecteur vérifier que 99×62...6263 (n blocs 62 devant 63)
est égal à kn=620...037 (2n zéros entre 62 et 37 ; le premier zéro a pour rang 2n+1, le dernier a pour rang 2).
Pour obtenir ce résultat il suffit de remplacer 99 par 100-1.
Donc si x=.....(62)63, on a pour tout n ³0 [99]2n+1[x]2n+1=99[x]2n+1=kn ; comme
les chiffres de 99x de rang £2n+1 sont les chiffres de [99]2n+1[x]2n+1=kn de rang £2n+1,
pour tout n³1, les chiffres de 99x de rang 2 à 2n+1 sont nuls, en particulier les chiffres
de rang 2n et 2n+1 : pour tout n³2, le chiffre de rang n de 99x est 0, donc 99x=37.
Exercice 2
Soit x dans NB(10) et périodique.
Multiplier x par 10n, avec n dans Z, revient à déplacer la virgule de p positions (voir P2.1),
donc la suite des chiffres reste périodique à partir d'un certain rang (sur la gauche), et ainsi 10nx est bien périodique.
Choisisons p tel que y=10px soit entier décadique : -y=c(y)+1.
D'après ce qui précéde y est périodique : y=.....(s)d, avec (s) apparition d'une dernière
période et d l'entier naturel constitué des k chiffres situés après cette période.
c(y)=.....(s')d' avec s' et d' complémentaires de s et d (chaque chiffre de s et d est remplacé par son complémentaire à 9).
Considérons c(y)+1 : il y a trois cas
Exercice 3
Soient x et y deux nombres décadiques périodiques.
1er cas : x et y sont entiers décadiques, leurs dernières périodes correspondant à leurs derniers chiffres :
2ième cas : x entier décadique périodique, sa dernière période correspondant à ses derniers chiffres et y entier naturel (il est bien périodique : de période 0) :
3ième cas : x et y entiers décadiques périodiques quelconques :
4ième cas : x et y nombres décadiques périodiques.
Il existe p, entier naturel, tel que 10px et 10py soient entiers décadiques,
et encore périodiques (P3.3) : donc, voir cas 3, 10px+10py est périodique,
et en multipliant par 10-p et en réutilisant P3.3 on obtient que x+y est périodique.
Exercice 4
Soit x un nombre décadique périodique : x=.....(s)D,F où s est la période sur p chiffres,
D est l'entier naturel constitué des k chiffres de x situés entre
la dernière période et la virgule, et F est l'entier naturel constitué des r chiffres situés après la virgule.
Donc x=.....(s)×10k+d avec d=D,F.
Cf P3.2 on a x=-s×10k/(10p-1)+d=(-s×10k+d×(10p-1))/(10p-1). En multipliant numérateur
et dénominateur par 10r, alors, puisque d10r est un entier naturel
( c'est la juxtaposition de D et F), le numérateur est une différence de deux entiers naturels.
Mais la différence de deux entiers naturels (cas particuliers d'entiers décadiques)
est soit un entier naturel, soit l'opposé d'un entier naturel et on a bien x=
Remarque 1 : si x est un décimal positif, alors la période est s=0, p=1 et en fait x=(x×10r×(101-1))(101-1)-110-r, cad e=1, a=x×10r×(101-1), qui est bien un entier naturel.
Remarque 2 : on peut démontrer tout de suite la réciproque, mais en fait vu P3.7, cette réciproque ne présente pas d'intérêt.
Si x s'écrit comme ci-dessus, il est bien périodique car
Exercice 5
1ère méthode : d'après P3.2, 12/99=.....(12) et 835/999=.....(835),
et (c'est en fait le 1er cas de l'exercice 3 sur la preuve de P3.4), on a
12/99+865/999=.....(957047), soit 957047/999999 (cf P3.2).
2ième méthode : on peut vérifier sans peine (surtout avec une calculatrice ) que dans N on a
On va utiliser la formule bien connue, dans R, sur la série géométrique : pour |x|<1 on a 1/(1-x)=1+x+x2+x3+...
On en déduit 12/99=0,12/(1-10-2)=0,12Sn³0(10-2)n ;
de même, 835/999=0,835Sn³0(10-3)n
En faisant des groupements de 3 termes conécutifs on trouve
12/99=0,12(e+e10-6+e10-12+e10-18+...),
avec e=1+10-2+10-4,
ce qui donne 12/99=0,12×e(1+10-6+(10-6)2+(10-6)3...), soit
12/99=0,121212×1/(1-10-6).
De même, en faisant cette fois des groupements de 2 termes consécutifs, on trouve
835/999=0,835835×1/(1-10-6),
Finalement 12/99+895/999=(0,121212+0,835835)/(1-10-6)=0,957047/(1-10-6)=957047/999999.
Cette relation dans R, se traduit par l'égalité suivante dans N :
Mais cette relation dans N, est aussi une relation dans EN(10), donc dans NB(10) ; comme en tant qu'entiers décadiques
Remarque : on retrouve dans cette 2ième méthode l'idée du 1er cas de la preuve de P3.4, puisque 6 est le ppcm de 3 et 2.
Exercice 6
Si 1/n=0,sssss...=0,(s)....., avec s période sur p chiffres, on a 10p/n=s,sss.....=s+1/n,
d'où ns=10p-1, et donc n est 1er avec 10 (sinon il existerait d>1 divisant 10 et n, donc divisant 1,
ce qui est impossible ; on peut aussi remarquer que 10p-ns=1 donne une relation de Bezout entre 10 et n).
Réciproquement, supposons n et 10 premiers entre eux.
Il existe donc un entier p tel que n divise 10p-1 : c'est le théorème d'Euler : p=phi(n).
Ainsi il existe aussi un entier naturel
s tel que 10p-1=sn, soit 1/n=s/(10p-1)=s10-p/(1-10-p) ;
et en utilisant le développement en série de 1/(1-x)=1+x+x2+.... (pour |x|<1) on ontient :
1/n=s10-p+s(10-p)2+....; mais 10p-1 a p chiffres, donc s a au plus p chiffres (puisque ns=10p-1) :
quitte à mettre des 0 devant s pour qu'il occupe exactement p chiffres, on peut alors écrire 1/n=0,ssss...=0,(s).....
Exercice 7
L'exercice 6 ci-dessus prouve, le dernier chiffre de n étant 1 ou 3 ou 7 ou 9, que
1/n=0,(s)....., et si s occupe p chiffres on a alors, dans N, ns=10p-1 (voir toujours exercice 6).
On va maintenant utiliser la même idée que celle de la fin de la 2ième méthode de l'exercice 5 ci-dessus.
Cette égalité étant dans N, elle est aussi dans NB(10). Or dans NB(10),
10p-1 a un inverse (voir P3.1), donc on peut écrire dans NB(10) :
ns/(10p-1)=1 et donc n admet un inverse dans NB(10) : c'est 1/n=s/(10p-1)=-.....(s), d'après P3.2.
D'où, c(s) étant le complémentaire à 9, chiffres à chiffres, de s, on a 1/n=.....(s')+1 (voir P2.2) ;
mais D=s'+1 reste sur p chiffres (sinon s' est constitué que de 9, donc s=0, ce qui est impossible).
Donc 1/n=.....(s')D, entier décadique périodique.
Considérons maintenant le cas où n se termine par 0 ou 2 ou 4 ou 5 ou 6 ou 8.
En utilisant la décomposition en nombres premiers : n=2k5k'n' avec n'
ne possédant pas les facteurs premiers 2 et 5, donc n' est 1er avec 10 et donc lui se termine par 1 ou 3 ou 7 ou 9,
et donc il admet (cas précédent) un inverse 1/n', entier décadique périodique.
2k et 5k' ont chacun un inverse dans NB(10) : ce sont 2-ket 5-k', cela parce que ces nombres (décimaux) sont bien dans
NB(10) et leur produit respectif avec 2k et 5k' donne 1 dans D, donc dans NB(10),
la multiplication de NB(10) prolongeant celle de D.
Ainsi n a un inverse dans NB(10) : c'est 1/n=(1/n')(1/2k)(1/5k') ;
mais si on considère K=max(k,k') alors il existe un entier naturel u tel que 2k5k'u=10K
et donc 1/n=(1/n')(u/10K)=u×(1/n')×10-K.
1/n' étant périodique, u×(1/n') est aussi périodique, car c'est en fait une somme (u est entier naturel) de nombres périodiques,
et on utilise P3.4 ; enfin en utilisant P3.3 on arrive à 1/n périodique.
Cet inverse n'est pas un entier décadique, car c'est un entier décadique (u×(1/n')) multiplié par 10-K, avec K>0 (K=0 exige k=k'=0, donc n 1er avec 10,
ce qui est contraire à l'hypothèse).
Si l'inverse de n dans NB(10) a les mêmes chiffres que l'inverse de n dans R, alors, 1/n (dans R) a un nombre fini de chiffres après la virgule, cas de l'inverse de n dans NB(10), et donc n doit être
inversible dans D, soit, d'après l'exercice 7 du chapitre 2,
n=2k5k' avec k et k' entiers naturels.
Réciproquement, si n s'écrit ainsi son inverse dans NB(10) est le même que celui dans D (voir ci-dessus).
Exercice 8
Exercice 9
u est le dernier chiffre de b+c, v le dernier chiffre de la 1ière somme a+b+c (laquelle peut être augmentée
éventuellement d'une retenue provenant de b+c), w le dernier chiffre de la 2ième somme a+b+c (laquelle
peut être augmentée
éventuellement d'une retenue provenant de la somme prédente), d'où plusieurs cas à envisager.
Notons s=b+c, d son dernier chiffre, s'=a+b+c, d' son dernier chiffre et d'' le dernier chiffre de s'+1
si a+b+c³10 : forcément a+b+c£18 (puisque
b+c£9).
Remarque : pour vérifier rapidement les exemples, on peut prendre une calculatrice et multiplier n
par un entier dont tous les chiffres (une dizaine par exemple) sont tous égaux à 1, et observer les premiers chiffres du résultat obtenu ;
ne pas oublier que pour deux entiers décadiques x et y on a (voir D1.3) [x]n[y]nº[xy]n (10n+1).
Si x est un nombre décadique périodique alors (voir P3.5) x=
Réciproquement si x=p/q avec p dans Z et q dans N*, comme 1/q est périodique (P3.6), |p|/q va l'être aussi en tant que somme
de nombres périodiques ; si p>0 alors x est périodique, mais si p<0 c'est encore vrai car x=-|p|/q et on utilise P3.3.
On note x=n×.....(1) et on pose la division :
abc
.....(1)
--------
abc
abc
abc
abc
--------
....wvuc
si b+c£9, alors les deux derniers chiffres de x sont s et c, et
Exemple : 213×....(1)=.....(6)43
La première somme a+b+c va provoquer une retenue de 1 sur la somme a+b+c suivante, laquelle va
devenir ³11, mais sera £19, et donc
on aura toujours une retenue de 1. On notera qu'ici d"=d'+1, car d'=9 est impossible (d'=9 entraîne a+b+c=9 ou 19, ce qui est impossible
puisqu'ici a+b+c£18 et a+b+c³10), donc
Exemple : 713×.....(1)=.....(2)143.
Exemples : 257×.....(1)=.....(5)27 et 657×.....(1)=.....(9)27
si 20£a+b+c+1, on a évidemment a+b+c+2£29 ; la 1ière somme
a+b+c+1 va cette fois provoquer une retenue de 2 sur la somme a+b+c suivante, laquelle somme a+b+c+2 va provoquer encore
une retenue de 2 sur la somme a+b+c suivante : etc. Et en remarquant que le dernier chiffre de
a+b+c+2 est en fait d''+1, car d''=9 est impossible ( d''=9 entraîne a+b+c+1=9 ou 19, ce qui est impossible
car on est dans le cas a+b+c+1³20), donc
Exemples : 857×.....(1)=.....(2)127 et 757×.....(1)=.....(1)027 : cet exemple qui montre que d'' n'est pas forcément d'+1, puisqu'ici d''=0 et d'+1=10 ;
et aussi 999×.....(1)=.....(9)889 qui est aussi égal à la différence
Par exemple (voir cas 20£a+b+c+1) 757×1111111111=841111111027.
| 4-Sur l'inversibilité des nombres décadiques |
|
La notion d'inversibilité dans NB(10) a été définie à la remarque de P2.5 et, on a déjà vu trois cas particuliers : les entiers relatifs : voir P3.6 et plus généralement, les nombres décadiques périodiques : voir P3.9 On verra au chapitre 7 un résultat sur l'inverse de 1-x lorsque x est un entier décadique se terminant par zéro (série géométrique). P4.1-> Si un entier décadique (ou brenom entier) x se termine par 1 ou 3 ou 7 ou 9, alors
____________________ d-q0x=10D1  | .........q3q2q1q0 D1-q1x=10D2 | D2-q2x=10D3 | x0 étant le dernier chiffre de x :
Exemple 1 :
On peut disposer ainsi (le f désigne le zéro barré : il correspond à
la division par 10 de Di-qix pour obtenir Di+1) :
Exemple 2 :
Exemple 3 :
Exemple 4 :
Exercice 1 : prouver P4.1.
P4.2-> Si un entier décadique, non nul, se termine par 0 ou 2 ou 4 ou 5 ou 6 ou 8 alors
Exercice 2 : prouver P4.2. P4.3-> Un entier décadique est inversible dans EN(10)
Û son dernier chiffre est 1 ou 3 ou 7 ou 9
P4.4-> Soit x un entier décadique non nul :
Rappel : 2n et 5m étant des entiers naturels, ils sont inversibles dans NB(10) : voir P3.6.
On retrouve aussi P3.6, car si x est un entier naturel non nul, sa décomposition en nombres premiers prouve l'existence de m et n (voir la preuve de P3.6). On retrouve aussi que x=.....(s) est inversible (car périodique et on utilise P3.9), même
si s ne se termine pas par 1 ou 3 ou 7 ou 9, car la décomposition en nombres premiers de s donne s=2n5ms' avec
s' se terminant par 1 ou 3 ou 5 ou 7 ; donc x=2n5m×(.....(s')), car en fait on a une addition de 2n5m fois .....(s'),
donc on ajoute chiffres à chiffres et comme 2n5ms'=s, il n'y a pas de retenue.
Exercice 3 : prouver P4.4.
P4.5-> La recherche de l'inverse d'un nombre décadique (ou brenom) se ramène à la recherche
de l'inverse d'un entier décadique.
|
Solution des exercices du chapitre 4
Exercice 1
Prouvons d'abord la propriété, notée (P) :
Commencons par montrer le 2) de P4.1 : il existe un seul nombre décadique q tel que d=qx, et on en déduira le 1).
Tout d'abord q est nécessairement entier décadique
En effet si x a r chiffres après la virgule (avec r>0) et si q-r est son dernier chiffre (il est non nul),
alors (10rq)x est un entier décadique dont le dernier chiffre est celui de c=q-rx0 ;
pour que 10 divise c, puisque 10 est 1er avec x0, il faudrait que 10 divise q-r, ce qui est
impossible : donc 10 ne divise pas c et donc c ne se termine pas par 0.
Finalement (10rq)x est un entier décadique
dont le dernier chiffre est non nul, donc qx est un nombre décadique avec r chiffres
après la virgule : donc qx ne peut être égal à d (entier décadique).
Montrons qu'il existe effectivement un et un seul entier décadique tel que d=qx.
d=qxÛpour tout entier naturel n, [d]n=[qx]n, soit
[d]nº[qx]n (10n+1), cf D1.1,
Û pour tout entier naturel n, [d]nº[q]n[x]n (10n+1), cf D1.3 ; cette congruence sera notée Rn.
On va montrer par récurrence qu'il existe un seul entier décadique q (qn étant son chiffre de rang n), vérifiant pour tout entier naturel n,
la relation Rn.
R0 est vérifiée ssi d0ºq0x0 (10), ce qui donne
une et une seule possibilité pour q0, cf la propriété (P).
Supposons qu'il existe q0, q1, ..., qn uniques tels que R0, R1,..., Rn
soient vérifées :
Rn+1 sera vérifée Û
10n+1dn+1+[d]nº
(10n+1qn+1+[q]n)(10n+1xn+1+[x]n) (10n+2)
Û
10n+1dn+1+[d]nº
10n+1(qn+1[x]n+xn+1[q]n)+[q]n[x]n) (10n+2)
Mais par hypothèse de récurrence, Rn est vraie donc 10n+1 divise [d]n-[q]n[x]n et
Rn+1 sera vérifiée Û
qn+1[x]nº([d]n-[q]n[x]n)/10n+1+dn+1-xn+1[q]n=([d]n+1-[x]n+1[q]n)/10n+1 (10)
et comme
[x]nºx0 (10), finalement
Rn+1 sera vérifiée Ûqn+1x0º([d]n+1-[x]n+1[q]n)/10n+1 (10)
Cf la propriété (P) il existe un seul qn+1 dans {0;1;...;9} vérifiant
cette relation, donc vérifiant Rn+1.
On vient donc de prouver par récurrence que pour tout entier naturel n, il existe un et un seul entier qn dans
{0;1;...;9} tel que Rn soit vérifiée, q étant l'entier décadique dont le chiffre de rang n est qn.
Ce qui prouve l'existence d'un seul entier décadique q tel que d=qx.
Et donc l'équation d=qx a une seule solution q dans NB(10) : elle est en fait dans EN(10).
On en déduit la preuve du 1) de P4.1 :
evidemment en prenant d=1, on en déduit tout de suite qu'il existe un seul nombre décadique q (qui est en fait
un entier décadique) tel que 1=qx : x est donc inversible, d'inverse 1/x=q qui est entier décadique.
On finit la preuve du 2) de P4.1 :
on peut alors expliciter la seule solution de l'équation d=qx : c'est q=d×(1/x), qui est bien entière
décadique, puisque produit de deux entiers décadiques.
Venons en maintenant à la preuve du 3) de P4.1: la division.
Les di et Di étant ceux définis dans l'énoncé de P4.1 (en rajoutant D0=d),
on peut effectivement écrire Dn-qnx sous la forme 10 fois un entier décadique (Dn+1)
car Dn et qnx ont même dernier chiffre (par choix de qn, puisque qnx0 et qnx ont même dernier chiffre) et cf P2.4, Dn-qnx se termine par 0.
On a les résultats suivants :
et
Cf plus haut on a qn+1x0º[Dn+1]0 (10).
On peut écrire [Dn+1]0=[10n+1Dn+1]n+1/10n+1=[d-[q]nx]n+1/10n+1 (c'est bien un entier naturel : le dernier chiffre de Dn+1!)
Mais [d-[q]nx]n+1º[d]n+1-[[q]n]n+1[x]n+1=[d]n+1-[q]n[x]n+1 (10n+2) ;
or le membre de gauche de cette égalité est divisible par 10n+1, donc le membre de droite aussi, d'où
[d-[q]nx]n+1/10n+1º([d]n+1-[q]n[x]n+1)/10n+1 (10), soit
qn+1x0º([d]n+1-[q]n[x]n+1)/10n+1 (10) :
c'est bien ce qu'il fallait prouver.
Exercice 2 :
Il s'agit de montrer que si un entier décadique x se termine par 0 et que son dernier chiffre non nul est 1 ou 3 ou 7 ou 9, alors il est inversible.
On a alors x=x'10n, avec n entier naturel³1 et x' entier décadique se terminant par 1 ou 3 ou 7 ou 9 : donc x est un produit d'inversibles (pour x' voir P4.1, pour 10n voir P3.6) donc inversible.
Précisons : 1/x=(1/x')10-n, et comme 1/x' est entier décadique (voir P4.1) ne se terminant pas par 0
(sinon x'×(1/x') ne se terminerait pas par 1), 1/x n'est pas entier décadique. Par exemple 1/70=.....(285714),3.
Exercice 3
Soit x un entier décadique se terminant par 2 ou 4 ou 5 ou 6 ou 8.
S'il existe deux entiers naturels n et m tels que y=x/(2n5m) soit un entier décadique se terminant par 1 ou 3 ou 7 ou 9, alors x est le produit de trois nombres inversibles y, 2n, 5m, et donc x est inversible.
Réciproque : on suppose x inversible ; donc cet inverse n'est pas (voir P4.2) dans EN(10),
cad 1/x posséde des chiffres après la virgule : 1/x=......,y-1...y-r,
avec r³1.
Puisque x et 10r(1/x) sont des entiers décadiques dont le produit est 10r, donc qui se termine par 0,
c'est que le produit de leurs derniers chiffres x0 et y-r se termine par 0 (puisque
[x(10r(1/x))]0º[x]0[10r(1/x)]0 (10)).
Remarque : cette preuve donne une méthode pour trouver m et n si x est inversible.
| 5-Diviseurs de 0. |
|
On a vu lors de l'exercice 5 du chapitre 2 la définition de diviseur de 0 : xÎNB(10) est diviseur de 0 signifie que x est non nul
et qu'il existe yÎNB(10) non nul avec xy=0 ; donc y est aussi diviseur de 0 et on peut dire que x et y sont deux diviseurs de 0 associés.
En particulier, x entier décadique non nul est diviseur de 0
Û il existe un nombre décadique y non nul tel que xy=0 ;
mais pour tout nombre décadique y, il existe un entier naturel r tel
que y'=10ry soit entier décadique et si xy=0, on a encore xy'=0. On a donc :
Lors de cet exercice on a aussi vu que tout diviseur de 0 n'est pas inversible.
En fait, on verra au chapitre 8 (P8.9) que la réciproque est vraie, cad :
ce résultat est vrai pour tout anneau (pas forcément commutatif) unitaire fini ; par exemple dans l'anneau Z/24Z des entiers modulo 24 : 18 n'est pas inversible (car 18 n'est pas 1er avec 24) et 18 est bien un diviseur de 0 puisque 18×4º0 (24). Voici un autre exemple, que NB(10), d'anneau non fini où ce résultat est vrai : l'anneau des matrices carrées n×n à éléments dans un corps commutatif. En effet si M est une matrice carrée n×n non nulle et non inversible, alors M non inversible entraîne qu'il existe une matrice colonne (n×1) X telle que MX=0 et donc, si N est la matrice carrée n×n dont les n colonnes sont toutes égales à X, on a MN=0 avec N non nulle, et M est bien un diviseur de 0. Remarque 2 :
Remarque 3 :
P5.1->Notons aussi que si x est un diviseur de 0, alors pour tout z
inversible , zx est aussi diviseur de 0.
Remarque :
P5.2->
Û ("nÎN, 2n+1 divise [x]n et 5n+1 divise [y]n) ou ("nÎN, 5n+1 divise [x]n et 2n+1 divise [y]n) Remarque 1 :
Remarque 2 :
s'il se termine par 5, alors pour tout n dans N, 5n+1 divise [x]n 2) Soit x un entier décadique et n un entier naturel quelconque : 2n+1 divise [x]n Û 2n+1 divise x
Remarque 3 : lorsque je dis qu'un entier relatif divise un autre entier relatif, il s'agit bien sûr de la division habituelle dans Z (donc quotient dans Z) ; par contre lorsque je dis qu'un entier relatif n divise un entier décadique d, cela sous-entend toujours la division dans EN(10), c'est-à-dire qu'à priori le quotient est entier décadique (qui sera entier relatif ssi dÎZ et si n divise d ... dans Z). 3) x étant un entier décadique non nul
Remarque 4 :
Exercice 1 : prouver P5.2 P5.3->Soit x un nombre décadique :
Exercice 2 : prouver P5.3 Je vais donner ici deux méthodes permettant de trouver des entiers décadiques diviseurs de 0. 1ière méthode : à l'aide des puissances de 2 et de 5, proposée sous forme d'exercice : Exercice 3 : Pour tout entier naturel n non nul (l'existence de In provient du fait que 5 et 2n sont 1er entre eux). Et on pose An=5nIn×In-1×...×I1. on note Jn= l'inverse de 2 modulo 5n, cad 2Jnº1 (5n) avec Jn dans
{0;1;...;5n-1},
1) Montrer que pour tout n³1, An+1 et An ont les mêmes n derniers chiffres, et de même Bn+1 et Bn ont les mêmes n derniers chiffres. Déterminer An et Bn pour n=1,2,3,4. 2) Justifier l'existence de deux entiers décadiques x et y, tels que pour tout entier naturel n, on ait Donner les 5 derniers chiffres de x et y. 3) Montrer que pour tout nÎN, 5n+1 divise [x]n et 2n+1 divise [y]n+1. Conclure. 2ième méthode : de proche en proche , proposée sous forme d'exercice : Exercice 4 :
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Solution des exercices du chapitre 5
Exercice 1 : preuve de P5.2
preuve du 1)
Supposons, par exemple que 2n+1 divise [x]n et 5n+1 divise [y]n pour tout nÎN.
2n+1 et 5n+1 étant 1er entre eux, 10n+1 divise [x]n[y]n, donc
Mais cf D1.3, [xy]nº[x]n[y]n (10n+1),
donc [xy]nº0 (10n+1) et [xy]n=0 (puisque c'est un entier dans
On suppose maintenant que xy=0 avec x et y non nuls.
Donc pour tout nÎn on a [xy]n=0, soit puisque [xy]nº[x]n[y]n (10n+1),
[x]n[y]nº0 (10n+1), cad 10n+1 divise [x]n[y]n.
En particulier x0y0 se terminent par 0.
Si x et y ne se terminent pas par 0, alors l'un (par exemple x) se termine par 5 et l'autre
(par exemple y) par un chiffre pair non nul ; donc pour tout nÎN, [x]n sera impair (il se termine par 5) et [y]n sera pair
Comme 10n+1 divise [x]n[y]n, c'est que 2n+1 divise [x]n[y]n ; mais 2n+1 est 1er avec [x]n et donc
2n+1 divise [y]n ; de façon analogue 5n+1 divise [x]n.
Si x ou y a son dernier chiffre nul, alors x=10ux' et y=10vy', avec u et v entiers naturels (l'un est non nul), x' et y' entiers décadiques
ne se terminant pas par zéro ; comme x'y'=0, c'est que
pour tout nÎN on a (par exemple) 2n+1 divise [y']n et 5n+1 divise [x']n.
si u=0, x=x' et pour tout nÎN on a 5n+1 divise [x]n
si u³1 alors
Explication du fait que le ou est exclusif :
si on a simultanément (pour tout nÎN, 2n+1 divise [x]n et 5n+1 divise [y]n) et
(pour tout nÎN, 5n+1 divise [x]n et
preuve du 2)
Si 2n+1 divise [x]n, c'est que [x]n=qn2n+1,
avec qn dans N. Mais x=Qn10n+1+[x]n, avec Qn entier décadique, et donc
x=Q'n2n+1, avec Q'n=Qn5n+1+qn, entier
décadique ce qui prouve que 2n+1 divise x.
Si 2n+1 divise x, c'est que x=Q'n2n+1, avec Q'n entier décadique.
Donc [x]n=[Q'n2n+1]nº
[Q'n]n[2n+1]n (10n+1), d'après D1.3 ;
mais 2n+1
£10n+1-1=9×10n+...+9×10+9 et donc
2n+1 s'écrit, en écriture décimale, avec au plus n+1 chiffres,
d'où [2n+1]n=2n+1. Comme 2n+1 divise 10n+1,
2n+1 divise [x]n.
Même démonstration pour 5n+1.
attention : par exemple, 3n+1 est inversible dans EN(10), cf il se termine
par 1 ou 3 ou 7 ou 9 : son inverse est u=(1/3)n+1 avec
1/3=.....(6)7 inverse de 3 (voir P4.1). Donc il existe un entier décadique u tel que
1=3n+1u.
Donc 3n+1 divise 1 .... dans EN(10), mais pour autant 3n+1
ne divise pas [1]n=1 dans Z.
En fait si on refait le raisonnement précédent, [1]n=1º [3n+1]n[u]n=3n+1[u]n (10n+1),
mais 3n+1 ne divisant pas 10n+1 (dans Z), on ne peut conclure à 3n+1 divise 1 (dans Z), ... heureusement!
preuve du 3)
Le sens gauche-droite est évident cf le 1) et le 2), puisque si x est diviseur de 0, c'est qu'il est associé à un autre diviseur de 0.
Supposons maintenant que x, entier décadique, soit tel que
pour tout n dans N, 2n+1 divise x : alors cf le 2), 2n+1
divise [x]n.
Considèrons maiantenant un diviseur de 0, y, se terminant par 5 (il en existe, voir par exemple l'exercice 2 ci-après) ;
cf le 1), pour tout n dans N, 5n+1 divise [y]n, et alors, toujours cf le 1) xy=0 et x est bien diviseur de 0 (rappel : x a été supposé non nul).
Démonstration analogue dans le cas où 5n+1 divise x pour tout n dans N.
Exercice 2
Rappelons que x=0 Û x2=0, cf exercice 6 du chapitre 2.
1) Si x est diviseur de 0, alors x¹0 et il existe z¹0 tel que xz=0 ; donc
x2z=0 et comme x2¹0, c'est que x2 est diviseur de 0.
Réciproquement, si x2 est diviseur de 0, alors x2, et donc x, est ¹0 et
il existe z ¹0 tel que x2z=x(xz)=0 ; donc soit xz=0 et x est diviseur de 0 (associé à z),
soit xz ¹0 et x est diviseur de 0 (associé à xz).
2) On applique le 1) puisque x=x02.
Exercice 3
1) Il s'agit de montrer que 10n divise An+1-An.
De façon évidente 5n divise An et 5n+1, donc 5n
divise An+1 et ainsi 5n divise An+1-An.
An+1-An=An(5In+1-1) ; or 5In+1-1 est divisible par
2n+1, donc 2n+1, en particuler par 2n, divise aussi An+1-An.
2n et 5n étant premiers entre eux leur produit divise An+1-An,
soit 10n divise An+1-An, et donc An+1 et An ont les mêmes
n derniers chiffres
Par un raisonnement analogue on montre que 10n divise Bn+1-Bn et Bn+1 et Bn ont les mêmes
n derniers chiffres.
I1=1, I2=1, I3=5, I4=I5=I6=13
A1=5, A2=25, A3=625, A4=40625, A5=2640625
J1=3, J2=13, J3=63, J4=313 J5=1563
B1=6, B1=156, B3=19656, B4=12304656 B5=38464354656
2) Posons un=[An+1]n, cad un est constitué des n+1 derniers chiffres de An+1 ;
comme An+2 et An+1 ont mêmes n+1 derniers chiffres, les n+1 derniers chiffres
de un+1 sont ceux de un.
On peut alors appliquer P1.2 : il existe effectivement un (seul) entier décadique
x tel que [x]n=un, ce qu'il fallait montrer.
Idem pour y.
[x]4=[A5]4=[2640625]4=40625 : ce sont les 5 derniers chiffres de x.
[y]4=[B5]4=[38464354656]4=54656 : ce sont les 5 derniers chiffres de y.
3)
Comme [An+1]n est l'entier constitué des n+1 derniers chiffres
de An+1, on a An+1º[An+1]n (10n+1) ; de même
Or de façon évidente 5n+1 divise An+1,
et comme An+1º[An+1]n=[x]n (10n+1), c'est que 5n+1
divise [x]n ;
Par application de P5.1 on en déduit que xy=0.
En fait 2n+1×5n+1=10n+1 divise [x]n[y]n, ce qui veut dire que les n+1 chiffres de [x]n[y]n de rang £n sont nuls ; ceci reprouve que xy=0 puisque, cf D1.3, les chiffres de xy de rang £n sont les chiffres de [x]n[y]n de rang £n.
Vérification : [x]3[y]3=0625×4656=625×4656=2910000, et donc les 4 chiffres de [x]3[y]3 de rang£3 sont bien nuls,
et aussi [x]4[y]4=40625×54656=2220400000, et donc les 5 chiffres de [x]4[y]4 de rang£4 sont bien nuls.
Exercice 4
1) On cherche x et y deux entiers décadiques, dont les chiffres de rang n respectifs sont notés xn
et yn, avec x0=2, y0=5 et tels que les chiffres de [x]n[y]n de rang£n soient nuls.
Notons, pour n³0, Pn la propriété : les chiffres de [x]n[y]n de rang£n sont nuls.
Puisque x0=2 et y0=5, [x]0[y]0=x0y0=10 et P0 est vraie.
Pour n ³0, supposons trouvés les chiffres de x et y de rang£n tels que P0,...,Pn soient vraies, et
cherchons xn+1 et yn+1 pour que Pn+1 soit aussi vraie.
[x]n+1[y]n+1=(10n+1xn+1+[x]n)(10n+1yn+1+[y]n)=102n+2xn+1yn+1+10n+1(xn+1[y]n+yn+1[x]n)+[x]n[y]n.
Soit cn+1 le chiffre de rang n+1 de [x]n[y]n : puisque les chiffres de [x]n[y]n de rang£n sont nuls, alors
les chiffres [x]n+1[y]n+1 de rang£n+1 seront nuls Ûxn+1[y]n+yn+1[x]n+cn+1 se termine par 0
Û xn+1[y]n+yn+1[x]n+cn+1 º0 (10)
Û 5xn+1+2yn+1º -cn+1(10),
puisque [x]nºx0=2 (10) et [y]nºy0=5 (10)
Or il existe u et v tels que 5u+2v=1 (cf Bezout, puisque 2 et 5 sont 1er entre eux) : on peut prendre u=1,v=-2 et donc
D'où il suffit de prendre
yn+1º2cn+1 (10) avec yn+1 dans {0;1;...;9}
(mais ce n'est pas la seule possibilité)
Donc pour tout n ³0, on peut trouver les chiffres de x et y de rang£n tels que P0,...,Pn soient vraies : c'est bien ce qu'il fallait montrer.
2) Puisque pour tout n ³0 les chiffres de [x]n[y]n de rang£n sont nuls, c'est que les chiffres de xy de rang £n sont nuls, donc tous les chiffres de xy sont nuls : xy=0.
3) Pour déterminer un exemple, on va appliquer tel que le raisonnement précédent
(rappel : cn+1 est le chiffre de rang n+1 de [x]n[y]n).
x0=2, y0=5, [x]0[y]0=10, donc c1=1
il faut 5x1+2y1º-1 (10) : x1=1, y1=2, [x]1[y]1=12×25=300, c2=3
(nota : on aurait pu prendre x1=9 et =2)
il faut 5x2+2y2º-3 (10) : x2=1, y2=1, [x]2[y]2=112×125=1400, c3=4
il faut 5x3+2y3º-4 (10) : x3=2, y3=3, [x]3[y]3=2112×3125=6600000, c4=0
il faut 5x4+2y4º0 (10) : x4=0, y4=0, [x]4[y]4=02112×03125=6600000, c5=6
il faut 5x5+2y5º-6 (10) : x5=0, y5=2, [x]5[y]5=002112×203125=429000000, c6=9
il faut 5x6+2y6º-9 (10) : x6=1, y6=8, [x]6[y]6=1002112×8203125=8220450000000, c7=5
etc
On a donc trouvé un autre exemple de deux diviseurs de 0 associés :
......x3x2x12
......y3y2y15
____________
..........u0
..........v
____________
..........w0
u est le dernier chiffre de 5x1+1, v le dernier chiffre de 2y1 et u+v
se termine par w qui doit faire 0 : il faut donc que u+vº0 (10) et comme
uº5x1+1 (10) et vº2y1 (10) on doit avoir
5x1+2y1+1º0 (10) : c'est exactement la 1ière équation de l'exemple
précédent ; faisons le même choix : x1=1 et y1=2.
On a alors
......x3x212
......y3y225
____________
.........u60
.........24
.........v
____________
.........w00
Cette fois u est le dernier chiffre de 5x2, v le dernier chiffre de 2y2 et u+2+v+1 (1=la retenue de 6+4) doit se terminer par w=0, donc
u+v+3º0 (10) soit 5x2+2y2+3º0 (10) : on retrouve la 2ième équation
de l'exemple précédent.
Etc
| 6-Sur l'équation x2=x, x étant un nombre décadique. |
|
L'équation x2=x, x étant un nombre décadique (ou brenom ), a exactement quatre solutions qui sont en fait des entiers décadiques (ou brenoms entiers) :
a et b sont non nuls et vérifient a+b=1 et ab=0 a se termine par 890625, et b par 109376 Note : un nombre égal à son carré est dit idempotent. Une preuve de ce résultat est proposée ci-dessous sous forme d'exercice. On verra cependant à P8.10 une autre façon, de justifier l'existence des quatre solutions de cette équation ; cette autre justification est plus rapide, ne nécessite pas d'expliciter a et b, mais elle nécessite la connaissance de résultats plus théoriques. On verra aussi à l'exercice 6 de ce chapitre 8 deux autres façons d'obtenir les derniers chiffres de a et b : une comparaison des trois méthodes sera faite. On verra aussi dans ce chapitre 8 que tout polynôme de degré n à coefficients
dans NB(10), c'est le cas du polynôme X2-X avec n=2, a au plus n2 racines dans NB(10).
Enfin, on verra au chapitre 9 (exercice 14) une petite généralisation de x2=x, c'est-à-dire la résolution, dans NB(10), de
l'équation Exercice
2) Pour tout nÎN, montrer que [x2]n=[x]nÛ[x2]nº[x]n (10n+1) Û([x]n)2º[x]n (10n+1) si une de ces trois égalités est effectivement vraie et on notera, pour tout nÎN*, wn le chiffre de rang n de ([x]n-1)2. Remarque : la dernière égalité signifie que l'entier naturel [x]n (qui a n+1 chiffres, les premiers pouvant être nuls) est tel que son carré a pour n+1 derniers chiffres ses n+1 chiffres : c'est le cas par exemple de 25 dont le carré, 625, se termine par les deux chiffres de 25 ou le cas de 9376 dont le carré est 87909376 qui se termine par les quatre chiffres de 9376. 3) Montrer que x2=x Û pour tout nÎN, x vérifie Pn. 4) Montrer que pour tout nÎN*, x vérifie PnÛx vérifie Pn-1 et xn(1-2x0)ºwn(10). 5) Montrer que x2=xÛ x0=0 ou 1 ou 5 ou 6 et pour tout nÎN*, xnºwn(1-2x0) (10) ; attention le changement de membre de 1-2x0 par rapport à la question précédente n'est pas une erreur. 6) Montrer que l'équation x2=x a exactement quatre solutions dans NB(10), qui sont entières décadiques : 0 ; 1 ; a ; b avec a se terminant par 890625 et b se terminant par 109376. En déduire que ab=0, puis a+b=1. 7) Montrer que pour tout n³1 [a]n est constitué des n+1 derniers chiffres de ([a]n-1)2 et que pour tout n³0 8) Montrer que pour tout n³0, [a]n+[b]n=10n+1+1, [a]n[b]n se termine par n+1 zéros et retrouver (cf Q6) que a+b=1 et ab=0. 9) Montrer que a et b ne sont pas périodiques. 10) Calculer (a-b)n en fonction de nÎN*. 11) Montrer que pour tout nÎN, 5n+1 divise a et 2n+1 divise b. 12) Trouver quatre nombres décadiques égaux à leur inverse, c'est-à-dire trouver quatre solutions, dans NB(10), de l'équation x2=1. Une petite digression...pour donner au lecteur le courage de se lancer dans l'exercice! |
Solution de l'exercice du chapitre 6
2) La 1ère équivalence résulte du fait que [x2]n et [x]n sont dans {0;1;2;...;10n+1-1}, et la 2ième de D1.3.
3) Evident, puisque x2=x équivaut à [x2]n=[x]n, pour tout nÎN , cf D1.1.
4) [x]n=10nxn+[x]n-1 et donc
([x]n)2=102nxn2+([x]n-1)2+2xn[x]n-110n
et donc x vérifie PnÛ([x]n-1)2+2xn[x]n-110n
º10nxn+[x]n-1 (10n+1)
Û([x]n-1)2-[x]n-1+10nxn(2[x]n-1-1)º0 (10n+1).
Donc, si x vérifie Pn, nécessairement 10n divise
([x]n-1)2-[x]n-1, donc nécessairement x vérifie
Pn-1 et alors on a aussi
Réciproquement, si on a ces deux conditions, par multiplication par 10n de la 2ième, on voit que x vérifie Pn.
Donc x vérifie PnÛx vérifie Pn-1 et
(([x]n-1)2-[x]n-1)/10n+xn(2[x]n-1-1)º 0 (10).
Mais lorsque Pn-1 est vraie on a ([x]n-1)2=K×10n+[x]n-1, avec K entier naturel, dont le chiffre des unité est le chiffre de
rang n de ([x]n-1)2, soit wn ; donc K ºwn (10) ; ainsi
x vérifie PnÛx vérifie Pn-1 et wn+xn(2[x]n-1-1)º 0 (10) ; enfin, comme [x]n-1ºx0 (10), on obtient
x vérifie PnÛx vérifie Pn-1 et xn(1-2x0)º wn (10)
5) x vérifie P0Û([x]0)2º[x]0 (10)Û(x0)2ºx0 (10), cad
x02 se termine par x0 :
il est alors immédiat de vérifier que les seules possibilités pour x0 sont 0 ou 1 ou 5 ou 6.
x0 étant une de ces quatre valeurs on constate que 1-2x0º1 ou -1 (10), et donc l'inverse
1-2x0 modulo 10 est 1-2x0 et ainsi
xn(1-2x0)ºwn (10)
Û
xnºwn(1-2x0) (10).
Si x2=x on a évidemment P0 vraie, donc x0=0 ou 1 ou 5 ou 6 et
pour tout nÎN* on a xnºwn(1-2x0) (10), cela cf les questions 3 et 4 et ci-dessus.
Réciproquement si on a x0=0 ou 1 ou 5 ou 6 et
pour tout nÎN* on a xnºwn(1-2x0)Ûxn(1-2x0)ºwn (10) :
P0 est alors vérifiée ; mais x1(1-2x0)ºw1 (10) : donc P1 vérifié d'après la question 4)
mais x2(1-2x0)ºw2 (10), donc P2 vérifiée d'après la question 4)
mais ... etc : Pn est vérifiée pour tout n³0 , donc x2=x.
6) Cf la question 5) et compte-tenu que si x0 est fixé alors tous les xn suivants sont déterminés
de façon unique par
une qui se termine par 0, une qui se termine par 1, une qui se termine par 5, une qui se termine par 6.
Précisons ces quatre solutions (rappel wn est le chiffre de rang n de ([x]n-1)2).
si x0=0
7) On a, pour tout nÎN*, an=wn (voir question précédente : cas x0=5) ; donc le chiffre de rang n de a, qui est an, est le chiffre de rang n de ([a]n-1)2.
Mais a vérifie Pn-1, soit ([a]n-1)2º[a]n-1 (10n) ; par ailleurs
[a]nº[a]n-1 (10n) et donc
([a]n-1)2 et [a]n ont respectivement les mêmes n derniers chiffres, cad ceux de rang£n-1, et finalement
les n+1 chiffres de [a]n sont les n+1 derniers chiffres de
Montrons, par récurrence, que pour tout nÎN, [a]n est constitué des n+1 derniers chiffres de 5e avec e=2n.
C'est vrai pour n=0 car e=1, 5e=5 et puisque [a]0=5, [a]0 est bien constitué du dernier chiffre de 5e.
Supposons que la propriété soit vraie pour nÎN :
donc 5e=[a]n+K10n+1, avec K dans Z ; on élève au carré et
en notant e'=2n+1, 5e'=([a]n)2+K2102n+2+2K10n+1[a]n.
Mais on vient de voir que ([a]n)2=[a]n+1+K'10n+2, avec K' dans Z,
et en outre comme a0=5, 2[a]n se termine par zéro.
On peut alors écrire que 5e'=[a]n+1+K"10n+2, avec K" dans Z : donc [a]n+1 a pour n+2 chiffres les n+2 derniers chiffres de 5e', donc la propriété est vraie pour n+1.
8) Posons zn=10n+1+1-[a]n pour nÎN :
puisque [a]nÎ{0;1;...;10n+1-1} et se termine par 5, zn est un entier naturel avec n+1 chiffres (avec des 0 éventuellement au début) et se terminant par 6 ; par ailleurs
zn+1-zn=10n+2-10n+1-([a]n+1-[a]n) et comme
Ainsi zn+1 a pour n+1 derniers chiffres ceux de zn et donc (voir P1.2) il existe un (seul) entier décadique z tel que [z]n=zn, pour tout nÎN.
Mais zn2=102n+2+1+([a]n)2+2×10n+1-2×10n+1[a]n-2[a]n
º1+([a]n)2-2[a]n (10n+1) ;
et comme a vérifie Pn, on a zn2º1+[a]n-2[a]nºzn (10n+1), soit
([z]n)2º[z]n (10n+1), pour tout nÎN.
Donc l'entier décadique z vérifie Pn
pour tout nÎN et ainsi z est solution de x2=x ; comme il se termine par 6, c'est que z=b.
Donc [b]n=[z]n=zn=10n+1+1-[a]n, ce qu'il fallait montrer.
De [a]n+[b]n=10n+1+1 on déduit que [a]n+[b]nº1 (10n+1), soit
[a]n[b]n+([b]n)2º[b]n (10n+1), ce qui donne,
puisque b vérifie Pn,
[a]n[b]nº0 (10n+1) et donc
[a]n[b]n se termine par n+1 zéros.
Par exemple [a]3[b]3=0625×9376=625×9376=5860000.
Toujours de [a]n+[b]n=10n+1+1 on retrouve tout de suite (voir exercice 2 du chapitre 1) que a+b=1.
Remarque : par contre a+b=1 ne permet pas de remonter à [a]n+[b]n=10n+1+1 (voir exercice 2 du chapitre 1).
Enfin, retrouvons que ab=0 :
1ière façon : cf D1.3 et ci-dessus, on a, pour tout n³0, [ab]nº[a]n[b]nº0 (10n+1), et donc [ab]n=0, cad tous les chiffres de ab de rang
£n sont nuls, donc tous les chiffres de ab sont nuls et ab=0.
2ième façon : puisque a+b=1 est acquis, ab=a(1-a)=a-a2=0.
9) Supposons, par exemple que a soit périodique ; cf P3.7, a=p/q avec p dans Z*, q dans Z*. Donc p2/q2=p/q, soit p2q=pq2, égalité valable dans N( puisque la × de NB(10) prolonge celle de D) et comme dans N il n'y a pas de diviseurs de 0, on a p=q soit a=1, ce qui est faux.
10) Puisque ab=0, la formule du binôme donne tout de suite (a-b)n=an+(-1)nbn=a+(-1)nb, d'où
11)1ère méthode : on applique P5.2.
2ième méthode : a se termine par 5, donc 2a se termine par 0 et 2a=10a', avec a' entier décadique, soit a=5a' ;
ce qui donne (puisque pour tout n dans N*, an=a), pour tout n dans N*, a=5na'n, ce qui prouve que 5n divise a.
Et pour b : b se termine par 6, 5b se termine par 0, 5b=10b', avec b' entier décadique, b=2b', ce qui donne, pour tout n dans N*, b=2n(b')n.
12) Comme solutions de x2=1, il y a évidemment -1 et 1 ; mais aussi
On verra au chapitre 9 que cette équation n'a pas d'autres solutions,
c'est-à-dire, dans NB(10), 1 a exactement quatre racines carrées.
| 7-Définition d'une distance dans l'ensemble des nombres décadiques |
|
D7.1->On définit une application de NB(10) dans R (en fait dans D+), appelée valeur absolue et notée | |10 de la façon suivante :
sinon, c'est que le développement décadique de x a des chiffres après la virgule, et -z(x) est alors le nombre de ces chiffres après la virgule, cad -z(x) est le r défini au D1.1. |600|10=|1300600|10=|.....(6)100|10=10-2 : tous les entiers décadiques se terminant exactement par deux zéros ont même valeur absolue 10-2. |1300600,03|10=102 : tous les nombres décadiques ayant deux chiffres après la virgule ont même valeur absolue : 102. |101000+1|10=|1|10=1 |-600|10=|.....(9)400|10=10-2 On constate donc des choses surprenantes, comme par exemple le fait que des nombres entiers très différents, ...au sens habituel, peuvent avoir ici la même valeur absolue!
P7.1-> Propriétés de cette valeur absolue : |x|10=0Ûx=0 pour tout x dans EN(10) : |x|10=1Ûx ne se termine pas par 0 pour tout x dans NB(10), avec chiffres après la virgule : |x|10=10Ûx a exactement un chiffre après la virgule pour tout k dans Z : pour tout x et y dans NB(10) : pour tout x dans NB(10): pour tout x et tout y dans NB(10) : A cause de la première inégalité précédente, cette valeur absolue est dite ultra-métrique si |x|10¹|y|10, alors |x+y|10=max(|x|10,|y|10) ;
cette égalité peut cependant avoir lieu même si Attention : cette valeur absolue, contrairement à la valeur absolue habituelle dans R, n'est pas multiplicative (cad on n'a pas, en général, Exercice 1 : prouver P7.1 D7.2->Distance et limite dans NB(10) En posant d10(x,y)=|x-y|10=|y-x|10, pour tout x et y dans NB(10), on obtient une distance dans NB(10) ; c'est évident, vu les propriétés de la valeur absolue. La suite (un)ÎN de nombres décadiques (attention, dans ce chapitre un désignera le terme générique d'une suite, et non le chiffre de rang n d'un nombre décadique) converge, au sens de cette distance, vers le nombre décadique l s'écrit Pour des raisons de commodité, et puisque les limites seront toujours considérées pour n tendant vers plus l'infini, j'écrirai uniquement lim10 pour une limite au sens de la distance d10 ou lim pour une limite au sens de la distance usuelle dans R. P7.2->Quelques propriétés sur les limites au sens d10. x étant un nombre décadique Soit x un nombre décadique : et si x est un entier décadique se terminant par 0, alors la somme de cette série est lim10 (1+x+x2+...+xn)=1/(1-x) pour tout n³0, les (n+1)z(x) derniers chiffres de 1/(1-x) sont les (n+1)z(x) derniers chiffres de A titre d'exemple, montrons le ici pour x=10 : Sn=1+10+...+10n=l'entier naturel dont tous les n+1 chiffres sont égaux à 1 : donc si Sn a pour limite un entier décadique (au sens d10), on peut penser que cette limite est "naturellement" l'entier décadique dont tous les chiffres sont 1, soit S=.....(1). Vérifions : d10(S,Sn)=|Sn-S|10=|S-Sn|10=10-(n+1), puisque S-Sn se termine par n+1 zéros ; et donc En fait, lorsque x est une puissance de 10, plutôt que d'utiliser ce résultat sur la série géométrique pour trouver l'inverse de 1-x, il vaut mieux utiliser P3.1. x étant un nombre décadique quelconque, et [x]n ayant la signification du D1.1 : xn étant le chiffre de rang n de x, -r£0 étant le rang de son dernier chiffre. Exercice 2 : prouver P7.2 Exercice 3 : trouver les 10 derniers chiffres de -1/19 et de 1/19 (sans ... poser la division) et trouver une période de leurs développements décimaux (tout cela dans EN(10), bien sûr). Exercice 4 : on peut rattraper quelqu'un qui va 10 fois plus vite que soi...
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Solution des exercices du chapitre 7
Exercice 1 : preuve de P7.1
Les premiers résultats sont évidents.
Prouvons |-x|10=|x|10.
cela résulte du fait que si x est un entier décadique, x et -x ont le même nombre
de zéros à la fin, et si x est un nombre décadique avec des chiffres après la virgule, -x a le même
nombre de chiffres après la virgule que x (voir P2.2 si le lecteur veut formaliser).
Prouvons |x+y|10£max(|x|10,|y|10), avec égalité SI |x|10¹|y|10
1er cas : x et y entiers décadiques
Bien entendu, l'inégalité max(|x|10,|y|10)£|x|10+|y|10 est évidente.
Prouvons maintenant |xy|10£|x|10|y|10
Cela revient à montrer que z(xy)³z(x)+z(y) ; on notera qu'il n'y a pas
forcément égalité : si x=12,24, y=0,5 alors xy=6,12 et z(xy)=-2 alors que z(x)+z(y)=-2-1=-3 ou x=20, y=50 qui donnent z(xy)=3 alors que
Dans le cas de deux entiers décadiques cette inégalité est évidente, puisque le nombre de zéros à la fin de xy est ³ à la somme du nombre de zéros à
la fin de x et du nombre de zéros à la fin de y ; c'est aussi évident pour deux nombres décadiques avec chiffres après la virgule, puisque le rang de de la dernière décimale de xy
est ³ à
la somme des rangs des dernières décimales de x et y.
Reste le cas où x est un entier décadique et y un nombre décadique avec au moins un chiffre après
la virgule (-z(y)³1) ; on notera que dans ce cas, z(x)+z(y)=z(x)-(-z(y)) est le nombre de zéros
situés à la fin de x moins le nombre de chiffres après la virgule de y.
On a alors deux cas :
soit z(x)+z(y)³0
Exercice 2 : preuve de P7.2
les deux premiers résultats sont évidents (pour le 2ième, d10(un,0)=10-k avec k=un).
Les un étant des entiers décadiques, montrons que si lim10un=l alors nécessairement l est un entier décadique
Sinon, l et donc l-un a au moins un chiffre après la virgule et |l-un|10³10 :
donc d10(l,un) ne peut tendre vers 0 (au sens usuel), cad un ne peut tendre vers l (au sens de d10).
Montrons que lim10 un=lÛ pour tout entier K³ 1, il existe un entier naturel n0 tel que pour tout n>n0,
les K derniers chiffres de un sont les K derniers chiffres de l
Cf ci-dessus l est un entier décadique, donc un-l aussi, et l'hypothèse se traduisant par lim10un-l=0, c'est que z(un-l)= nombre de zéros à la fin de un-l tend vers l'infini
(voir le 2ième résultat de cette propriété).
Donc lim10 un=lÛ
pour tout nombre K>0, il existe un entier naturel n0 tel que pour tout n>n0
on a z(un-l)>K.
Donc en prenant K entier quelconque, c'est que pour tout n>n0, les K derniers chiffres (au moins) de un et l sont les mêmes.
Réciproquement, si pour tout entier K³ 1, il existe un entier naturel n0 tel que pour tout n>n0,
les K derniers chiffres de un sont les K derniers chiffres de l, c'est que pour tout nombre K>0, il existe un entier naturel n0 (on prend celui correspondant à
Montrons que lim10 xn=0Ûx est un entier décadique se terminant par 0.
Tout d'abord notons que si y est un entier décadique ne se terminant pas par 0, il en est
de même de toutes ses puissances :
Prouvons que lim10 [x]n=x
C'est tout simplement parce que pour n³0, x-[x]n est un entier décadique se terminant par au moins n+1 zéros, donc le nombre de zéros
à la fin de x-[x]n tend vers l'infini et lim10 x-[x]n=0, soit lim10 [x]n=x.
Et le fait que x-[x]n soit un entier décadique
(lorsque n³0) qui se termine par au moins n+1 zéros,
permet d'écrire
Cette inégalité reste vraie pour 0>n³-r, car alors x-[x]n aura au plus -(n+1) chiffres après la virgule ; par exemple si x=...1723,15674 alors [x]-3=0,00674 et x-[x]-3=...1723,15 a deux chiffres après la virgule (mais ca aurait pu être un seul, si 5 avait été 0) et donc sa norme est 102£10-(n+1), puisque n=-3 ; mais ce cas, en terme de valeur approchée n'est pas très intéressant car on majore la distance d10(x,[x]n) par des grands (au sens usuel) nombres!.
Exercice 3
Cf P7.3, les 10 derniers chiffres de -1/19=1/(1-x) avec x=20 (donc z(x)=1) sont les dix derniers chiffres de 1+20+...+209=5389473668421, et donc
-1/19 se termine par 8947368421 et 1/19 par 1052631579
Evidemment, -1/19 et 1/19 étant des rationnels décadiques, leurs développements
sont périodiques, mais il faut "aller plus loin" pour trouver leurs périodes.
On pourrait songer à utiliser P3.6, mais il faut commencer par chercher le développement de 1/19 dans R (voir ci-dessous ).
En fait on peut obtenir directement ce développement dans EN(10), cela en utilisant une idée qui permet de montrer
que tout rationnel p-adique est périodique, idée qui aurait pu être utilisée pour prouver P3.7.
Voici cette idée : 19 et 10 étant premiers entre eux, 10j(x)º1 (19), j étant la fonction d'Euler.
Donc 1018º1 (19) soit 1018-1=19q avec q dans N
(q=52631578947368421).
Cf note ci-dessous, on peut alors écrire
-1/19=q/(1-1018)=qlim10 (1+1018+...+(1018)n)=lim10 (q+q1018+...+q(1018)n)).
Or q s'écrit
avec 17 chiffres, et comme 17<18 et que par ailleurs pour tout entier K³1, -1/19 a pour K derniers chiffres
les K derniers chiffres de (q+q1018+...+q(1018)n)),
c'est que
On notera que cette période, sur 18 chiffres, s'écrit "c(u)""u" avec u=947368421, les " " étant là pour indiquer qu'on juxtapose les entiers u et c(u).
c(-1/19) a donc pour période "u""c(u)", et comme 1/19=c(-1/19)+1, on obtient
1/19=.....("c(u)""u")D avec
Et si on appliquait P3.6?
Par divisions euclidiennes "bien choisies" ou avec une calculatrice "puissante"
ou en se reportant à la page 240 du livre Les inattendus mathémathiques de JP Delahaye,
on trouve que dans R, 1/19=(s)..... avec s="c(u)""u" qui est sur 18 chiffres,
ce qui conduit par application de P3.6 au développement suivant dans EN(10) de 1/19 :
1/19=.....(s')D' avec s'=c(s)="u""c(u)" et D'=c(s)+1 ; on remarque qu' ici la période, s', de 1/19 n'est
pas la même que ci-dessus et en plus elle commence à partir
de la 19 ième décimale, et non à partir de la 10ième.
Cela s'explique : D'="u""c(u)"+1="u""c(u)+1"="u""D", et donc on peut écrire 1/19=.....("c(u)""u")D : on retrouve le résultat ci-dessus.
Note : si lim10 un=l, alors pour toute constante q on a : lim10 qun=ql.
En effet |qun -ql|10£|q|10|un-l|10 et comme
lim |un -l|10=0, on a lim |qun -ql|10=0.
Exercice 4
1) Au bout d'une infinité de bonds
2) Soit x l'abscisse commune avant le bond de 1cm de la puce : x<0.
3) Je n'ai jamais été très performant en dissertations (toujours hors-sujet!)..., cependant voici deux "autres coïncidences" curieuses :
1ère coïncidence
Dans le corps des 2-adiques on a 1+2+22+23+...=1/(1-2)=-1
Bien entendu, dans R muni de la distance habituelle, la série un=2n est divergente (série géométrique dont la valeur absolue de la raison n'est pas inférieure à 1), mais autorisons nous à
poser S=1+2+22+23+...=1+2+4+8+16+....
"Donc" -2S=-2-4-8-16 et par ajout membres à membres on obtient S-2S=1, soit S=-1!
En faisant des "tripatouillages" injustifiés sur une somme S qui n'existe pas dans R, on arrive à une valeur ... qui est la bonne dans les 2-adiques!
2ième coïncidence
Considérons cette fois la série un=n, qui elle aussi est divergente dans R, son terme général ne tendant pas vers zéro.
Là aussi posons tout de même S=1+2+3+4+5+6+7+8+........ et "tripatouillons"...
| S= | 1 | + | 2 | + | 3 | + | 4 | + | 5 | + | 6 | + | 7 | + | 8 | +... |
| 2S= | 2 | + | 4 | + | 6 | + | 8 | + | 10 | + | 12 | + | 14 | +... | ||
| S= | 1 | + | 2 | + | 3 | + | 4 | + | 5 | + | 6 | +... | ||||
| -4S= | -4 | - | 8 | - | 12 | - | 16 | +... | ||||||||
| -8S= | - | 8 | - | 16 | - | 24 | +... | |||||||||
| -4S= | - | 4 | - | 8 | - | 12 | +... |
Et par ajout membre à membre on obtient S+2S+S-4S-8S-4S=1+0+0+0+0+0+0+0+0+..., soit S=-1/12.
En fait, un autre "tripatouillage" tout à différent va redonner S=-1/12 :
pour |x|<1, on a rigoureusement, dans R, 1-2x+3x2-4x3+...=1/(1+x)2 (pour cela dériver la relation
On fait alors, ce qui est interdit, x=1 dans cette identité, et on "obtient" 1-2+3-4+....=1/4 ; bien entendu cette égalité n'a aucun sens dans R, mais l'idée correspond au pincipe de sommation des séries divergentes d'Abel
( on devrait plutôt dire : au procédé d'Abel pour associer à une série divergente un nombre appelé somme* ).
Revenons à S :
S=1+2+3+4+...=1-2+3-4+5-6+....+2(2+4+6+8+....)=1/4+4S, ce qui donne encore S=-1/12!! C'est tout de même étonnant.
Encore plus étonnant : cette "association" entre 1+2+3+4+.... et -1/12 se retrouve "presque rigoureusement" à l'aide de la fameuse fonction zéta de Riemann : x.
Cette fonction est définie pour Re(s)>1
par x(s)=1+1/2s+1/3s+.... ( note : cette série converge si et seulement
si Re(s)>1)
et elle se prolonge analytiquement sur C-{1}, cela de façon unique.
On démontre, rigoureusement, que la valeur de ce prolongement en -1 est -1/12, cad x(-1)=-1/12!!!
Si on remplace alors, dans l'égalité définissant x,
s par -1, mais ce n'est pas rigoureux puisque on n'a pas Re(-1)>1, on obtient
De là à écrire, -1/12=1+2+3+4+.... sans en expliquer le moindre contexte ne me paraît pas sérieux.
D'ailleurs, sous prétexte que f(x)=sinx/x se prolonge par continuité en 0, en posant f(0)=1, personne n'écrit sérieusement
| 8-Lien entre entiers, nombres décadiques et entiers, nombres 2-adiques et 5-adiques |
| 9-Racines carrées d'un entier décadique. |
| 10-Calcul approché des racines carrées d'un entier relatif. |
| 11-Résolution des équations xn=x, xn=-x, xn=1. |